Nouveau message | Retour à la liste des messages
moins de 2 heures moins de 2 heures moins de 24 heures moins de 24 heures  
-> Messages récents
Afficher la discussion

Le sédévacantisme se mord la queue ! par Azerty (2005-05-14 12:22:15) Imprimer

S’il y a quelque chose de touchant, chez les sédévacantistes, c’est certainement leur volonté de soumission absolue au magistère. Un magistère, que, de ce fait, ils considèrent comme presque toujours infaillible, même lorsqu’il déclare explicitement ne pas l’être (comme à Vatican II).
Pour sauvegarder cette obéissance absolue malgré la crise actuelle, leur raisonnement est très simple :
— On trouve (dans Vatican II, par exemple), des déclarations qui devaient être infaillibles, et qui sont fausses
— DONC leur auteur n’est pas pape.
(C’est, si je ne me trompe, un des arguments de l’abbé Zins.)
Solution d’une simplicité absolue, qui semble éliminer tout problème de conscience : je ne désobéis pas au pape, puisqu’il n’a a plus de pape.
En revanche, les « lefebvristes », eux, seraient ans la contradiction et la désobéissance, puisqu’ils reconnaissent l’autorité du pape, tout en refusant certains de ses enseignements. Ils osent, les malheureux, s’ériger en juges du magistère, au lieu de s’y soumettre ac cadaver.
Le problème est que les sédévacantistes tombent précisément dans le mal qu’ils prétendent éviter.
Reprenons en effet leur raisonnement :
— 1. Telle ou telle déclaration qui devait être infaillible, est fausse
— 2. DONC son auteur n’est pas pape.
En réalité, un catholique n’a moralement PAS LE DROIT d’énoncer la deuxième proposition.
J’irai même plus loin : les sédévacantistes n’ont même pas le droit d’achever la première.
Ils partent en effet d’un enseignement qu’ils considèrent doté des conditions de l’infaillibilité (en réalité, ils ont une conception trop large et trop univoque de l’infaillibilité, mais c’est un autre problème).
Logiquement, et moralement, ILS DOIVENT EN RESTER LÀ.
Ils n’ont pas le droit d’aller plus loin.
Un enseignement infaillible exige obéissance, et on n’a pas le droit de commencer à vouloir le juger.
En allant plus loin, les sédévacantistes commettent précisément la désobéissance qu’ils reprochent aux “lefebvristes” (et que ceux-ci, en revanche, ne commettent pas, puisqu’ils voient bien que les enseignements qu’ils contestent ne sont PAS infaillibles).

OBJECTION.
Arrivé ici, j’entends d’avance l’objection de nos amis sédévacs :
— Sophisme ! clament-ils en chœur. Il n’y a pas de désobéissance puisque en réalité, il n’y a pas de pape. Il manque une des conditions de l’infaillibilité : l’autorité légitime. Donc l’enseignement n’est pas réellement infaillible. Donc nous ne commettons ni désobéissance ni infidélité en le jugeant.

— Mais c’est justement là que réside toute votre illusion, et que le serpent sédévacantiste se mord la queue. Car enfin, comment savez-vous qu’il manque une condition de l’infaillibilité ? Vous le DÉDUISEZ du jugement que vous portez sur un enseignement qui, sans cela, devrait être infaillible.
Si on le décompose, votre raisonnement est le suivant :
a) Telle affirmation semble au premier abord réunir toutes les conditions de l’infaillibilité
b) Or c’est une erreur
c) Donc il doit nécessairement manquer une des conditions de l’infaillibilité
d) Puisque toutes les autres conditions de l’infaillibilité sont [selon vous] réunies, la seule qui puisse manquer est l’autorité légitime.
e) Donc, il n’ y a plus de pape.

Mais qu’est ce que cela, sinon s’ériger en juge du magistère ?
S’il est permis de raisonner comme vous faites ici, il est évident que L’INFAILLIBILITÉ NE SERT PLUS A RIEN !
S’il y a quelque chose de touchant, chez les sédévacantistes, c’est certainement leur volonté de soumission absolue au magistère. Un magistère, que, de ce fait, ils considèrent comme presque toujours infaillible, même lorsqu’il déclare explicitement ne pas l’être (comme à Vatican II).
Pour sauvegarder cette obéissance absolue malgré la crise actuelle, leur raisonnement est très simple :
— On trouve (dans Vatican II, par exemple), des déclarations qui devaient être infaillibles, et qui sont fausses
— DONC leur auteur n’est pas pape.
(C’est, si je ne me trompe, un des arguments de l’abbé Zins.)
Solution d’une simplicité absolue, qui semble éliminer tout problème de conscience : je ne désobéis pas au pape, puisqu’il n’a a plus de pape.
En revanche, les « lefebvristes », eux, seraient ans la contradiction et la désobéissance, puisqu’ils reconnaissent l’autorité du pape, tout en refusant certains de ses enseignements. Ils osent, les malheureux, s’ériger en juges du magistère, au lieu de s’y soumettre ac cadaver.
Le problème est que les sédévacantistes tombent précisément dans le mal qu’ils prétendent éviter.
Reprenons en effet leur raisonnement :
— 1. Telle ou telle déclaration qui devait être infaillible, est fausse
— 2. DONC son auteur n’est pas pape.
En réalité, un catholique n’a moralement PAS LE DROIT d’énoncer la deuxième proposition.
J’irai même plus loin : les sédévacantistes n’ont même pas le droit d’achever la première.
Ils partent en effet d’un enseignement qu’ils considèrent doté des conditions de l’infaillibilité (en réalité, ils ont une conception trop large et trop univoque de l’infaillibilité, mais c’est un autre problème).
Logiquement, et moralement, ILS DOIVENT EN RESTER LÀ.
Ils n’ont pas le droit d’aller plus loin.
Un enseignement infaillible exige obéissance, et on n’a pas le droit de commencer à vouloir le juger.
En allant plus loin, les sédévacantistes commettent précisément la désobéissance qu’ils reprochent aux “lefebvristes” (et que ceux-ci, en revanche, ne commettent pas, puisqu’ils voient bien que les enseignements qu’ils contestent ne sont PAS infaillibles).

OBJECTION.
Arrivé ici, j’entends d’avance l’objection de nos amis sédévacs :
— Sophisme ! clament-ils en chœur. Il n’y a pas de désobéissance puisque en réalité, il n’y a pas de pape. Il manque une des conditions de l’infaillibilité : l’autorité légitime. Donc l’enseignement n’est pas réellement infaillible. Donc nous ne commettons ni désobéissance ni infidélité en le jugeant.

— Mais c’est justement là que réside toute votre illusion, et que le serpent sédévacantiste se mord la queue. Car enfin, comment savez-vous qu’il manque une condition de l’infaillibilité ? Vous le DÉDUISEZ du jugement que vous portez sur un enseignement qui, sans cela, devrait être infaillible.
Si on le décompose, votre raisonnement est le suivant :
a) Telle affirmation semble au premier abord réunir toutes les conditions de l’infaillibilité
b) Or c’est une erreur
c) Donc il doit nécessairement manquer une des conditions de l’infaillibilité
d) Puisque toutes les autres conditions de l’infaillibilité sont [selon vous] réunies, la seule qui puisse manquer est l’autorité légitime.
e) Donc, il n’ y a plus de pape.

Mais qu’est ce que cela, sinon s’ériger en juge du magistère ?
S’il est permis de raisonner comme vous faites ici, il est évident que L’INFAILLIBILITÉ NE SERT PLUS A RIEN !
que votre intention sincère soit de défendre l’autorité de l’Église, et son infaillibilité, je l’admets volontiers. Mais DE FAIT, vous la ruinez entièrement !
Que répondrez-vous a quelqu’un qui niera le dogme de l’immaculée conception, au motif que Pie IX avait secrètement cessé d’être pape à ce moment là ?
Vous me direz que ce dogme est contenu dans la Tradition. J’en suis bien d’accord, mais à quoi servent les définitions dogmatiques si chacun doit, après coup, vérifier qu’elles sont conformes à la Tradition pour être sûr que leur auteur n’avait pas cessé d’être pape en les prononçant ?
Si celui que tous les catholiques considéraient jusqu’ici comme le pape peut tout à coup perdre de façon occulte le pontificat et ainsi définir une hérésie comme un dogme, je le répète : à quoi sert l’infaillibilité ? Et quelle autorité reste-t-il au pape ? Quiconque n’est pas d’accord avec la décision portée pourra TOUJOURS aller prétendre que le pape n’en était plus un.
Vraiment, le sédévacantisme se mord la queue.
Pire, il ruine jusque dans son fondement cette infaillibilité de l’Église qu’il met pourtant tant de zèle à défendre.

————————
[NB : je m’inspire ici d’une étude que j’ai vraiment trouvé très éclairante sur toute cette question : celle de l’abbé Calderon, intitulée « Un dilemme : peut-on critiquer Vatican II sans s’ériger en juge du magistère », parue dans la revue des dominicains d’Avrillé (Le Sel de la Terre nº 47). Elle est longue, et je sais que tous les prêtres de la FSSPX ne l’approuvent pas entièrement, mais à mon sens, elle mérite vraiement d’être lue par tous ceux qui s’intéressent à la question. Elle n’est d’ailleurs pas dépourvue d’un certain humour. En revanche, une suite était annoncée, qui n’est toujours pas parue…)
Ce message a été lisu 270 fois

La discussion

images/icones/neutre.gif Le sédévacantisme se mord la queue ! par Azerty (2005-05-14 12:22:15)
     images/icones/fleche2.gif Intéressant et question par Réginald (2005-05-14 12:36:57)
     images/icones/carnet.gif De l'autorité revendiquée par et pour Vatican II par N.M. (2005-05-14 13:35:54)
     images/icones/1a.gif Où ? Quand Comment ? par Abbé Hervé Belmont (2005-05-14 14:29:07)
         images/icones/1e.gif Mais si, mais si.… par Azerty (2005-05-14 17:41:44)
             images/icones/fleche3.gif Une évidence par N.M. (2005-05-14 17:59:30)
             images/icones/neutre.gif Citation par Semur (2005-05-14 18:07:17)
             images/icones/fleche3.gif Où et quand par N.M. (2005-05-14 19:03:27)