Cher Monsieur l'abbé,
Vous avez eu raison de préciser ma phrase qui était ambiguë. Je voulais évidemment parler des saints à la vie héroîque, reconnus du grand nombre comme à l'époque de saint Vincent de Paul ou de saint François d'Assise. Or, de ces saints, il n'y en a plus aujourd'hui et pour cause. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait plus de personnes de nos jours susceptibles de se sauver même si l'on peut craindre que leur nombre ne soit très réduit.
Quant à l'ignorance invincible, cela existe bien sûr mais je crains que là aussi la plupart des baptisés ne puissent s'appuyer sur cette notion pour excuser leur paresse, leur aveuglement volontaire, leur lâcheté ou leur incapacité à trancher et à se conformer à la vérité. Comment croire qu'un homme qui baise le Coran et participe activement au culte vaudou puissse être le vicaire du Christ? Que la quasi-totalité des baptisés et même des traditionalistes puissent considérer qu'un tel homme puisse quand même être la règle vivante et prochaine de la foi en dit long sur les hommes de notre temps et m'inclinerait volontiers à la misanthropie la plus radicale si je ne cultivais pas la vertu d'espérance.
Je crois que vous êtes désormais dans la région bordelaise. Je ferai très volontiers votre connaissance. Je voulais vous parler un jour chez l'abbé Jean Siegel mais vous étiez parti avant que je pusse vous approcher. J'espère avoir bientôt la joie de vous voir. Si vous voulez mes coordonnées, vous pouvez passer par XA qui vous les transmettra.
Cordialement vôtre.
Petrus. |