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Confusion entre sujet et exercice... par Abbé Jean-Eric de Guillebon de Resnes (2005-05-28 19:31:58) Imprimer

Après nous être attardé quelque peu sur la forme, voyons maintenant le fond. Certains des points abordés constituent, j'en suis conscient, de quelque façon une reformulation de certaines interventions qui ont eu lieu à la fin du débat. J'espère toutefois qu'elles ne seront pas inutiles en présentant ces mêmes sujets sous une lumière différente ou avec plus de clarté que dans le vif du débat...

- Comme Petrus l'a très bien montré en introduction, le problème du sédévacantisme n'est que la conclusion située dans le domaine de la Foi d'un acte de Foi impossible en une vérité erronée, proposée par ce qui aurait dû être le magistère infaillible de l'Eglise.
Le concile Vatican II contient en effet des propositions hérétiques comme celle de la liberté religieuse (qui est définie comme due à la personne humaine alors qu'elle était condamnée par Grégoire XVI et Pie IX comme une très pernicieuse erreur) ou des propositions concernant un salut possible au moyen des communautés séparées (cf. à ce propos Haec est fides catholica...), propositions que la Foi elle-même empêche les croyants de croire en raison de la contradiction qu'elles présentent avec l'objet de cette même Foi déjà proposé par le magistère de l'Eglise, mais dans un sens totalement opposé... L'acte de Foi est en effet un acte (surnaturel il est vrai, mais « le surnaturel n'enlève pas la nature mais la perfectionne », donc un acte) de l'intelligence dont un des principes premiers est le principe de non-contradiction : « une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps et sous le même rapport », autrement dit, « une vérité universelle est immuable car elle ne dépend ni du temps ni du lieu, ni d'aucune autre circonstance ».
Or le concile Vatican II étant un acte du magistère ordinaire et universel de l'Eglise (c'est-à-dire donné par le Pape et les Evêques ensemble), magistère qui (qu'il revête la forme ordinaire ou la forme solennelle) est infaillible selon les définitions du premier Concile du Vatican.
Ainsi s'il y a contradiction dans la Foi entre le magistère millénaire de l'Eglise et un enseignement proposé par ce qui aurait dû être le magistère infaillible de l'Eglise, c'est que ce dernier n'est pas, ne peut pas être, le magistère infaillible... et donc ne peut pas être proposé par le Pape (qui est le seul garant de l'infaillibilité de l'Eglise : tous les Evêques sans le Pape ne jouissent pas de ce privilège).
En un mot que celui qui semble être le Pape ne l'est pas...

- On peut voir par là que quand Monsieur l'Abbé de Tanoüarn (dont je salue encore un fois la dextérité dans ce débat) dit que la thèse du sédévacantisme ne peut pas être soutenue car on ne peut pas prouver l'hérésie chez le Pape, nous expliquant comment il faut faire pour le prouver... il ne répond pas à la au problème qui fait l'objet du débat : comment Vatican II peut-il enseigner « infailliblement » l'erreur, et quelles sont les conclusions à en tirer ? Il s'éloigne donc du sujet pour essayer de prouver que sa position est la bonne...
Il ne s'agit en effet pas de savoir si la personne du "Pape" est hérétique ou non (problème qui peut présenter de l'intérêt et être sujet de discussion, je conviens) mais de savoir si cette personne du "Pape" a énoncé une hérésie dans son magistère, c'est-à-dire alors que ce qu'elle disait aurait dû être infaillible, et par là n'aurait pu errer...
Car le problème se situe bien dans la contradiction de Vatican II avec le magistère précédent et non dans l'hérésie personnelle ou non du "Pape" : le magistère ne peut en effet jamais proposer l'hérésie, sinon il ne serait pas infaillible... il n'est donc aucun besoin pour sa part de chercher une pertinacité qui ne peut exister car elle est contre sa nature même...
C'est là et non ailleurs que ce situe le point énoncé par L'Abbé de Tanoüarn (1) de la différence entre Pierre et la charge de Pierre : pour que Pierre soit hérétique, il faut bien prouver sa pertinacité, mais il est impossible par la nature même des choses que Pierre dans sa charge de Pape puisse enseigner l'erreur...

(à suivre)

Semper laudetur Sanctissimum Sacramentum

Abbé Jean-Eric de Guillebond de Resnes

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(1) Quand il dit que « Cajetan distingue bien deux choses : il distingue la foi de Pierre et donc Pierre comme personne qualifiée qui effectivement fonde l’Eglise »
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