Par deux fois, M. l’Abbé de Tanoüarn a avancé comme indice de l’impossibilité qu’existe une « église conciliaire » qui prendrait la place et les apparences de l’Église catholique le fait que ladite église conciliaire n’a pu naître par génération spontanée, et qu’on ne trouve aucune trace d’un acte de naissance quelconque.
Cet argument aurait quelque portée notable si :
– l’on était dans le domaine des êtres substantiels, alors que nous sommes dans celui des sociétés. Certes, la « consistance » de l’Église catholique dépasse infiniment celle des sociétés ordinaires, mais si l’église conciliaire existe, ce n’est pas son cas ;
– l’on oublie qu’il n’y a jamais symétrie entre le bien et le mal, le vrai et le faux. C’est ainsi que le péché, en tant que tel, n’est en rien causé par Dieu, parce qu’étant l’absence d’une perfection due (et non un être « positif ») il n’a pas besoin de cause efficiente première. C’est encore ainsi qu’est vrai l’adage « bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu ; le bien provient d’une cause intègre, un défaut suffit pour qu’il y le mal ».
Qu’on n’imagine donc pas que l’église conciliaire serait une sorte de corps mystique antagoniste de l’Église catholique, le corps mystique du diable. Qu’on imagine pas davantage qu’elle est une société pleinement constituée, ayant un être propre, un statut juridique.
Non. Elle est l’ensemble des doctrines, de la liturgie et de la législation issues de Vatican II, et du personnel qui y adhère. Son contour est flou quant aux personnes, car elle n’est pas juridiquement constituée et elle est privée de principe d’unité propre.
L’église conciliaire est un chancre, un parasite, adhérant non pas à l’Église catholique (qui est l’épouse sainte sans tache ni ride) mais aux personnes déviantes dans la foi occupant des postes (hiérarchiques ou non) qui devraient être ceux de l’Église catholique.
L’église conciliaire n’a pas besoin de « génération spontanée » pour naître ; une cause déficiente née d’une rupture lui suffit, elle a suffisamment d’être pour empoisonner ceux qui s’abreuvent dans les déficiences et déviations qui la caractérisent.
Abbé Hervé Belmont
PS J’ai bien conscience que le petit texte ci-dessus est empli d’images et d’approximations, qui demanderaient une élaboration que je n’ai pas le temps (ou pas les compétences) de faire. Mais il s’agit simplement de contester ce qui est aussi une image approximative.
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