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[réponse] par Abbé Hervé Belmont (2005-05-30 06:23:14) Imprimer

Visiblement, cher MG, vous avez écrit sous le coup d’une déception de taille ; je vous remercie d’avoir pensé à moi à cette occasion, mais je suis fondé à croire que si je me rendais à votre invitation, vous seriez de la même façon rapidement déçu. C’est l’amère expérience de tous ceux qui m’approchent de près. Et comme lorsqu’on change de position ou de conviction, beaucoup de choses se modifient, mais pas le caractère ni les défauts...

Pour aller plus au fond, vous vous doutez bien que cette « remise en cause » à laquelle vous me conviez, je l’ai souvent faite.
Il n’est jamais possible de remettre en cause une vérité de foi : ce serait gravement pécher contre cette vertu.
Le « sédévacantisme » n’est pas une vérité de foi : c’est une conclusion directement fondée sur des vérités de foi, participant de la lumière de la foi qui baigne les principes sur lesquelles il repose.

Mais comme cette conclusion n’est pas explicitement enseignée par le Magistère (et pour cause !), il est possible, il est nécessaire même de vérifier l’inférence, la compatibilité et la cohérence : la conclusion sort-elle bien des principes ? repose-t-elle sur des faits avérés qu’on ne peut interpréter autrement (ou dont la convergence ne peut-être interprétée autrement) ? est-elle cohérente avec tous et chacun des articles la doctrine catholique ? N’entraîne-t-elle pas des conséquences incompatibles avec la foi ?
Cette remise en cause, cette vérification, on est amené à la faire de temps à autre : en présence d’un fait nouveau, d’un argument nouveau, de la défection de telle personne estimée qui change radicalement d’avis.

Pour ma part, la volte face du P. de Blignières puis celle de l’Abbé Lucien, furent de ces occasions : je crois avoir examiné loyalement les arguments qu’ils présentaient (mais qui peut être totalement assuré de sa propre loyauté ?) et n’y ait pas trouvé de possibilité ni de nécessité de changer de position. Cet examen m’a même convaincu que la raison déterminante de leur défection n’était pas dans les arguments qu’ils présentaient (et je me suis abstenu de pousser plus avant).

Mais, vous savez, j’ai eu d’autres occasions de reconsidérer le problème : le sacre du R.P. Guérard des Lauriers, ceux de Mgr Lefebvre, les conclusions folles que certains tirent de la vacance de l’autorité... tout cela donne à penser.

Et pourtant la nécessité de foi demeure : les actes des pontifes de Vatican II sont incompatibles avec l’assistance divine ; avec l’infaillibilité magistérielle, sacramentelle et législative du Pape ; avec le bien de l’Église.

D’autre part la doctrine et la pratique de la fraternité Saint-Pie-X sont incompatibles avec l’enseignement de l’Église sur sa propre autorité, et avec l’unité hiérarchique : si donc vous me convainquiez que j’ai tort et que je doive reconnaître l’autorité pontificale de Benoît XVI, ce n’est certainement pas la fraternité Saint-Pie-X que je rejoindrais. Elle ne voudrait d’ailleurs pas de moi (elle a déjà goûté du bonhomme, et l’a vu partir sans trop de regret !)

Pour finir, je vous remercie de participer à ce forum « sulfureux », et d’exercer ainsi cette charité qu’est la correction fraternelle, consistant à vouloir détacher son prochain d’une voie qu’on estime d’erreur et de perdition.

Abbé Hervé Belmont
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La discussion

images/icones/livre.gif à Monsieur l'abbé Belmont par MG (2005-05-29 12:20:39)
     images/icones/bravo.gif [réponse] par Abbé Hervé Belmont (2005-05-30 06:23:14)
         images/icones/1a.gif Une fois de plus j'apprécie ... par Ion (2005-05-30 08:48:13)