Le fait que le Pape est le Pape est un fait dogmatique, c'est-à-dire un fait qui, bien que contingent, tombe sous la lumière de la foi. En effet, il est nécessaire à la conservation du dépôt révélé, il est constitutif de la règle prochaine de la foi : le Magistère, dont le Pape est le principe (principe souverain par rapport à nous, principe vicaire par rapport à Jésus-Christ).
Dans ce débat, il est donc nécessaire que les arguments et contre-arguments se tiennent sous cette même lumière de la foi.
Nous devons donc principalement argumenter sur des nécessités de foi ou des impossibilités de foi, référées à l’enseignement du magistère qui éclaire et lie l’intelligence.
Les autres arguments, même s’ils sont vrais, ne seront pas recevables parce qu’ils n’auront pas de portée réelle, à moins qu’ils ne fassent partie d’un ensemble (d’une base d’induction) qui lui aura une consistance dans la lumière de la foi.
Il faut donc, à mon humble avis, éviter de fonder une argumentation sur des révélations privées (celle de la Salette, de plus, pose un problème particulier, à cause de l’interdiction de son « secret » dont on voudrait tirer argument), sur des opinions plus ou moins isolées de théologiens, sur des interprétations non-patristiques de la sainte Écriture, sur des rapprochements scripturaires indus (du genre : Judas se pendit [Matth. XXVII, 5]– va et fais de même, dit Jésus [Luc. X, 37]) ou sur des sens accommodatices un peu éloignés (du genre : l’esprit est prompt, LHR est faible).
En matière aussi fondamentale, seule la foi discerne, seule la foi argumente, seule la foi conclut, seule la foi oblige.
Abbé Hervé Belmont
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