Cher Réginald,
Je trouve curieux - pour le moins - de me voir en quelque sorte accusé d'a priori (il vous "semble bien" etc.).
Il ne me semble pas - pour ma part - vous avoir jamais répondu par des a priori au sujet de la liberté religieuse de Vatican II.
Et si cela peut vous rassurer, je suis de ceux - parmi tant d'autres, "sédévacantistes" ou non - qui essaient précisément de s'y reprendre plus que seulement à deux fois sur ce sujet et sur tant d'autres.
En revanche, et soit dit au passage, il me semble quant à moi que votre refus de la simple hypothèse "sédévacantiste" sur le mode de ce que j'appelerais la "minute de la peur" ("conclusion terrifiante" etc.) est bel et bien de l'ordre de l'a priori.
Sur ce sujet, vous avez répondu aux thèses de M. l'Abbé Zins, mais en quoi avez-vous essayé de répondre à M. l'Abbé Belmont et à John Daly ? Permettez cette réponse du berger à la bergère...
Pour revenir à la question de la liberté religieuse, voilà ce que je vous écrivais dernièrement sur le Forum catholique.
A vous suivre, le droit à la liberté en matière religieuse de Vatican II devient un droit lié "per accidens" à la condition historique de notre société actuelle.
Il n'en est rien.
Concile Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse "Dignitatis humanae",7 décembre 1965 :
"Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte, de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres. Il déclare en outre que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne telle que l'ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu'il constitue un droit civil." (n°2,§ 1)
"Ce n'est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu'est fondé le droit à la liberté religieuse. C'est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d'y adhérer ; son exercice ne peut pas être entravé, dès lors que demeure sauf un ordre public juste." (n°2 § 2)
Vatican II affirme le droit à la liberté civile de tous et chacun en matière religieuse au for externe et public. Vatican II affirme que ce droit est fondé sur la nature humaine : un droit naturel
Vatican II affirme que la doctrine du droit à la liberté religieuse au for externe et public est connexe à la Révélation : elle "a son fondement dans la dignité même de la personne telle que l'ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même."
Vous dissertez sur l'opportunité ou non d'un régime de non-coaction par les temps présents. Fort bien... mais telle n'est pas la logique de Vatican II.
Si le droit "à ne pas être empêché" en matière religieuse au for externe et public est bien un droit naturel fondé sur la Révélation, alors ce que vous appelez le "régime d'ouverture potentielle" n'est pas un moment de l'histoire - après un autre moment - mais bien le SEUL REGIME POSSIBLE ABSOLUMENT, et ce aujourd'hui comme hier.
Cordialement, malgré les supposés a priori des uns et/ou des autres
N.M.
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