Nouveau message | Retour à la liste des messages
moins de 2 heures moins de 2 heures moins de 24 heures moins de 24 heures  
-> Messages récents
Afficher la discussion

L'hérésie cryptogamique. par Abbé Hervé Belmont (2005-05-31 05:35:31) Imprimer

Voici ce qu’écrit Jean Madiran (Itinéraires n°65, pp. 20-21).

« Un théologien a parlé de l’ « hérésie cryptogamique » [1]. Elle consiste notamment en ceci : une prédication, dit-il en substance, qui serait littéralement exacte, mais qui ne parlerait jamais (par exemple) des Anges, ni de l’Enfer, qui omettrait méthodiquement les vérités de foi les concernant, et laisserait le peuple chrétien dans l’ignorance à leur sujet, serait une très réelle hérésie : une hérésie qui pourtant ne se manifesterait par aucune proposition explicite et condamnable, mais seulement par une omission permanente ayant de très lourdes conséquences.

« L’analogue, ou l’équivalent, se rencontre tous les jours en matière de doctrine sociale. La mise entre parenthèses du « principe de subsidiarité » [2] pendant plus d’un quart de siècle est très probablement l’une des causes principales de la déviation d’ensemble, dans certains milieux, dans certaines organisations ou dans certains pays, de l’enseignement social.

Cette omission n’est d’ailleurs pas isolée, mais articulée avec d’autres, l’omission de la doctrine du Christ-Roi, l’omission de la doctrine catholique de l’État, l’omission partielle ou totale de la doctrine catholique de l’école. On ne peut s’en apercevoir qu’à la longue, et parfois bien tard, quand le mal est installé, profond, habituel. Car une omission peut être accidentelle, pédagogique, méthodologique ; apparente et non pas réelle ; tout le monde ne peut pas tout dire en même temps, pas même le Pape, qui déclare : « On n’est pas obligé et il est impossible de rappeler à tous et en toutes occasions tout ce qui a déjà été dit [3]. » Compte tenu aussi largement qu’on le voudra des nécessités du langage discursif, qui ne peut dire les choses que les unes après les autres et non pas simultanément, il n’en reste pas moins que des omissions constantes, prolongées pendant dix, vingt, trente années, constituent une très lourde et très nocive « trahison » de la doctrine, pour reprendre le mot du P. de Soras : une « trahison » au moins aussi grave, et probablement même plus grave encore, que les deux trahisons auxquelles il limite son schéma. Car ces deux trahisons-là, nous sommes tout de même défendus contre elles par le bon sens et par l’esprit defoi ; tandis qu’il est bien impossible au peuple chrétien d’aller inventer de lui-même ce « qu’on met un soin rigoureux à ne lui dire jamais.

(1) Karl Rahner, « Dangers dans le catholicisme d’aujourd’hui », traduction française chez Desclée de Brouwer, 1959. Sur cet ouvrage, voir l’étude du P. Calmel dans Itinéraires, n° 44, pp. 71 et suiv.
(2) Sur ce « principe de subsidiarité », énoncé dans « Quadragesimo anno » en 1931, et remis en lumière par « Mater et Magistra », voir le numéro spécial d’Itinéraires, numéro 64 de juin 1962.
(3) Voir « La Cité catholique aujourd’hui », pp. 53-54.
Ce message a été lisu 243 fois

La discussion

images/icones/fleche3.gif L'hérésie cryptogamique. par Abbé Hervé Belmont (2005-05-31 05:35:31)
     images/icones/coeurbrise.gif Et maintenant ma question par Abbé Hervé Belmont (2005-05-31 05:56:40)