A la demande de Louis-Hubert Rémy, je publie ici un message supplémentaire qui lui parait devoir être publié dans la foulée de sa précédente intervention.
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LA THESE EST MORTE.
L'ABBE RICOSSA DENONCE L'INVALIDITE DES RITUELS MONTINIENS DES
SACRES, MAIS...
Une correspondance avec l'abbé Ricossa sur le problème des sacres montiniens
Suivie de la réponse des CSI
Lettre à la rédaction (les consécrations épiscopales selon le nouveau rite).
Révérend,
Un ami m'a envoyé votre revue Sodalitium n. 54 [ édition française ]. J'ai apprécié votre doctrine sur
l'élection du pape. Vous avez raison lorsque vous soutenez que le Pape n'est plus Pape - formaliter -
depuis Paul VI. Que pensez-vous des évêques consacrés à partir de ce moment-là ? (...)
docteur X, Paris.
Cher lecteur,
La position de notre Institut sur l'épiscopat après le Concile Vatican II est toujours la même depuis vingt
ans, ou bien depuis sa fondation.
Quant au pouvoir de juridiction, les évêques nommés par les occupants du Siège Apostolique (Paul VI,
Jean-Paul Ier et Jean-Paul II) n'ont pas l'autorité, exactement comme n'ont pas l'autorité les susdits
occupants. Cependant ils ont été canoniquement nommés aux divers sièges épiscopaux. Ils
pourraient donc, s'ils témoignaient publiquement de la foi catholique et abjuraient les erreurs enseignées
par Vatican II, recevoir en acte l'autorité, devenir formellement des Évêques de l'Église Catholique
et agir en Son nom.
Quant au pouvoir de l'ordre, la question concerne la licéité et la validité du nouveau rite de consécration
épiscopale, promulgué le 18 juin 1968 et entré en vigueur le 6 avril 1969 ("entretemps, écrit Mons.
Bugnini, le rite fut concédé "pour expérimentation" pour des cas particuliers"). Il ne manque pas d'études
sérieuses et fondées sur la question, et notre revue, en son temps (n. 48, décembre 1998, pp. 62-64),
signala les études, entièrement officielles, du Père Van Gunten o.p. sur l'invalidité des ordinations
anglicanes (Fontes archivi Sancti Officii Romani, La validité des ordinations anglicanes, Olschki,
Florence, 1997, avec préface du card. Ratzinger) dans lequel l'auteur, et son disciple le père Morerod,
admettaient la ressemblance impressionnante entre la réforme anglicane et la montinienne de la
liturgie du sacrement des Ordres. D'ailleurs, Léon XIII déclara invalides les ordinations anglicanes
(lettre Apostolicae curae).
Notre position quant à la licéité est la suivante : il n'est pas permis à un prêtre ou à un évêque catholique
d'utiliser les livres liturgiques réformés à la suite de Vatican II, et il n'est pas permis à un catholique de
recevoir les sacrements administrés selon ces rites réformés, ni de prendre une part active à ces
cérémonies liturgiques.
Quant au problème de la validité, il peut être examiné de deux points de vue, l'intrinsèque et l'extrinsèque.
Dans le premier cas, on devra évaluer si dans les rites réformés subsistent les conditions pour la validité
d'un sacrement : la forme, la matière, le ministre validement ordonné qui ait l'intention de faire ce que fait
l'Église. La forme et la matière peuvent prendre des significations différentes - en certains cas - selon le
contexte. L'intention du ministre ne dépend pas de sa foi ou de sa vertu. Puisqu'intérieure, elle ne peut
pas être jugée ; elle peut l'être cependant dans la mesure où elle est manifestée à l'extérieur. Si le
ministre adopte le rite de l'Église il manifeste par conséquent - sauf preuve du contraire - qu'il a l'intention
de l'Église ; s'il n'adopte pas un rite de l'Église, il manifeste l'intention contraire.
Cette observation nous introduit au critère extrinsèque auquel nous avions fait allusion précédemment.
Même avant d'examiner le texte et le contexte des rites réformés, nous devons nous demander s'ils
sont, oui ou non, des rites de l'Église catholique. En effet, un rite liturgique de l'Église catholique ne
peut pas poser des problèmes de licéité ou, encore moins, de validité. Il est certainement licite, voire
juste, d'utiliser le rite de l'Église. Un rite de l'Église ne peut pas causer l'invalidité du sacrement. Il ne peut,
finalement, rien y avoir de contraire à la foi ou à la morale dans un rite de l'Église. Si, donc, le rite de la
Messe, et celui des sacrements, y compris celui des ordinations épiscopales, ont été promulgués après
Vatican II par un pape légitime, ils sont - sans doute - des rites de l'Église catholique, qui ne peuvent pas
être mauvais, illicites ou invalides. Si au contraire Paul VI n'a jamais été ou n'était déjà plus le Vicaire du
Christ lorsqu'il a institué la réforme liturgique post-conciliaire, rien ne nous garantit de leur validité, parce
qu'il ne s'agit pas de rites de l'Église catholique.
Sur ce point, la Fraternité Saint Pie X est dans l'erreur en pensant que des rites approuvés par le pape
(tel était à leurs yeux Paul VI) puissent être mauvais, illicites ou même, dans quelques cas, invalides
(pour la Fraternité, par exemple, il faut considérer invalide le nouveau rite de la Confirmation et, pour
Mons. Tissier de Mallerais, le rite des ordinations épiscopales).
L'Institut Mater Boni Consilii, en soutenant que le Siège Apostolique est formellement (pas
matériellement) vacant au moins depuis le 7 décembre 1965, estime que tous les livres liturgiques
promulgués après cette date ne sont pas des livres liturgiques de l'Église catholique et par conséquent
estime - depuis vingt ans - que la Messe célébrée selon le nouveau rite et les sacrements élaborés et
administrés selon le rite post-conciliaire sont à considérer de validité douteuse et par conséquent, vu le
"tutiorismo" en matière de validité des sacrements - comme pratiquement nuls et invalides. Ceci vaut
même pour le nouveau rite de consécration épiscopale qui l'intéresse. Unique exception, en
principe, à cette règle : les sacrements du baptême et du mariage, puisque pour le premier sont
suffisants pour la validité la formule trinitaire et l'emploi de l'eau simple et la seconde dépend seulement
du consentement des époux (lorsqu' ils ne sont pas tenus à la forme canonique du mariage).
Récemment, une association de catholiques "traditionalistes" et "sédévacantistes" français a lancé une
campagne "internet" sur le thème de l'invalidité des consécrations épiscopales selon le nouveau rite.
Le but de cette campagne serait de démontrer que l'"Église conciliaire" est une fausse église à l'aune de
l'"église" anglicane, puisque ses évêques n'ont pas été validement consacrés évêques. La campagne
informatique a aussi pour but d'attaquer "Mons. Sanborn ","Verrua "etc, qui auraient tu cette vérité,
pendant que Mons.Lefebvre, toujours avec la meilleure intention et de parfaite bonne foi, aurait été dupé
à ce propos par ses mauvais conseillers. Nous voudrions suggérer à ceux qui lancent une telle
campagne une plus grande prudence. Les prêtres américains ont traité de ces sujets depuis 1981, bien
avant que, avant hier, l'association en question s'apercevait de l'invalidité des nouveaux rites. Et même
"Verrua" a toujours soutenu cette position.
D'autre part, il n'est pas vrai que, puisque les évêques conciliaires ne sont pas validement consacrés, ils
ne pourraient pas pour cette raison d'aucune façon occuper matériellement les sièges épiscopaux
et, en cas d'abjuration des erreurs, même formellement. Il est notoire, en effet, que dans l'Église la
juridiction n'est pas le pouvoir de l'ordre, et qu'un laïque peut être élu Pape ou nommé Évêque d'une
diocèse sans posséder encore le caractère sacerdotal ou épiscopal. Dans ce cas, il est suffisant que ce
laïque (ou simple clerc ou prêtre) accepte d'être ordonné, au moins sub conditione. Par conséquent, les
évêques qui occupent les sièges épiscopaux tout en n'ayant pas reçu validement la consécration
épiscopale, conservent la nomination canonique à un tel siège épiscopal et, donc, ils sont encore des
"évêques materialiter" pour ce qui concerne la juridiction même s'ils n'étaient pas des évêques pour ce
qui concerne le pouvoir de l'ordre.
Cela vaut pour une éventuelle élection au Siège de Pierre dans un futur conclave : même si elle n'avait
pas reçu une consécration épiscopale valide la personne serait toujours canoniquement désignée au
pontificat. Finalement, on oublie que tous les évêques en communion avec Jean-Paul II (et donc
seulement materialiter) qui ont été consacrés avec le rite oriental ou un autre rite traditionnel sont
réellement des évêques quant au pouvoir de l'ordre ; donc il n'est pas vrai que la soi-disante "église
conciliaire" n'aurait pas ou n'aura plus sous peu des évêques validement consacrés entre ses rangs.
La conclusion, par conséquent, que la dite association prétend porter du fait que le nouveau rite de
consécration épiscopale peut être invalide est entièrement dépourvu de fondement, et n'entame
aucunement la thèse dite de Cassiciacum.
NOTRE COMMENTAIRE
1° Toujours les fausses conclusions de LA THESE : distinction entre pouvoir de juridiction et
pouvoir d'ordre. Comme pour le materialiter et le formaliter cette distinction est vraie, mais pour
être pape catholique le materialiter et le formaliter ne peuvent être séparés ; et pour être évêque
catholique les pouvoirs de juridiction et d'ordre ne peuvent être séparés.
De plus s'il y avait conversion d'un "évêque" conciliaire, ce serait en pure perte ; il ne
deviendrait pas évêque catholique. Même si un évêque conciliaire abjure et témoigne
publiquement la foi catholique, il ne peut devenir évêque. Car le rite dans lequel il a été "sacré"
n'étant pas un rite catholique, il n'est pas évêque : c'est un simple laïc. Il faudrait le sacrer dans
le rite catholique. Et qui pourrait le sacrer ? Et qui prendrait le risque de confier un diocèse à un
évêque certainement complètement déformé ?
Pour la suite de la démonstration, c'est de la bouillie de théologien (validité intrinsèque et
extrinsèque ??? !!!). Comme lors du concile, ces experts (???) compliquent tout pour nous
faire perdre la tête. Tous les détails étudiés sont faits pour ne pas dire clairement :
1. que les rituels montiniens des sacres ne sont pas catholiques ; certes, ils le disent à moitié,
mais surtout n'en tirent pas une conclusion claire, à savoir
2. que ces "évêques" ne sont pas évêques. Un point c'est tout. Tout le reste est du cinéma.
Car la conclusion les gênent : tous les cardinaux ayant élu Benoît XVI "pape" conciliaire,
n'étaient qu'abbés. Tous ayant été sacré dans le rite montinien ne sont pas évêques.
DONC L'ABBE RATZINGER N'ETANT PAS EVEQUE DE ROME,
N'EST PAS PAPE.
MEME MATERIELLEMENT. LA THESE EST MORTE.
Nous avons lançé cette campagne car nous savions qu'avec le nouveau conclave nous
rentrions dans une situation complètement nouvelle. Ce qui confirme notre analyse de la réalité
: la secte conciliaire n'est pas l'Eglise Catholique. Nous savions depuis 1981, d'après les
travaux de l'abbé Mouraux (abonné à sa revue depuis le début), complétés en 1983 par l'étude
de Coomoraswany, que l'invalidité des rites leur empêchaient d'avoir le caractère épiscopal. On
enregistre que Verrua et Mgr Sandborn partagent la même certitude. Il oubliaient de le redire à
ce moment si important. Puissent-ils partager notre conclusion que : les années passant, l'on
se trouve devant une réalité incontournable : comment confondre cette secte conciliaire avec
l'Eglise Catholique ?
PS : L'abbé Ricossa nous conseille la Prudence. Nous l'en remercions et suivrons ce conseil avec attention. Pour
le remercier nous lui donnons un autre conseil : bien prier le Saint-Esprit pour Lui demander le don
d'Intelligence. |