Cher Vincent F,
Certes le N.O.M. aime mieux faire sournoisement son néfaste travail de destruction de la foi et de la piété - de la même manière qu’ont agi et agissent ceux qui l’ont composé et imposé : on « tue » une doctrine en supprimant toute allusion univoque à elle, en insinuant le contraire sans le dire très nettement, en avançant des propos qui invitent à l’erreur tout en permettant un sens plus sain.
Cela déjà est en conflit avec l’infaillibilité de l’Église laquelle ne garantit pas seulement la possibilité de trouver – en tirant fort - une réconciliation entre la foi et la liturgie, mais nous invite à nous instruire doctrinalement par le biais de nos missels.
Mais plutôt que de poursuivre cet argument en détail j’accepte votre demande pour un exemple d’erreur explicite dans le N.O.M. A ce titre je vous propose la prière pour les juifs dans la nouvelle liturgie de vendredi saint laquelle demande à Dieu d’accorder aux juifs d’avancer dans la fidélité à son alliance.
Voici le latin :
« Oremus et pro Iudaeis, ut ad quos prius locutus est Dominus Deus noster, eis tribuat in sui nominis amore et in sui foederis fidelitate proficere. (Flectamus genua - Levate.) Omnipotens sempiterne Deus, qui promissiones tuas Abrahae eiusque semini contulisti, Ecclesiae tuae preces clementer exaudi, ut populus acquisitionis prioris ad redemptionis mereatur plenitudinem pervenire. Per Christum Dominum nostrum. Amen. »
Or, selon la doctrine catholique, les juifs ont manqué de la façon la plus grave à l’ancienne alliance en rejetant et faisant crucifier le Messie qu’ils étaient obligés d’accepter. En conséquence cette alliance a été cassée et remplacée par une nouvelle entre Dieu et l’Église catholique à laquelle les juifs de façon collective n’ont jamais eu la moindre fidélité car ils la refusent et rejettent comme un blasphème, injuriant par surcroît leur statut spécial.
Une prière qui pose comme point de départ une fidélité actuelle de la part du peuple juif à une alliance actuelle est donc gravement erronée.
Bien sûr je ne voudrais pas nier qu’un théologien ayant l’agilité intellectuelle d’un Brian Harrison ne puisse argumenter, par exemple, qu’ici le mot « avancer » doit s’entendre comme impliquant préalablement un demi-tour et un départ de zéro et que l’alliance en question change invisiblement en même temps de l’ancienne à la nouvelle. Mais il ne s’agit pas de défendre les responsables de cet outrage contre l’accusation d’hérésie pertinace et coupable. Il s’agit de montrer que la liturgie officielle de l’Église Conciliaire reste une saine source doctrinale et non un puits empoisonné, car cette dernière conclusion est déjà impossible pour l’Église catholique. Je crains que ce ne soit impossible.
JD
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