Cher Troubadour,
Je cite Mgr Lefebvre puisqu'en l'occurrence il me semble rendre compte adéquatement du problème :
- Vatican II constitue une rupture
- l'Autorité ne peut pas assumer la rupture
- Celui qui assume Vatican II ne peut pas être l'Autorité.
Maintenant il faut s'empresser de dire que Mgr Lefebvre n'est pas resté sur cette ligne, loin s'en faut. Voilà pourquoi "l'argument" en question ne peut pas être qualifié de "lefebvriste", si tant est que le "lefebvrisme" existe.
Paul VI et les évêques ont proposé comme fondé sur la Révélation le droit naturel à la liberté de conscience en matière religieuse au for externe et public (cf. Déclaration "Dignitatis humanae").
Or nous savons avec Grégoire XVI et Pie IX (notamment)qu'une telle "liberté religieuse" n'est pas un droit naturel (cf. les Lettres-encycliques "Mirari vos" et "Quanta cura").
Et nous savons également avec Vatican I que lorsque le Pape et les évêques proposent telle doctrine comme fondée sur la Révélation, ils le font sans risque d'erreur, infailliblement (cf. Constitution dogmatique "Dei Filius") tant par un jugement solennel que par leur magistère ordinaire et universel qui s'exerce "chaque jour" (cf. Pie XI, Lettre-encyclique "Mortalium animos").
La conclusion s'impose : Paul VI promulguant avec les Pères du Concile Vatican II la Déclaration "Dignitatis humanae" ne pouvait pas être Pape. Cela tient à la nature même des choses.
Et l'on peut examiner non seulement la question de la liberté religieuse, mais encore celle des religions acatholiques "moyens de salut", celle de la "communion imparfaite" entre ces mêmes religions et la religion catholique, celle des juifs contemporains "nos frères aînés dans la foi", celle du Christ uni à tout homme de par son Incarnation, celle du "novus ordo missae" etc.
Conclusion semblable pour Benoît XVI : au jour d'aujourd'hui, en union avec les évêques, Benoît XVI propose encore et toujours non seulement telle ou telle vérité, mais encore la liberté religieuse et l'oecuménisme de Vatican II. Et c'est là où, tout comme pour Jean-Paul II, nous retrouvons les propos de Mgr Lefebvre cités dans le précédent message. Il y a incompatibilité entre la possession de l'Autorité d'une part et la continuité dans la profession des erreurs de Vatican II d'autre part. Pourquoi ? Parce que l'Autorité du Vicaire de Jésus-Christ, tout comme Notre-Seigneur, n'est pas divisée contre elle-même.
Maintenant, que présentement - et pour cause - personne n'ait autorité pour imposer aux baptisés : "Paul VI n'était pas Pape" / "Benoît XVI n'est pas Pape", je vous le concède bien volontiers (et vous le savez fort bien).
Mais cela n'enlève rien à la nécessaire conclusion : "Paul VI n'était pas Pape" / "Benoît XVI n'est pas Pape", qui tient encore une fois à la nature même des choses.
Amicalement
N.M. |