Cher ami,
Voici l'unique source sur laquelle d'aucuns se sont appuyés pour affirmer que saint Eusèbe de Samosate avait procédé à des consécrations épiscopales "sauvages" :
"Il [l'empereur Valens] commença par reléguer Pélage en Arabie, puis il relégua le divin Mélèce en Arménie, enfin il relégua en Thrace Eusèbe en train de ruisseler de sueurs apostoliques. En effet, après avoir appris que beaucoup d'églises demeuraient privées de pasteurs, celui-ci, revêtu d'un costume de soldat et la tête couverte d'un turban, parcourut la Syrie, la Phénicie et la Palestine en imposant les mains à des prêtres et à des diacres ; s'il se trouvait des évêques qui fussent du même avis que lui il désignait aussi des chefs aux églises qui en avaient besoin."
Thédoret, évêque de Cyr (Vème siècle).
"Il désignait aussi des chefs aux églises qui en avaient besoin."
1 - Une telle tournure de phrase exprime-t-elle nécessairement l'idée de consécration épiscopale ?
2 - Admettons qu'il s'agisse bien de consécrations épiscopales...
Qui nous dit qu'elles ont été accomplies à l'encontre des normes canoniques existant alors en Syrie, en Phénicie et en Palestine, trois "provinces" relevant de la même éparchie (province ecclésiastique)?
Nous savons que les normes canoniques alors en vigueur dans cette région exigaient que l'évêque soit sacré et reçoive juridiction avec l'assentiment des évêques de ladite éparchie.
Or Théodoret mentionne le recours d'Eusèbe aux évêques :
"S'il se trouvait des évêques qui fussent du même avis que lui il désignait aussi des chefs aux églises qui en avaient besoin."
Au témoignage de Théodoret de Cyr, on peut bien penser qu'Eusèbe ne procédait pas à des sacres "sauvages". Ledit témoignage - le seul - ne suffit pas à prouver l'existence de tels sacres "sauvages".
Cf. Frère A.-M. Lenoir, "Saint Eusèbe de Samosate et les consécrations épiscopales en Syrie au IVème siècle", in "Sedes Sapientiae", nn° 22 et 23 (automne 1987 et hiver 1988).
Amicalement
N.M.
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