... Comment peut-on, effectivement, après cela, refuser Vatican II sans aller jusqu'au bout de la logique en adhérant, comme vous, à l'une des thèses sédévacantistes ?
Mais d'un autre côté, et avec un peu de recul, comment peut-on aller jusque là sans nier que l'Eglise soit indéfectible ?
Terrrible cas de conscience pour les "Tradis" de la mouvance Lefèbvriste à qui l'on n'a cessé de répéter et même d'enseigner que Vatican II était rempli d'erreurs et qui ont fini par s'en persuader !
Terrible dilemme pour vous également, pour qui il a sans doute été déchirant de suivre la voie que vous avez suivie avec toutes les conséquences d'un tel choix, alors que vous ne pouvez pas ne pas voir les merveilleux signes de restauration dans l'Eglise, l'Esprit Saint à l'oeuvre dans tant de communautés qui remettent en vigueur l'adoration eucharistique, la confession, l'Eucharistie (surtout cette année), la morale exigente et libératrice ... Chaque fois que Rome affirme quelque chose de beau, de vrai, d'exigeant, je veux croire que cela vous trouble, que vous ne pouvez que souffrir de l'incertitude qui est la vôtre. Vous ne pouvez pas ne pas vous dire : "et si je me trompais ?"
C'est ainsi que vous ne pouvez pas ne pas être à l'affut et rechercher, dans tout ce que dit Rome, la phrase, l'acte qui va vous conforter dans votre difficile et lourd chemin de séparation. C'est ainsi que sans vouloir vous l'avouer, vous êtes en quelque sorte "soulagé", mais si c'est un soulagement jamais satisfaisant, quand vous constatez que Rome continue sur la voie de Vatican II.
Mais cette petite voix lancinante du "et si jamais ...", petite voix de votre conscience, que sans vous l'avouer vous voulez faire taire, et c'est normal, car tout semblerait s'écrouler pour vous, elle ne pourra pas indéfiniment rester ignorée ... C'est ce que je vous souhaite.
Bien cordialement,
Ion |