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A Lutefisk sur la canonisation des saints par Petrus (2005-07-02 17:52:04) Imprimer

Cher Lutefisk,
La canonisation des saints est couverte par l’infaillibilité. C’est une proposition théologiquement certaine. La canonisation des saints appartient à l’objet secondaire ou indirect de l’infaillibilité. Le théologien jésuite Cartechini écrit : « L’bjet propre qui est défini par l’Eglise dans la canonisation des saints est qu’une personne donnée, concrètement désignée, par exemple Giovanni Bosco, est un saint et il mérite le culte qui est imposé à tous les fidèles en son honneur. De cela il suit nécessairement que ce saint se trouve déjà en Paradis. Mais en même temps, l’Eglise, avec son magistère ordinaire, nous propose le saint lui-même comme exemple émiment de la vie chrétienne. Un martyr par contre, en tant que tel, est proposé uniquement comme exemple de force et de charité dans la mort qu’il endure pour le Christ. Dans les canonisations des saints il est théologiquement certain que l’Eglise est infaillible ; par contre, il n’est pas théologiquement certain que’elle l’est dans les béatifications ». Sisto Cartechini, Dall’opinione al domna, éd. La Civilta cattolica, Roma, 1953, page 174. Et le même auteur d’ajouter :
« La canonisation des saints.
Elle n’est rien d’autre que l’application concrète de deux articles de foi, celui sur le culte des saints et l’autre sur la communion des saints. Il est de doctrine catholique ou théologiquement certain que la vie du saint canonisé est un exemple éminent et un modèle de vie chrétienne et de vertu parfaite. On comprend que c’est l’ensemble général de la vie du saint qui est approuvé et non pas la valeur des actes singuliers et encore moins l’incitation ou la disposition à imiter ces actes par tous. Ce n’est donc pas parce qu’un saint a fait ou dit telle chose que tous pourront convenablement l’accomplir. Même si saint Paul s’opposa à saint Pierre parce que ce dernier méritait des reproches, il serait très dangereux que chacun veuille l’imiter en cela.
Péché de celui qui nie une proposition théologiquement certaine.
Enfin, il faut observer que celui qui nie une proposition théologiquement certaine, en sachant qu’elle est théologiquement certaine, commet un péché mortel, faute qui va indirectement contre la foi, à cause du rapport de la conclusion théologique ou du fait dogmatique avec la foi. »
Le théologien L. Ott écrit quant à lui, dans le Précis de théologie dogmatique, éd. Marietti 1956) : « A l’objet secondaire de l’infaillibilité appartient la canonisation des saints, c’est-à-dire le jugement définitif proclamant qu’un membre de l’Eglise est entré dans la béatitude céleste et peut être l’objet du culte public. Le culte rendu aux Saints est, comme l’enseigne saint Thomas, « une profession de foi par laquelle nous croyons à la gloire éternelle des saints ». Si l’Eglise pouvait se tromper dans son jugement, il en résulterait des conséquences inconciliables avec sa sainteté ».
Or, malheureusement, le numéro de janvier 2003 de la revue Le courrier de Rome, sous la plume d’un certain Hirpinus, remet en cause, de manière insidieuse et pernicieuse, à la manière des modernistes, le caractère infaillible des canonisations. Tout simplement parce que la « canonisation » d’Escriva de Balaguer gêne la FSSPX. Mais au lieu d’en conclure logiquement que la personne qui « canonise » le fondateur de l’Opus Dei, disciple de la liberté religieuse, ne peut pas être le vicaire du Christ puisque les canonisations papales sont infaillibles, en vertu de l’objet secondaire ou indirect de l’infaillibilité (proposition théologiquement certaine), la FSSPX rejette insidieusement la doctrine catholique sur l’infaillibilité des canonisations. Comme elle la rejette en ce qui concerne la nécessaire soumission au pape pour faire son salut, l’infaillibilité d’une loi liturgique ou disciplinaire promulguée pour l’Eglise universelle par le pape (cas de la nouvelle messe, des nouveaux sacrements, du nouveau catéchisme et du nouveau code de droit canon si l’on admet que Paul VI et Jean-Paul II étaient papes).
Et tout cela pour ne pas donner raison aux sédévacantistes.
A l’évidence la FSSPX est conduite par des aveugles qui conduisent d’autres aveugles.
A moins que les termes d’imposteurs, de bandits et de filous soient mieux appropriés lorsque l’on trompe à ce point les fidèles sur des notions aussi fondamentales.
On se rapproche de la FSSPX pour éviter l’hérésie moderniste et on se retrouve avec de la proto-hérésie pseudo-traditionaliste.
Tout ça pour en arriver là ! Avouez que c’est bien triste.
Se soumettre à Benoît XVI et à l’église conciliaire ou être radicalement sédévacantiste, je ne vois pas d’autre solution intellectuellement honnête.
Avec quand même une nette préférence pour la seconde solution, si vous voyez ce que je veux dire...
Qu’en pensez-vous, cher Lutefisk ?
Petrus.
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