Puisque la question des étranges considérations de Jean-Paul II au sujet du cas Jean Hus a été quelque peu "perdue" sous une avalanche d'interventions plus ou moins opportunes, je me permets de reproduire ici ces quelques citations et questions.
Un grand merci au maître-archiviste Semur !
Jean-Paul II à Prague, le 21 avril 1990 :
« Je me rappelle qu'au concile Vatican II, le cardinal Josef Beran, archevêque tchèque, intervint avec force pour défendre les principes de la liberté religieuse et de la tolérance, évoquant en termes douloureux le sort de Jean Hus, prêtre de Bohême, et déplorant les excès auxquels on s'était laissé aller à cette époque et par la suite (cf. Acta synodalia, IV, p. 393-394). J'ai encore présentes à l'esprit ces paroles du cardinal-archevêque de Prague au sujet de prêtre qui a eu tant d'importance dans l'histoire religieuse et culturelle du peuple de Bohême. Il reviendra aux experts- en premier lieu aux théologiens tchèques- de définir plus exactement la place qu'occupe Jean Hus parmi les réformateurs de l'Eglise, aux côtés d'autres figures célèbres de réformateurs médiévaux en Bohême, comme Thomas de Stitny et Jean Milic de Kromeriz. Cependant au-delà des convictions théologiques qu'il a défendues, on ne peut dénier à Jean Hus l'intégrité de sa vie personnelle ni ses efforts pour l'instruction et l'éducation morale de la nation. »
Documentation catholique, 3 juin 1990, n° 2007, p. 547
Il aurait fallu poser quelques questions à Jean-Paul II... Peut-être peut-on aujourd'hui les adresser à Benoît XVI ?
- Jean-Paul II :
"Je me rappelle qu'au concile Vatican II, le cardinal Josef Beran, archevêque tchèque, intervint avec force pour défendre les principes de la liberté religieuse et de la tolérance, évoquant en termes douloureux le sort de Jean Hus, prêtre de Bohême, et déplorant les excès auxquels on s'était laissé aller à cette époque et par la suite (cf. Acta synodalia, IV, p. 393-394)."
- Adhère-t-il à la proposition suivante condamnée par le Concile de Constance et la Bulle "Inter cunctas" de Martin V ?
"Les docteurs qui affirment que qui doit subir une sanction ecclésiastique et ne veut pas s'amender doit être livré au bras séculier, suivent en cela incontestablement les pontifes, les scribes et les pharisiens qui livrèrent le Christ au bras séculier parce qu'il ne voulait leur obéir en rien [...]"
Concile de Constance, 15 ème session, 6 juillet 1415
Décret confirmé par la Bulle "Inter cunctas" du 22 février 1418
(D.S. 1214)
La Bulle de Martin V contient un questionnaire destiné à servir à l'interrogation des personnes suspectes d'adhérer aux thèses wyclifites et hussites pour être précisément fixé là-dessus.
On demande notamment :
"[...] s'il croit que si la désobéissance ou la révolte de l'excommunié s'accroît, les prélats ou leurs vicaires ont le pouvoir d'aggraver et d'aggraver encore, de jeter l'interdit et de faire appel au bras séculier, et que les sujets doivent obéir à ces censures."
Bulle "Inter cunctas" du 22 février 1418 (D.S. 1472)
Dans la Bulle "Exsurge Domine", 15 juin 1520, le Pape Léon X condamne la proposition suivante de Martin Luther :
"Il est contre la volonté de l'Esprit que les hérétiques soient brûlés." (D.S. 1483)
Par son application de la doctrine de "Dignitatis humanae" au cas Jean Hus, Jean-Paul II marchait-il dans les pas de Luther ?
N.M.
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