C'est un plaisir de vous retrouver, cher Réginald. J'ai lu vos notes sur le degrés de communion ; elles me laissent sceptique, et cela pour une double raison.
1. Vous écrivez : « le mode d'appartenance à l'Église est analogique et non univoque ».
Voilà une affirmation qu'il faudrait prouver.
Et là encore pour deux raisons.
La première est que les exemples et principes par lesquels vous amenez cette affirmation mentionnent des différences d'intensité dans la science ou la vertu : ces différences d'intensité ne sont-elles pas uniquement accidentelles ?
La seconde raison est que même s'il n'y avait qu'analogie entre la foi faible et la foi maximale (ce qui me semble incroyable), il faudrait encore montrer que cette analogie se retrouve dans l'appartenance à l'Église.
Il y a dans l'Église des membres parfaits (en état de grâce, appartenant à la communion des saints) et des membres imparfaits (en état de péché mortel) ; il y a des membres visibles (appartenant juridiquement (pour faire court) à l'Église, et des membres invisibles: mais tous sont membres du Corps mystique de Jésus-Christ, surnaturellement unis à lui. Cette appartenance est-elle analogique ?
2. Vous n'abordez pas explicitement ce qui est sous-jacent à vos notes, et qui est le fond du problème avec Dominus Jesus et Vatican II : c'est le passage - le saut logique - entre la « communion imparfaite » des personnes d'une part, et la prétendue communion imparfaite de communautés non-catholiques, de sociétés religieuses comme telles. Il y a un abîme...
C'est dans cet abîme que la foi s'abime !
Abbé Hervé Belmont
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