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réponse en quatre points par Réginald (2005-10-15 13:36:48) Imprimer

1. Tout d’abord, connaissez-vous l'Eglise du Verbe Incarné de Charles Journet, l’avez-vous étudié en détail les trois volumes de cette oeuvre magistrale, y voyez-vous des erreurs, voire des hérésies ? Dans l'affirmative, il faut conclure d’une grave carence de Pie XII et du Saint Office d'alors, qui n'a nullement condamné ce livre, et notamment pas le tome II, qui développe la notion d'appartenance imparfaite telle qu'elle a été ici exposée.

2. L'analogicité de l'appartenance ne porte pas sur ce qui la rend salvifique, la grâce sanctifiante, que chaque homme a, ou n'a pas, et qui est essentiellement la même, univoquement, chez tout juste, catholique ou a-catholique, seul l'intensité pouvant être différente: elle est minimale chez l'enfant à peine baptisé, elle était maximale chez la Vierge Marie dans l'instant qui précéda son Assomption. Ce qu'il y a d'analogue, c'est-à-dire d'essentiellement divers et de relativement un, dans l'appartenance à l'Eglise, c'est la christoconformation de la grâce sanctifiante, chez le juste, ou de ce qui demeure sans la grâce, chez le pécheur: christoconformation qui s'effectue par les caractères sacramentels du baptême, de la confirmation et des trois degrés du sacrement de l'ordre en premier lieu par l'adhésion au magistère de l'Eglise d'autre part, adhésion qui engage la foi théologale ou bien la vertu de religion selon les cas, en deuxième lieu; et par l'obéissance au pasteurs légitimes, ou, si l'on préfère, au Christ lui-même à travers les pasteurs légitimes ("qui vous écoute m'écoute") en troisième lieu.

3. Dans une communauté dissidente, il y a deux choses: un patrimoine sacramentel, magistériel et jurisdictionnel imparfait, mais réel, qui constitue une "participation", au sens métaphysique du mot, au mystère du Christ et de l'unique Eglise d'une part, et un principe de dissidence, qui récuse certains éléments de ce même mystère d'autre part. Il y a ici, évidemment, une question préalable, qui de déterminer si le principe de dissidence détruit, ou non, le principe de participation (ce que pensaient les rigoristes de Boston condamnés par Pie XII), et si, subsidiairement, ce même principe de dissidence empêche les communautés dissidentes d'être malgré tout de vraies communautés ecclésiales (protestantes) ou même des Eglises imparfaites (orthodoxes), comme vous semblez le penser. Si l'on répond non à la première question, et si, dès lors, les dissidents pris singulièrement peuvent être de bonne foi, et participer par conséquent aux biens qui leur sont communiqués (surtout les Orthodoxes) par les sacrements et la hiérarchie imparfaite qu'ils ont, je ne vois pas comment on peut nier que ces mêmes sacrements produisent les effets "sociaux" qui sont les leurs, surtout le sacrement de l'ordre, de sorte qu'ils ne sont pas seulement individuellement membres en acte imparfait de l'unique Eglise, mais aussi communautairement. Si le prêtre orthodoxe est vraiment prêtre (et l'on pourrait ajouter malicieusement qu'il l'est plus certainement, pour un sédévacantiste, que le prêtre catholique ordonné dans le rite de Paul VI), cela veut dire que l'évêque qui l'a ordonné est vraiment évêque, et que la divine liturgie qu'il célèbre est vraiment le sacrifice du Christ, qui rend substantiellement présent le corps et le sang du Seigneur sous les espèces sacramentelles: dès lors, n'y a-t-il pas, là, une "église", une "ekklesia" rassemblée autour du Christ sacramenté ? Ou faut-il dire que les erreurs objectives professées par les membres de cette communauté détruisent, pour tous, l'objet formel de la foi théologale, et que, par conséquent, l'adoration et la consommation de l'Eucaristie, est, dans le principe, mortifère pour la communauté en tant que telle, seuls quelques individus vraiment de bonne foi échappant à cette règle générale ?

4. Accessoirement, un sédévacantiste devrait réfléchir au tableau même qu'il se fait de l'Eglise à l'heure actuelle. Dans l'Eglise latine, l'eucharistie est invalide, et sans doute aussi l'ordre et, par voie de conséquence, la pénitence: autant dire qu'il n'y a plus d'Eglise catholique en dehors de quelques vieux prêtres, et de certaines communautés traditionnalistes (je n'entre pas dans la question de l'una cum, qui, si j'ai bien compris, retranche objectivement encore les lefebvristes, et, naturellement, les "ecclésiadésites" de la véritable Eglise). Quant aux chrétiens a-catholiques, ils appartiennent de toute façon à des communautés mortifères, qui prêchent l'hérésie, et donc pèchent quotidiennement contre la foi théologale. Au total, l'oeuvre du salut, pour laquelle le Christ a souffert sa Passion, connaît depuis quarante ans un échec à peu près total (d'autant qu'il y a, parmi les fidèles sédévacantistes, des âmes en état de péché mortel): une telle situation est-elle compatible avec le dessein de salut du Père et avec la réalité de la volonté salvifique universelle ?

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La discussion

images/icones/linux.gif sur les degrés de communion par Réginald (2005-10-14 08:45:20)
     images/icones/fleche2.gif Double objection par Abbé Hervé Belmont (2005-10-14 17:19:01)
         images/icones/neutre.gif [réponse] par Réginald (2005-10-14 18:23:01)
             images/icones/fleche2.gif Le problème reste entier. par Abbé Hervé Belmont (2005-10-15 11:04:13)
                 images/icones/neutre.gif réponse en quatre points par Réginald (2005-10-15 13:36:48)
                     images/icones/fleche2.gif Réponse cursive par Abbé Hervé Belmont (2005-10-15 22:30:45)
                     images/icones/1a.gif Complément de réponse qui ne complète en rien. par Abbé Hervé Belmont (2005-10-16 22:38:35)