Cher Ion,
Sale espèce de boche hérétique ce Ratzinger, non ? Sûrement jamais reçu un valide sacrement depuis le jour de sa naissance. Brûlons-le demain avec tous ceux qui manquent au triple devoir d’être « catholique et français » et sacré dans le vrai rite !
Excusez-moi, cela était juste pour faire plaisir à LHR et ses cerebello-vacantistes sans trop le fatiguer Maintenant revenons à nos moutons, car vous, vous savez du moins penser.
C’est un plus, cela, savoir penser et ne pas avoir peur de l’effort que ça coûte. Mais c’est tout de même bien peu, cher Ion, si l’on se sert de sa cervelle pour priver l’homme de sa capacité de connaître la vérité avec certitude par la raison dans l’ordre naturel et par la foi dans l’ordre surnaturel. Et c’est bien ce que vous êtes en train de faire.
Car pour contourner l’accusation d’hérésie contre Vatican II, vous en présentez une plus grosse encore, à savoir que l’Église elle-même aurait le droit de changer le sens de ses doctrines. Et pour promouvoir la dignité de l’homme vous le condamnez à l’obligation de dire « credo » à tout ce que lui présente une autorité « infaillible », mais ayant le droit de changer le sens de ses dogmes – c'est-à-dire à accepter comme objet propre de son intelligence non une vérité vue comme telle (et partant immuable) mais une formule de paroles dont il ne saura jamais avec certitude le vrai sens. Quelle perte de dignité !
Oui, je vous le dis – il ne le saura
jamais. Car une Église qui peut changer une fois le sens de ses doctrines peut le faire encore une fois. Que l’Église change ses dogmes dans leur sens n’est pas moins aberrant que d’en changer la formulation et le nom. Ce serait l’aveu que l’infaillibilité ne serait que du vent. Jamais une telle Église pourrait nous faire voir la vérité. Jamais le droit qu’elle réclame à l’adhésion de notre intelligence ne pourrait être qu’une usurpation tyrannique comme les protestants le disent.
Cela relève de la nature même de la vérité. Mais c’est aussi ce que l’Église nous a dit concernant la nature de son enseignement. Elle a fait jurer à tous ses ministres de rejeter à tout jamais « comme une invention hérétique l’idée que les dogmes puissent évoluer d’un sens à un autre différent de celui que l’Église tenait avant ». Elle les a fait jurer de croire en « un charisme de vérité » dans l’Église en précisant que celui-ci existe « pour que jamais on ne croie et jamais on ne comprenne autrement que la vérité absolue et immuable que les Apôtres ont prêchée dès le début. » (Dz 2145,7)
C’est vrai, n’est-ce pas, cher Ion, que vous ne pourriez pas de bonne conscience prêter ce serment anti-moderniste ?
Toutefois je me permets de vous dire qu’entre les positions clairement divergentes de vous-même et de Réginald pour expliquer les changements doctrinaux depuis Vatican II, si la position de Réginald (essai de réconciliation de sens) est plus conforme à la foi et à la raison, elle est non seulement moins conforme aux faits, mais elle est moins conforme à l’explication tenue par le Cardinal Ratzinger lorsqu’il a enlevé la condamnation magistérielle des propositions de Rosmini – comme vous pouvez le voir sur le site d Vatican
ici avec commentaire très juste de Gregory Baum (jamais soupçonné de sédévacantisme)
ici.
Et rappelons finalement, cher Ion, que l’on ne peut d’aucune manière réduire la rupture doctrinale entre l’Église d’avant Vatican II et celle issue de Vatican II à la seule question de liberté religieuse. Vous en avez la preuve
ici
Bien à vous in Dño et Dña,
John