Ah non, chère Morgane... pas vous !
Il y a quelques bonnes librairies à Paris. On peut s'y procurer quelques bons ouvrages, histoire de se déprendre des mensonges de l'école républicaine.
"Quant au mot barbare attribué au légat, Arnaud de Cîteau, "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !", il est apocryphe, et aucun historien sérieux n'ose plus le citer. [...] M. Auguste Molinier, dont l'anticléricalisme était notoire, a écrit dans ses notes à l'"Histoire du Languedoc" : "On doit déclarer absolument apocryphe ce mot barbare que la plupart des auteurs ont prêté au légat Arnaud." Il s'est senti entièrement convaincu par l'étude qu'a écrite sur ce sujet M. Tamisey de Larroque dans les "Annales de philosophie chrétienne".
"Dans cet article, cet érudit conteste absolument l'authenticité de ce mot pour deux raisons :
"1° Il n'est rapporté par aucun des témoins occulaires ou des écrivains contemporains dignes de foi. On ne le trouve ni dans Pierre de Vaux-Cernay, qui a suivi en personne l'expédition qu'il raconte et, abbé cistercien, vivait dans l'intimité du légat Arnaud, abbé de Cîteaux ; ni dans Guillaume de Puylaurens qui, méridional lui-même, n'a pas manqué de rapporter ce qui était désavantageux aux Croisés ; ni dans Guillaume de Tulède, ni dans les actes de chancellerie et les chartes. Le seul qui cite ce mot, c'est le moine allemand, Césaire de Heisterbach, dont l'oeuvre n'a aucune valeur historique, parce qu'elle a été écrite soixante ans après les événements, d'après des racontars et sans la moindre critique.
"2° M. Tamisey de Larroque fait ensuite remarquer combien il est étrange que des soldats, échauffés par le combat et ayant déjà commencé le sac d'une ville, suspendent leur fureur et leur pillage pour demander au prélat une consultation sur l'extension à donner au massacre.
"L'argumentation de M. Tamisey de Larroque a été admise non seulement par M. Molinier, mais par tous les historiens qui se respectent ; elle ne traîne plus que chez les auteurs ignorants ou de mauvaise foi."
Jean Guiraud, "Histoire partiale, histoire vraie", Beauchesne, 1911, tome I, chapitre XXIV, pp. 289-290.
Il existe une réédition de l'ouvrage de Jean Guiraud aux Editions Saint Rémi.
Cordialement
N.M. |