Cher Troubadour,
Je suis heureux de constater que vous prenez quelque peu vos distances par rapport au délire présentement régnant à Saint-Parres-lès-Vaudes. Faire passer Benoît XVI pour "un Abbé de Nantes qui s'ignore", c'est vraiment se moquer du monde.
La continuité avec Vatican II est clairement affichée par Benoît XVI depuis le lendemain de son élection (premier discours). Là-dessus, Benoît XVI ne nous redit pas autre chose que ce qu'il expliquait à Vittorio Messori - et à leurs lecteurs - dans le deuxième chapitre de l'"Entretien sur la foi" (Fayard, 1985), à savoir : il y a une crise présentement... mais le remède s'appelle Vatican II. C'est pour le moins s'illusionner et induire en erreur que de croire et faire croire que Josef Ratzinger / Benoît XVI remette en quoi que ce soit Vatican II en cause.
Mgr Fellay n'a pas pu ne pas révéler (cf. son interview sur DICI) que pour Benoît XVI la réception de tous et chacun des Actes de Vatican II n'était pas laissée en option dans le cadre d'une "normalisation" de la FFSPX.
Certes, il est d'autres hypothèses de sortie de crise que "la catastrophe finale". Si Dieu veut, il n'est pas impossible que Benoît XVI (ou Jean-Paul III, Benoît XVII etc.) finisse par porter un vrai diagnostic ; il n'est pas impossible qu'il finisse par remonter à la véritable cause de la présente crise ; il n'est pas impossible qu'il anathémise ce qu'il chérit aujourd'hui même.
Toutefois, nous ne sommes aucunement assurés d'une telle sortie de crise. Nous ne sommes aucunement assurés d'une échéance proche. Il est hors de question d'affirmer comme certains "demain, on rase gratis".
Quid de la thèse "nantiste" dans la présente situation ? (Je ne parle pas ici des élucubrations présentes de Saint-Parres)
C'est tomber de Charybde en Scylla... Pour éviter à bon droit "l'hérésie conciliaire", comme ils disent, on verse dans une autre hérésie objective (il ne s'agit certes pas de se prononcer sur les personnes), celle qui consiste à tenir pour rien l'infaillibilité du magistère ordinaire et universel, en vue de continuer à pouvoir appeler "pape" celui dont on ne reçoit pas le magistère, et auquel on n'est pas réellement soumis.
Cordialement
N.M. |