Trop paresseux pour rédiger un nouveau message, je remets in extenso ce texte, que certains connaissent peut-être déjà.
Ad Majorem Dei Gloriam +
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Beaucoup, dans le monde traditionaliste, se sont bien vite entichés du successeur de Jean-Paul II. Certains fondent sur Ratzinger de grands espoirs, et voient en lui le restaurateur de la Sainte Messe, de la «Tradition dans l’Église», celui qui apportera une solution à la crise qui remue la Barque de Pierre.
S’est-on seulement demandé s’il avait renoncé aux hérésies de Vatican II ?
Nous pourrions noter tout d’abord -simple observation de bon sens-, qu’il n’a pas rompu avec Jean-Paul II, puisqu’il marqua clairement sa volonté de marcher dans ses pas, en louant la mémoire de son vénéré prédécesseur dans l’occupation du Siège Apostolique : le nom de «Jean-Paul II» revint par onze fois lors de son discours après son élection, et celui de Vatican II, cinq fois.
Le meilleur moyen de nous assurer de l’orthodoxie ou de l’hétérodoxie de cet homme consiste à consulter ses propres ouvrages.
Voici Ratzinger par lui-même :
Ratzinger, homme de Foi ?
«La Résurrection aussi devient une expérience des disciples selon laquelle Jésus, ou au moins sa “réalité”, continue. On ne s'attarde plus aux événements, mais à la conscience qu'en ont eue les disciples et “la communauté”. La certitude de la foi est relayée par la confiance en l'hypothèse historique. Or ce procédé me paraît irritant. La caution de l'hypothèse historique, en nombre d'exposés de catéchismes, prend assurément le pas sur la certitude de la Foi.(1)»
«La Résurrection ne peut pas être un événement historique dans le même sens que la Crucifixion. Elle n'est décrite en tant que telle par aucun récit, et sa réalisation n'est pas déterminée autrement que par l'expression de type eschatologique de “le troisième jour”.(2)»
Ratzinger, restaurateur et conservateur ?
«De tous les textes du IIème Concile du Vatican, la constitution pastorale “Sur l'Église dans le monde de ce temps” (Gaudium et Spes) a été incontestablement le plus difficile, et aussi, du côté de la constitution sur la liturgie et du décret sur l'Œcuménisme, le plus riche en conséquences. (...) Si l'on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu'il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus. (...) Contentons-nous ici de constater que le texte joue le rôle d'un contre-Syllabus, dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Église avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789.(3)»
Ratzinger, théologien orthodoxe ?
«Avons-nous alors encore le droit de résorber la christologie (discours sur le Christ) dans la théologie (discours sur Dieu) ? Ne devons-nous pas plutôt revendiquer Jésus passionnément comme homme, et faire de la christologie un humanisme, une anthropologie ? Ou alors l'homme authentique, par le fait même qu'il est entièrement et authentiquement homme, serait-il Dieu, et Dieu serait-il précisément l'homme authentique ? Serait-il possible que l'humanisme le plus radical et la foi au Dieu de la révélation se rejoignent ici jusqu'à se confondre ?(4)»
Y-a-t’il eu de la part de l’homme en blanc une quelconque rétractation ? A-t’il posé un quelconque acte de rupture avec les hérésies de Vatican II et de Jean-Paul II ? Rien n’indique, dans la démarche de ce dernier, une volonté de mettre fin au syncrétisme religieux, préambule de la religion de l’antéchriste.
Pourquoi alors chercher quelqu’accord avec un homme qui ne professe pas la Foi catholique ? Parce qu’il voudrait «réformer la réforme» ? Habile technique, qui n’a rien de nouvelle... La Révolution procède de la sorte : après le coup de boutoir, elle ne dédaigne pas faire quelques concessions apparentes, sans déroger aux principes fondamentaux, afin d’amadouer l’anneau réfractaire. De même, dans l’histoire de France, le Directoire succéda à la Convention.
Le 19 août 2005, lors de la rencontre œcuménique de Cologne, Ratzinger marqua sa volonté de continuer le dialogue inter-religieux :
«Cette fraternité est en soi, comme je le crois, un fruit très important du dialogue, dont nous devons nous réjouir et que nous devrions continuer à entretenir et à pratiquer.»
Dans son discours adressé aux musulmans, Ratzinger persiste et signe :
«Ces paroles du concile Vatican II [Nostra Ætate] restent pour nous la “Magna Charta” du dialogue avec vous, chers amis musulmans, et je suis heureux que nous ayez parlé avec le même esprit et que vous ayez confirmé ces intentions.»
Le bavarois n’ayant pas abdiqué sur les principes de son prédécesseur polonais, il convient donc de poser les vrais questions : Ratzinger est-il catholique, et la secte dont il est le chef est-elle l’Église catholique ?
On a trop oublié que la Messe de Saint Pie V n’a pas empêché Vatican II ; que tous les évêques qui ont signé les déclarations conciliaires célébraient les Saints Mystères selon le rite ancien.
«Au Ciel, dit le Saint Curé d’Ars, il y aura bien des gens qui n’auront pas reçu les sacrements, mais il n’y en aura aucun qui ait manqué de Foi.»
Hélas, la Messe de Saint Pie V aura sa place dans le Panthéon d’Assise. Pour nous, comprenons que la défense du Saint Sacrifice de la Messe n’est que le corollaire d’un combat plus important : celui de la Foi.
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1 Transmissions et sources de la Foi.
2 Les principes de la théologie catholique - Esquisse et matériaux. Collection Croire et Savoir, éd. Téqui 1985, p. 208
3 idem, p.423-427
4 La Foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p. 140 ; N.B. le mot «homme» est en italique dans le texte |