Oui, cher Réginald. Il convient de ne pas écrire n'importe quoi. Surtout, par exemple, quand on est en train de rédiger un catéchisme officiel il ne faut pas mettre une formule invalide comme forme du sacrement de baptême. Décidément il ne faut pas écrire n'importe quoi. Et la gravité du manquement à cette prudente règle sera proportionnée à la gravité du sujet traité, à la gravité de la présentation et l'autorité qu'elle s'attribue, et au nombre des personnes qu'elle atteint.
Nous avons eu les oreilles rebattues (notamment par vous-même) au forum parallèle (ou perpendiculaire) au sujet du caractère irréprochable de ce catéchisme avec force petits cris et pâmoisons manquées devant le spectacle d'un catholique osant préférer un catéchisme classique voire une librairie refusant de vendre le nouveau. Et maintenant qu'on constate qu'il offre une formule invalide de baptême cela ne suffit pas comme réponse de nous assurer que la forme qu'ils emploient habituellement dans la nouvelle religion est en effet valide (et donc pas la formule de leur catéchisme officiel).
Merci également de nous assurer du sens métaphorique d'une autre expression du catéchisme. Mais là aussi, à quoi votre défense sert-elle ? Est-ce un catéchisme ou un poème ? Est-ce la tradition de l'Église de mélanger dans ses catéchismes les emplois métaphoriques et les emplois propres d'un seul mot, et ce mot ayant un sens fort technique et bien établi ? Vous avez l'habitude de faire du catéchisme aux gosses ? Vous croyez que ce n'est pas déjà assez difficile de les faire comprendre ? Faut-il faire accompagner ce catéchisme d'une note explicative de votre plume (bien compétente par ailleurs) pour éviter les confusions et corriger les bourdes ? Ou faut-il respecter le dernier conseil d'un abbé Berto, mourant, à ses anciens élèves de Pontcalec et rester à tout prix avec les catéchismes traditionnels sans se fier à ce qui serait même un tant soit peu douteux dans ce domaine où on n'avait besoin de rien de neuf ?
C'est un point bien secondaire, mais pour l'emploi de l'expression "sacrement" pour l'Église je n'accepte pas du tout votre essai de nous présenter cet usage comme traditionnel. Le mot "sacramentum" (et plus encore "musterion") est en soi peu précis. Le sens a été raffiné par l’Église et le mot a depuis les temps scolastiques un sens fixe dont je n'ai pas besoin de vous rappeler la définition. C'est pourquoi l'emploi du même mot par les pères n'autorise pas sa résurrection. 50% de l'histoire de la théologie consiste dans une attribution toujours plus précise de tel sens à tel mot. St Jérôme a dû consulter le pape pour savoir s'il pouvait dire "trois hypostases en Dieu" et il semble pencher contre cet avis. Ce n'est pas pour cela qu'on va ressusciter le sens de "substance" pour "hypostase" et annoncer une seule hypostase en Dieu.
C'est un fait notoire que ce sont des auteurs des plus "avancés" du milieu du 20e siècle qui ont lancé cet usage et qu'en ce faisant ils n'ont pas éclairé mais obscurci la nature de l'Église - d'où la réfutation détaillée réalisée à l'époque par Mgr Joseph Fenton, consulteur de plusieurs congrégations romaines et pas amateur de nouveautés, qui soulignait que l'Église n'est pas sacrement.
Et même si l'on pouvait le dire...on ne le dirait pas dans un catéchisme. On a les De Ecclesia de Bellarmin et de Billot et ils valent bien plus que les œuvres d’un Congar et compagnie pour aider à la rédaction d’un catéchisme.
Et en fin de compte, ne vous outragez pas de ce qu'on trouve matière à rire dans les innovations de la nouvelle religion pondue par Vatican II. C'est trop facile, et cela détend après les larmes que provoquerait la lecture du post si péniblement exacte de l'abbé Belmont "Retour à la Réalité". Il s'agit du salut des âmes. J'ai été témoin toute ma vie d’un assaut contre la foi, la pureté, la dignité et jusqu'à la raison des enfants depuis les années soixante et j'ai failli en être victime. C'était un assaut mené ostensiblement par les gens qui osent maintenant sans aucune marque de conversion nous proposer un nouveau catéchisme pour apprendre notre foi. Je ne crois pas à leur glasnost et je ne m'y risque pas. Quand ce sera pour du vrai on ne va pas se tromper de la formule du baptême.
JD
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