La Sainte Ecriture nous présente la liberté comme la libération du péché et du mal, et ces derniers comme un esclavage :
« Vivez en hommes libres, et non comme ceux qui utilisent la liberté comme voile de leur malice, mais comme il sied à des serviteurs de Dieu » [I Petr., 2, 16].
« Dieu est esprit ; là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » [II Cor. 3, 17].
« Ils leur promettent la liberté alors qu’ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption car on est esclave de celui par qui on a été vaincu » [II Petr. 2, 19].
« mais à cause de faux frères qui se sont introduits en cachette pour explorer la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, et nous réduire en servitude » [Gal. 2, 4].
« C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas fils de l’esclave, mais de la femme libre, par cette liberté avec laquelle nous a libéré le Christ » [Gal. 4, 31] .
« Frères, vous êtes appelés à la liberté ; ayez soin seulement que cette liberté ne vous soit point une occasion de vivre selon la chair ; mais assujettissez-vous les uns aux autres par l’esprit de charité » [Gal. 5, 13].
« Mais celui-là qui médite la loi parfaite, la loi de liberté, et qui s’y attache, n’écoutant pas seulement pour oublier aussitôt, mais pratiquant ce qu’il écoute, celui-là sera heureux dans se oeuvres ». [Jac. 1, 25].
Et donc montre la liberté comme la faculté de faire le bien. La possibilité du mal n’étant que la déficience de la liberté créée.
Le pape Léon XIII nous dit en effet dans son Encyclique
Libertas que :
« Une liberté confondue et indistincte des religions ne peut jamais être demandée, défendue, accordée, pensée, écrite, enseignée, comme autant de droits que la nature aurait donné à l’homme. Car si la nature l’avait vraiment donnée, il y aurait le droit de refuser l’ordre de Dieu, et la liberté humaine ne pourrait être tempérée par aucune loi. – De la même manière, il suit, que ces genres de liberté peuvent cependant, s’il y a de justes motifs, être tolérés, en gardant toutefois la modération pour ne pas qu’elles dégénèrent en tyrannie et insolence ».
“Itaque ex dictis consequitur, nequaquam licere petere, defendere, largiri cogitandi, scribendi, docendi, itemque promiscuam religionum libertatem, veluti iura totidem, quae homini nature dederit. Nam si vere natura dedisset, imperium Dei detrectari ius esset, nec ulla temperari lege libertas humana posset. – Similiter consequitur, ista genera libertatis posse quidem, si justae causae sint, tolerari, definita tamen moderatione, ne in libidinem atque insolentiam degenerent”. [DB1932]
Ce que dit aussi le pape St Pie X dans son
Catéchisme de 1912 :
« 64 – Comment l’homme est-il libre ?
L’homme est libre en ce qu’il peut faire une chose et ne pas la faire, ou en faire une plutôt qu’une autre, comme nous en avons bien conscience en nous-mêmes.
65 – Si l’homme est libre, peut-il faire aussi le mal ?
L’homme peut faire même le mal, en ce sens qu’il en est capable ; mais il ne doit pas le faire, précisément parce que c’est mal ; la liberté ne doit servir qu’au seul bien ».
Le
Compendium, quant à lui, commence par affirmer :
« 363. Qu’est-ce que la liberté ?
C’est le pouvoir donné par Dieu à l’homme d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi soi-même des actions délibérées. La liberté caractérise les actes proprement humains. Plus on fait le bien, et plus on devient libre. La liberté tend à sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre bien suprême et notre béatitude. La liberté implique aussi la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Le choix du mal est un abus de notre liberté, qui conduit à l’esclavage du péché ».
Fort bien.
Mais pourquoi donc dit-il ensuite :
« 365. Pourquoi tout homme a-t-il le droit d’exercer sa liberté ?
À tout homme appartient le droit d’exercer sa liberté, car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Un tel droit doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Il doit être civilement reconnu et protégé, dans les limites du bien commun et de l’ordre public juste ».
Quand Léon XIII a enseigné dans son Encyclique
Immortale Dei que :
« La liberté, cet élément de perfection pour l’homme, doit s’appliquer à ce qui est vrai et ce qui est bon. Or, l’essence du bien et de la vérité ne peut changer au gré de l’homme, mais elle demeure toujours la même, et non moins que la nature des choses, elle reste immuable. Si l’intelligence adhère à des idées fausses, si la volonté choisit le mal et s’y attache, ni l’une ni l’autre n’atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent ». [Enseignements Pontificaux édités par les moines de Solesmes, vol. La Paix intérieure des Nations : 149]
Qu’avez-vous fait de Léon XIII ?
Abbé J.-E. de Guillebon de Resnes