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Messe sans Consécration autorisée par Benoît XVI par John DALY (2005-11-13 21:37:30) Imprimer



Rome, le 20 juillet 2001, sont promulguées les Normes pour l’admission à l’eucharistie entre l’église chaldéenne et l’église assyrienne de l’est. Ce document émane du Conseil Pontifical pour l’Unité Chrétienne agissant de concert avec la Congrégation pour le Doctrine de la Foi (sous Josef Ratzinger) et la Congrégation pour les Églises Orientales. En effet on entend par l’église assyrienne de l’est une secte schismatique et hérétique (nestorienne) et par l’église chaldéenne on entend les catholiques (conciliaires) de la région et du patriarcat occupant le même pays (l’Iraq). Il s’agit d’une autorisation d’intercommunion entre ces deux « églises ». Le motif serait que les catholiques de la région n’ont plus assez de prêtres de leur rite et que plutôt que d’aller à une messe catholique dans un rite différent, on voudrait qu’ils aillent chez les dissidents, par un acte qui avant Vatican II était noté dans tous les catéchismes comme un péché contre le premier commandement.
Peu après, le même conseil donna au monde un document concernant l’admission à l’eucharistie dans des situations de nécessité pastorale.
Pour tout résumer en peu de mots il est autorisé que les catholiques assistent à la messe des dissidents et qu’ils y reçoivent la sainte communion.

Pourtant le document mentionne deux difficultés : 1. L’église assyrienne est nestorienne, niant l’unité de personne en Notre-Seigneur ; 2. Elle emploie régulièrement une liturgie de la messe qui ne contient pas de formule de consécration.

On aurait pu penser ces difficultés insurmontables même pour les enfants de Vatican II, mais pas du tout.

A la première on répond que par la “Common Christological Declaration”, signée en 1994 par Jean-paul II et par le Patriarche (nestorien) Mar Dinkha IV, le principal problème dogmatique entre l’Église catholique et l’église assyrienne fut résolu. On ne mentionne pas que cet accord ne contient pas le terme “union hypostatique” par lequel l’Église contrôle la pureté de la foi contre l’hérésie nestorienne.

La deuxième difficulté mérite une discussion plus détaillée. Je n’ai que le texte anglais, mais voici quelques extraits / résumé :

« La principale difficulté qui retenait l’Église catholique de consentir à cette demande concernait la question de la validité de l’Eucharistie selon l’Anaphore d’Addai et Mari… Cette anaphore est remarquable dans la mesure où de temps immémorial on l’utilise sans récitation de la narration de l’institution [c'est-à-dire sans consécration]. »

On entreprit donc une étude longue, profonde et soignée de cette liturgie - étude qui aboutit à la conclusion de sa validité ! (« Cette anaphore peut être considérée comme valide. ») Et pour nous rassurer, « cette décision a été approuvée par sa sainteté Jean-Paul II ». Ouf !

On nous donne aussi les motifs de cette décision.

1. Cette liturgie est ancienne, rédigée dans l’intention de célébrer l’eucharistie, et sa validité n’a jamais été « officiellement contestée ».
2. Depuis Vatican II on considère l’Église assyrienne comme étant « une vrai église particulière » ayant la foi orthodoxe et la succession apostolique avec de valides sacrements.
3. Les paroles de l’institution [= consécration] sont en effet présentes dans cette anaphore bien que ce ne soit pas sous la forme d’une narration cohérente et « ad litteram » mais plutôt d’une façon dispersée…intégrée en des prières successives d’action de grâce, de louange et d’intercession.

J’observe, quant au premier argument, que cet argument est purement négatif et ne prouve rien. L’Église n’a jamais entrepris d’évaluer la validité ou l’invalidité de toutes les sectes hérétiques. Quant au deuxième, nous partons de Vatican II comme point de départ et encore la présence de certains sacrements valides en cette secte n’assure pas du tout que tous>/I>leurs sacrements soient valides. Et avec le troisième…il s’ensuivrait qu’un roman de Balzac pourrait devenir une formule valide de baptême ou de la messe à condition que par un heureux hasard les paroles essentielles s’y trouvent. Par exemple si le mot « je » se trouve dans le premier chapitre, le mot « baptise » dans le deuxième, le mot « esprit » dans le troisième, etc., on finirait par y trouver une formule de baptême. On a envie de rire devant une telle pseudo-théologie visant d’arriver à la conclusion manifestement absurde qu’il puisse y avoir une messe valide sans consécration.

Apparemment le conseil ne restait pas entièrement satisfait de son propre raisonnement car il ajoute que si les prêtres « Assyriens » (schismatiques) célèbrent dans la présence de fidèles « chaldéens » (catholiques), ils sont « chaleureusement invités à insérer les paroles de l’institution ». Quelle consolation !

Ne conviendrait-il pas que les clowns responsables de ce galimatias soient « chaleureusement invités » à retourner à la foi catholique ?

JD


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images/icones/vatican.gif  Messe sans Consécration autorisée par Benoît X [...] par John DALY (2005-11-13 21:37:30)