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Réponse aux 3 questions de Ion par Petrus (2005-05-03 11:36:12) Imprimer

Mon Cher Ion,

En ce qui concerne le début de la vacance du Saint-Siège, le docte abbé Belmont vous a, je crois, déjà répondu. D’aucun, majoritaires, parmi lesquels je me range considèrent que le Siège de Pierre est vacant depuis la mort de Pie XII, le 9 octobre 1958. D’autres considèrent qu’il est vacant depuis la mort de Jean XXIII le 3 juin 1963. D’autres encore considèrent qu’il est vacant depuis la publication de l’encyclique Pacem in terris le 11 avril 1963, puisque ce texte défend le principe de la liberté religieuse. D’autres enfin affirment qu’il n’y a plus de pape depuis la promulgation par Paul VI de Vatican II le 7 décembre 1965. En toutes hypothèses, tous les sédévacantistes se rejoignent sur le fait qu’au plus tard le 7 décembre 1965, il n’y a plus de vrai pape. Car un vrai pape ne peut promulguer un concile œcuménique qui contienne des erreurs ou des hérésies.

Pour ce qui a trait à votre deuxième question relative à la disparition du sacerdoce et de l’épiscopat, il est certain qu’à partir du moment où, comme nous, nous croyons en l’invalidité des nouveaux rites sacramentels, la question de la disparition du sacerdoce et de l’épiscopat dans les décennies qui vient n’est pas purement théorique. D’où l’idée que j’ai déjà développée, mais moins brillamment que l’abbé Zins, que nous sommes dans la période de la fin du monde, période où l’Église apparaîtra apparemment comme vaincue. Pour répondre à la question épineuse de la visibilité et de l’indéfectibilité de l’Église à la fin du monde, je crois utile de citer Dom Gaspar Lefebvre qui explique que la vie de l’Église reproduit analogiquement celle du Christ. Dans son Missel quotidien pour les fidèles (1922, p. 997), comme « exposé historique » du temps après la Pentecôte, il écrit :

« Depuis les fêtes de la Pentecôte où elle prit naissance, l’Église reproduit au cours des siècles toute la vie du Christ dont elle est le corps mystique.
« Jésus, dès son enfance, est persécuté et doit fuir en Egypte tandis qu’on massacre les Saints Innocents.
« L’Église, durant quatre siècles, subit les plus violentes persécutions et doit se cacher dans les catacombes et dans le désert.
« Jésus adolescent se retire à Nazareth et passe les plus longues années de sa vie dans le recueillement et la prière. Et l’Église à partir de Constantin connaît une longue ère de paix. Partout surgissent des cathédrales et des abbayes où résonne la louange divine, et où évêques et abbés, prêtres et religieux s’opposent, par l’étude et un zèle infatigable, à l’envahissement de l’hérésie.
« Jésus, le divin missionnaire envoyé par le Père dans les régions lointains de cette terre, commence à trente ans sa vie d’apostolat. Et l’Église, à partir du seizième siècle, doit résister aux assauts du paganisme renaissant, et répandre dans les parties du globe récemment découvertes l’Évangile du Christ. Et de son sein surgissent sans cesse des milices nouvelles et de nombreuses légions de missionnaires qu’elle envoie annoncer la bonne nouvelle par le monde entier.
« Enfin, jésus termine sa vie par le sacrifice du Golgotha bientôt suivi du triomphe de sa résurrection. Et l’Église, à la fin des temps comme son divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue, mais ce sera elle qui remportera la victoire. « Le corps du Christ qui est l’Église, à l’instar du corps humain, fut d’abord jeune, et voilà qu’à la fin du monde il aura une apparence de caducité », dit Saint Augustin (in Ps. 26). »

Si, à la fin des temps, l’Église était en ordre, avec une hiérarchie légitime, gardienne de l’orthodoxie doctrinale et administrant des sacrements valides et licites, l’explication de saint Augustin, développée par Dom G. Lefebvre, n’aurait guère de sens.

Enfin, concernant votre troisième question relative à l’apostolat, nous ne nions pas une certaine stérilité de nos efforts (à vue humaine, s’entend) ce qui est logique à l’heure de l’éclipse de l’Église. Tout ce que nous pouvons faire, c’est exposer notre position en espérant qu’elle fera réfléchir. Il s’agit actuellement de survivre dans les ruines qui nous entourent, d’être fidèle au dépôt de la Foi et à presque vingt siècles d’Église. Dans le sauve-qui-peut général, il reste qu’il faut plus jamais faire confiance à la Providence. Le Bon Dieu a toutes les solutions, et je crois que dès qu’il s’agit d’avenir, il faut faire preuve d’une grande prudence et d’une grande humilité intellectuelle. Même s’il n’est pas interdit d’avoir des opinions.

Mon cher Ion, j’espère cette fois avoir répondu à vos attentes légitimes. Je ne puis en tout cas rien vous dire de plus consolant.

Cordialement.

Petrus.
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