Petites réponses à Olo, JP Parfu et Kamate, par M. l'Abbé V.M. Zins :
1) A Olo :
a) Le texte tiré du CEC marque une contradition de plus entre les "conciliaires" entre eux et avec eux-mêmes.
b) Voici le texte de Karol Wojtyla, "N'ayez pas peur", p. 111 : " (L'Eglise) a rompu désormais (!) avec la célèbre formule (?) "Hors de l'Eglise, point de salut", qui n'était d'ailleurs pas si terrible, nul ne connaissant les limites de l'Eglise."
c) Que veut dire K. Wojtyla par là ? D'autres textes le montrent clairement. Citons-en seulement trois ici :
d) " La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif dans le Christ Jésus, l'Epoux qui aime et se donne comme Sauveur de l'Humanité, l'unissant à lui comme son corps." (JP 2, Exhortation apost. Familiaris consortio n°13, 22/11/1981). Donc, pour lui, l'Humanité est le Corps du Christ, autrement dit l'Humanité et l'Eglise ne font qu'un ! D'autres textes cités en mon "grand Catalogue" vont dans le même sens, notamment les suivants :
e) " L'incarnation du Dieu-Fils signifie que la nature humaine est élevée à l'unité de Dieu, mais aussi en elle, en un sens, tout ce qui est "chair", toute l'humanité, tout le monde visible et matériel." (JP 2, Dives in misericordia, n°50,4). C'est du Panthéisme ! D'où le sens profond des embrassades par JP 2 de la terre, la "materia matrix".
f) " Désormais et toujours, sans regret et sans retour, Dieu sera avec toute l'humanité, devenu un avec elle..." (JP 2, Allocution à l'audience générale du 25/3/1981, OR 31/03/1981, p.12) Que voulez-vous de plus opposé à toute la Révélation !?
g) Olo ne doit pas me confondre avec les "Fineyistes" condamnés par Pie XII, le texte de Pie IX m'est tellement connu qu'il a été cité, au milieu de tant d'autres textes pontificaux, en mon grand Catalogue, au n° 293d, p. 243.
2) A JP Parfu :
a) Le début de votre intervention opère un glissement habituel entre deux cas essentiellement différents, celui de pécheurs publics et celui de public hérétique, schismatique ou apostat. Un texte du Pape Pie XII, de vénérable mémoire, suffira à préciser les conséquences essentiellement différentes qui découle de ces deux cas :
b) « Ne sont comptés parmi les membres de l'Eglise que ceux qui ont reçu le Baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui ne se sont pas malheureusement séparés eux-mêmes de l'unité du Corps ou n'en ont pas été retranchés pour des péchés très graves par l'autorité légitime... C'est pourquoi ceux qui se séparent d'eux-mêmes en la foi ou du gouvernement ne sauraient vivre dans l'unité de ce même Corps et de ce même Esprit divin... Cependant, toute faute grave ne sépare pas de par sa nature (suapte natura) - comme le font le schisme, ou l'hérésie ou l'apostasie - un tel homme coupable du Corps de l'Eglise...» (Pie XII, Enc. Mystici Corporis, 29/7/1943)
c) La fin de votre intervention vous met sur la bonne voie, en laquelle Notre Dame vous obtienne d'être confirmé par l'Esprit-Saint, en comparant à juste titre la Passion de Notre divin Sauveur avec celle que traverse actuellement son Corps Mystique l'Eglise.
3) A Kamate :
a) Parfaitement d'accord avec le début de votre discours. Les sacrements donnés contre la volonté des autorités légitimes, ainsi que la prédication et le reste, est le propre des Protestants. Vous trouverez toute une mine de citations en ce sens dans les Docteurs de la Contre-Réforme comme Saint Pierre Canisius, Saint Robert Bellarmin, etc. Pour oeuvrer légitimement, il faut de soi être "missus".
b) Mais, précisément, en de multiples cas particuliers, surtout d'urgence, l'Eglise délègue une juridiction "ad actum" à ceux qui n'en ont pas "ex officio", ce qui relève de la suppléance, à condition que l'on puisse légitimement présumée de l'autorisation du supérieur si l'on pouvait le joindre (doctrine de l'épikie : voir Saint Thomas, 1.2. 96,6 ; 2.2. 60,5 ad 2 ; 147,4). Ce qui n'est évidemment pas possible, si ce n'est pour les derniers sacrements, auprès de publics hérétiques ou schismatiques.
c) "Sans régulation la vie chrétienne est impossible" : nego ; très difficile : concedo. De multiples cas, parmi les Pères du désert, ermites, communautés chrétiennes isolées sans Prêtres (3 siècles, au Japon, une décade sous la Révolution en France, plus longtemps lors des persécutions en Angleterre et ailleurs) démontrent le contraire.
d) Voici un magnifique texte à ce sujet, offert à votre méditation : « Dieu a voulu nous montrer dans les Patriarches, dès les origines du monde, les prodiges que peut réaliser sa grâce, et comment elle a suffi, en plein pays païen, alors qu'il n'y avait sur la terre ni Evangile, ni Eglise, ni prédications, ni Sacrements, à conduire ceux qui lui furent fidèles, jusqu'aux plus hautes cimes de la sainteté. C'est un exemple sur lequel tout homme sensé doit réfléchir, pour comprendre que, quelles que soient les conditions dans lesquelles il est appelé à vivre, il peut lui aussi, s'il le veut, s'élever jusqu'à la perfection.» (Don de Monléon, Les Patriarches, Ed. La Source, 1953, p.13 ; cf.a. 66.c - 68.c ; 701d ; 713df - 714d)
4) Réponse sera faite par la suite à la très intéressante question soulevée par Eti Lène, déjà traitée en détails dans le n° 79 de "Sub Tuum Praesidium", après une pose pour un nécessaire repos, car ma nuit a été très courte.
A bientôt, salutations à tous les lecteurs.
Abbé V.M. Zins
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