On se gargarise du “catéchisme de toujours”, de “l’enseignement de toujours”, de la “doctrine de toujours” qu’on a su conserver et transmettre. On se félicite, on s’encense, car notre oeuvre connaît une certaine réussite terrestre.
Son fondateur est illuminé par le Saint-Esprit, et nous sommes bénis de Dieu... voyez nos séminaires, nos chapelles, nos écoles ! Nous sommes un modèle pour l’Eglise(1).
A ce compte, les Témoins de Jéhova ou les Mormons sont beaucoup plus aimés de Dieu, et leurs fondateurs biens plus éclairés : leur réussite terrestre est incomparablement plus éclatante ; s’étendant sur tous les continents, ils comptent des millions de fidèles.
Mais où a-t-on vu qu’il était permis de désobéir au Souverain Pontife ? Où a-t-on vu qu’il était permis de sacrer des évêques au nez et à la barbe de celui qu’on reconnaît pour pape ? Où a-t-on vu que l’Eglise catholique pouvait instituer de mauvais sacrements, nuisibles à la Foi ? Où a-t-on vu que l’Eglise, son Chef, pouvait défaillir, et gravement défaillir, dans l’enseignement des vérités révélées ?
Cruelle eût été l’Eglise, si elle avait omis de nous enseigner les limites précises de l’obéissance due à l’Eglise et à son Chef ; cruelle encore, si elle avait omis de nous enseigner les domaines pour lesquels Elle a la promesse de l’assistance divine ; plus cruelle encore, si Elle, l'Epouse du Christe, pouvait promulguer des sacrements qui feraient perdre la Foi
Oui, vous faites de l’Eglise une mère cruelle, ce qui est affreusement blasphématoire. Et en blasphémant cette mère, vous blasphémez Son Divin Époux.
Cependant, l’Eglise nous a enseigner sur ces questions. “Il est absolument nécessaire à toute créature humaine d’être soumis au Souverain Pontife” (Boniface VIII). Et le Pape ne peut errer dans les matières de Foi et de mœurs, et ne peut promulguer de mauvaises lois ou disciplines.
Pour justifier votre position, vous vous voyez contraint de réchauffer les vieux poncifs des jansénistes et des gallican(3) sur les papes prétendument tombés dans l’hérésies ! ô vilaine besogne ! Vous mépriser le Magistère, qui nous enseigne pourtant si bien sur la nécessité d’être soumis au Souverain Pontife, et sur l’infaillibilité du Pape, et de l’Eglise. Vous êtes contraint de tout relativiser, minimiser, détourner, interpréter faussement.
Un ami conciliaire (passé par le lefebvrisme) me disait : le protestantisme, c’est le magistère sans la tradition. Le lefebvrisme, c’est la Tradition sans le magistère.
Si donc il est permis de désobéir au pape, de ne pas célébrer sa messe (2) ; de passer au crible tous les documents émanant du Saint-Siège, dressant une colonne de ce qu’on peut garder, et une de ce qu’on doit jeter, pourquoi Notre-Seigneur aurait-il institué l’Eglise catholique, et aurait promis à son Chef, et aux évêques en communion avec lui, l’assistance Divine, puisque la FSSPX est bien plus capable, dans l’enseignement des vérités révélées ?
Ensuite, en tant que simple fidèle, pourquoi devrais-je avoir plus confiance en un Mgr Fellay et en la FSSPX, qu’en celui qu’ils reconnaissent pour Chef de l’Eglise ?
Voilà déjà quelques questions auxquelles il serait intéressant que les partisans du lefebvrisme répondent.
Bien sûr, je ne prétends pas rayer d’un trait de plume le problème par ces quelques observations qui me paraissent relever du bon sens de la Foi. Cependant, le catéchisme apporte déjà de larges réponses aux problèmes soulevés sur ce Forum.
(1) L’abbé de Cacqueray l’a encore rappelé il y a quelques jours sur Radio Courtoisie.
(2) ce qui est absolument inimaginable, puisque la messe basse du prêtre est la messe du pape moins développée. Les messes célébrées par les prêtres de la FSSPX ne sont donc pas des messes papales moins développées, mais d’autres messes. C’est ce qu’on appel “dresser l’autel contre l’autel.” (si l'on considère, comme à la FSSPX, que la “nouvelle messe” est valide)
(3) Lire à ce sujet le “Dogme de l’Infaillibilité” de Mgr de Ségur. Il rappel la façon dont s’est déroulé le Concile du Vatican, et résume les arguments des détracteurs de la promulgation du dogme. C’est saisissant ! Les lefebvristes sont en quelque sorte des émules des jansénistes et des gallicans du siècle dernier. |