Vous écrivez :
"J'imagine que, conformément à l'esprit du temps et à l'esprit de Vatican II, vous lisez ceci comme "si les Bouddhistes sont libres, les Cathos doivent l'être aussi" c'est ça ? Moi, je soutiens qu'un évêque catholique de 1965 ne peut lire que "si les Dominicains ont certains privilèges, les Jésuites y ont droit aussi"."
Si vous aviez pris le temps de lire et d'essayer de comprendre ce que j'ai posté plus haut, j'ose croire vous ne m'imputeriez pas une lecture aussi "réductrice" de "Dignitatis humanae"...
Etre "contre", ce n'est pas nécessairement être "contre" n'importe comment. Merci de bien vouloir en prendre note.
Pour ce qui est de la lecture des actes de Vatican II, rassurez-vous, je ne vous ai pas attendu pour en faire une lecture régulière.
Excusez-moi de vous avoir répondu sans avoir pris le temps d'examiner le message où vous récusiez Jean-Paul II.
Il n'en demeure pas moins (si j'ose dire) que votre lecture de "Dignitatis humanae" - la liberté religieuse pour la seule religion catholique - est pour le moins originale sinon hallucinante.
Vous récusez l'interprétation de Jean-Paul II... Récuserez-vous aussi les explications de Mgr De Smedt, rapporteur officiel de la commission chargée par les pères conciliaires de l'élaboration de "Dignitatis humanae" ?
"Dans notre société pluraliste, les hommes de coeur veulent conserver ou restaurer la paix religieuse. Et maintenant ils demandent à l'Eglise ce qu'elle pense de la manière selon laquelle ils veulent, pour leur part, ordonner la vie séculière. Ils ont institué ou exigent d'instituer un régime dans lequel aucun homme, aucune communauté religieuse, ne peut être objet de coercition dans le domaine sacré de la religion."
(Acta, vol. III, pars. VIII, p. 450)
Le "monde" entend par "liberté religieuse" la liberté de culte pour toutes les confessions - dans les limites du respect de l'ordre public. Les pères conciliaires ont-ils entendu cette "liberté religieuse" autrement (ce qui serait manifestement le cas si par "liberté religieuse" il fallait se contenter d'entendre la liberté de culte de la seule religion catholique) ?
Mgr De Smedt :
"Ne doit-on pas observer que la liberté religieuse est un terme qui a acquis, dans un vocabulaire contemporain, une signification moderne et bien déterminée ? Dans ce concile pastoral, l'Eglise entend dire ce qu'elle pense de cette chose que les communions ecclésiales, les gouvernements, les institutions, les publicistes, les experts en droit de notre temps désignent par ce vocable. Si nous dirigeons notre parole vers la société moderne, nous devons utiliser sa manière de parler."
(Acta, vol. III, pars II, p. 349).
Cordialement
N.M.
|