Cher Réginald,
Dans un de vos récents posts, qui est comme d’habitude courtois et de haute tenue intellectuelle, vous évoquez le travail de la « Commission théologique réunie par le Pape Pie IX (…) pour préparer les travaux du Concile Vatican I », et plus particulièrement son « Schème De Ecclesia ».
Vous écrivez : « Bien que ce schéma ne constitue pas un texte magistériel, il offre un grand intérêt dans la mesure où il ne s’agit pas de l’opinion d’un auteur isolé, mais de la pensée unanime de théologiens confirmés et autorisés qui exposent pacifiquement la doctrine commune de l’Eglise. »
Je ne conteste certes pas l’intérêt que peut avoir ce travail. Mais comme l’a souligné (avec raison) le brillant John Daly (qui vous répondra peut-être sur la question), avant d’être approuvés, les autres écrits préparatoires ont été radicalement révisés à la lumière des débats qui eurent lieu durant le Concile (voy. J. Daly, « Michael Davies, an evaluation », 1989, p. 90). Par conséquent, l’on ne peut absolument pas présumer de ce que le Concile aurait finalement approuvé s’il avait pu aller au terme de ses travaux. Puisque ce schéma n’est pas un acte magistériel, il ne représente que l’opinion, certes respectable, des théologiens qui l’ont rédigé.
Pour vous, l’interruption du Concile Vatican I est regrettable. Vous écrivez : « Malheureusement, on le sait, le Concile avait dû interrompre ses travaux, à la suite de la déclaration de la guerre de 1870. » De son côté, J. Daly se demande s’il ne faut pas voir dans l’intervention de cette guerre le doigt de la Providence divine qui aurait empêché, par une intervention extérieure, la promulgation de quoi que ce fût qui eut pu être en contradiction avec l’orthodoxie catholique (Ibid., p. 90). N’oublions pas qu’il est de Foi que Dieu veut ou permet tout ce qui se passe ici-bas.
En conséquence, on ne peut faire sienne votre conclusion selon laquelle : « Ce texte est donc une preuve supplémentaire que l’opinion des sédévacantistes qui ont affirmé ici qu’à la fin des temps l’Eglise n’aurait plus de magistère vivant ni de Pape ne tient pas la route car elle s’oppose formellement au dogme de l’indéfectibilité ».
Amicalement.
Petrus.
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