Nouveau message | Retour à la liste des messages
moins de 2 heures moins de 2 heures moins de 24 heures moins de 24 heures  
-> Messages récents
Afficher la discussion

Eclipse de l'Eglise et fin du monde par Petrus (2005-05-02 22:17:11) Imprimer

Cher Ion, cher Vivele christroi, votre question sur l'interruption de la succession apostolique est en effet fondamentale et mérite réponse. Car comme le dit fort justement Kamate mieux vaudrait parler d'ecclesiavacantisme ou d'éclipse de l'Eglise que de sédévacantisme car au-delà de la question du pape, évidemment essentielle, c'est l'ensemble de la hiérarchie ecclésiastique qui a failli et qui est donc déchue. Si, comme vous le soutenez, il n’y en a plus aujourd’hui de hiérarchie, il est logique de penser qu'il n’y en aura jamais plus, puisqu’elle ne pourra pas se reformer ex nihilo. Dès lors, qu’adviendra-t-il lorsque les derniers prêtres seront morts et que les fidèles n’auront plus rien : ni églises, ni direction spirituelle, ni sacrements ? Comment, ce jour-là, pourra-t-on encore prétendre que “les portes de l’Enfer” n’auront pas prévalu ? » Je reconnais sans peine que cet argument est très fort.

Se rappeler l’histoire des Apôtres

Mais c’est précisément ici qu’il faut s’en remettre humblement à la Providence et faire confiance à Dieu, sans vouloir à tout prix trouver de solution humaine immédiate ou à court terme. Pour ne pas désespérer, outre la prière, il y a lieu de se souvenir non seulement de Job qui s’écria : « Je sais que Tu peux tout, et que pour Toi aucun dessein n’est irréalisable » (Job, XLII, 1) mais aussi des Apôtres lors de la Passion. Qu’ont-ils pensé pendant les trois jours où le Christ était au tombeau ? Ils croyaient que tout était fini, ce qui se comprend aisément, car à vue humaine, il n’y avait plus de solution. Voilà pourquoi lorsque les saintes femmes, qui avaient été mises au courant de la Résurrection par un ange, allèrent l’annoncer, les Apôtres refusèrent tout d’abord de les croire : « ces paroles leur parurent être pure divagation, et ils ne les crurent pas », raconte Saint Luc (Luc, XXIV, 11). Seuls Pierre et Jean allèrent voir au tombeau (Jean, XX, 3). Et si, ne trouvant plus le corps du crucifié, celui-ci crut (Jean, XX, 8), celui-là « retourna chez lui, tout en s’étonnant de ce qui était arrivé » (Luc, XXIV, 12). Le même jour, Jésus apparut à deux disciples qui avaient quitté Jérusalem. Ils ne le reconnurent point et lui dirent, après lui avoir raconté la Passion : « Nous autres, nous avions l’espoir qu’il était celui qui délivrerait Israël » (Luc, XXIV, 21). Preuve qu’ils croyaient le Christ définitivement mort et l’aventure irrémédiablement terminée. Et que dire de Thomas qui, plus tard, déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains l’emprunte des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la place des clous et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas » (Jean, XX, 25) ?

L’Église reproduit la vie du Christ

Or, il faut savoir que, comme l’explique Dom Gaspar Lefebvre, « l’Église reproduit au cours des siècles la vie du Christ » [Voy. Dom G. Lefebvre, Missel quotidien pour les fidèles, (1922), p. 997.]. On en déduit que, pendant une courte période avant son triomphe, elle sera mise au tombeau et paraîtra définitivement vaincue. A ce sujet, Dom G. Lefebvre est très clair. Il écrit : « Jésus termine sa vie par le sacrifice du Golgotha bientôt suivi du triomphe de sa résurrection. Et l’Église, à la fin des temps comme son divin Chef sur le croix, paraîtra vaincue, mais ce sera elle qui remportera la victoire ».
Par conséquent, nous revivons — sur un autre plan — ce que les Apôtres ont vécu voilà 2 000 ans. Mais ne perdons pas espoir, car à leur différence, nous avons été clairement prévenus, et pas seulement par Dom G. Lefebvre.




Le « Mystère d’iniquité »

Dans sa deuxième Épître au Thessaloniciens, Paul avait tenu à rassurer ses contemporains au sujet du « Jour du Seigneur » (comprenez : de la fin des temps et du Jugement) qui, contrairement à ce qu’affirmaient certaines rumeurs, n’était pas imminent. Il a écrit : « il faut d’abord que soit venue l’apostasie et que soit apparu l’homme d’iniquité » (II Thes., II, 3). Comment ne pas en déduire que la venue de l’Antéchrist (« l’homme d’iniquité ») sera précédée d’une perte générale de la Foi, même au sein de l’Église (« l’apostasie ») ? D’ailleurs, qu’a dit le Christ à ses Apôtres ? « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc, XVIII, 8). Et qu’a dit Notre Dame à La Salette en 1846 ? « Rome perdra la foi, et deviendra le siège de l’Antéchrist ». Autant de propos qui n’auraient aucun sens si l’Église ne devait pas être éclipsée aux temps de la fin, c’est-à-dire ne plus avoir de hiérarchie visible.
Alors certes, tout cela semble contredire les paroles du Christ à Pierre : « Tu est Pierre et c’est sur cette pierre que je bâtirai mon Église, et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matt., XVI, 18). Mais il y a là un mystère, c’est-à-dire une vérité qui dépasse la raison et que l’on doit admettre. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Saint-Paul. Dans son Épître susmentionnée, il dit à propos de l’Antéchrist : « vous savez ce qui fait obstacle, pour qu’il se manifeste [seulement] à son heure. Déjà, un mystère d’iniquité est en action. Que seulement disparaisse celui qui fait obstacle présentement, et alors se manifestera l’Inique, que le Seigneur Jésus fera disparaître par le souffle de sa bouche et qu’il anéantira par l’éclat de sa venue » (II Thess., II, 6-8). C’est ce « mystère d’iniquité » que nous vivons aujourd’hui.

La raison peut être satisfaite

Peut-être me répondrez-vous qu’il est facile d’invoquer un « mystère » pour écarter d’un revers de la manche une contradiction insurmontable. Alors je vais aller plus loin pour vous démontrer que, dans une certaine mesure, la raison peut être satisfaite. Qu’est-ce qui avait enchaîné la puissance diabolique, mettant ainsi un obstacle à la manifestation de l’Antéchrist ? C’est le Saint Sacrifice du Christ sur la Croix sans lequel l’Église n’aurait pu être constituée. Or, il est intéressant de noter :
a) qu’immédiatement après avoir dit à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église », le Christ déclara : « Je te donnerai les clés du royaume des cieux » (Matt., XVI, 19). C’est le « pouvoir des clés » qui a été octroyé au pape et, par son intermédiaire, à la hiérarchie catholique ;
b) il a été donné à l’Église de prolonger les effets du Saint Sacrifice de la Croix par le biais de la Saint Messe.
On en déduit que le « mystère d’iniquité » (qui était déjà en action du temps de Saint Paul) ne pourrait se réaliser tant qu’il existerait un successeur légitime de Pierre — successeur auquel serait transmis le pouvoir des clés — et tant que des messes (sous-entendu : des messes valides et licites) seraient dites dans le monde. Par conséquent, la réalisation de ce mystère nécessite l’éclipse de l’Église dans les derniers temps.
Et de fait, non seulement la cessation du Sacrifice de la Messe, mais aussi la disparition du pouvoir des clés ont été annoncées par le prophète Daniel. Au chapitre 12 de son livre, celui-ci parle des temps de la fin, notamment avec une référence explicite à la résurrection et au jugement (« Et beaucoup de ceux qui dorment dans la terre qui est poussière se réveilleront, les unes pour une vie éternelle, les autres pour la honte, pour la réprobation éternelle » ; Dan., XII, 2). A présent, voici ce qu’il déclare au verset 11 : « Depuis le temps où sera aboli le sacrifice perpétuel, et où sera établie l’abomination dévastatrice, il y aura 1 290 jours. Heureux celui qui restera en attente et arrivera jusqu’à 1 335 jours » (Dan., XII, 11). Dans son livre La Parousie, le Cardinal Billot a écrit à propos de ce verset : « Le sacrifice perpétuel dont il s’agit ici, est […] le Sacrifice de la Nouvelle Alliance […]. C’est, en un mot, le Sacrifice de nos autels qui alors, en ces terribles jours, sera partout proscrit, partout interdit, sauf ce qui pourra se faire dans l’ombre souterraine des catacombes, partout interrompu » [Cité par l’Abbé Zins dans son mensuel Sub Tuum Præsidum, n° 23, octobre 1990, p. 23.]. Daniel annonce donc clairement que la Sainte Messe sera abolie avant la venue de l’Antéchrist (d’où l’on en conclut que plus aucune messe valide et/ou de licite ne sera dite dans des temples publics ou oratoires semi-publics).
Citons également Dom Guéranger qui, dans son Explication de la Sainte Messe, écrit : « C’est là le commencement de ce qui arrivera lorsque le diable et ses suppôts, déchaînés par toute la terre, y mettront le trouble et la désolation, ainsi que Daniel nous en avertir. A force d’empêcher les ordinations et de faire mourir les prêtres, le diable empêchera enfin la célébration du grand sacrifice, alors viendront les jours de malheur… » [Id]. Ce que Dom Guéranger avait prévu arrive aujourd’hui, même si les modalités ne sont pas celles entrevues par l’auteur. Mais tout de même : le diable est parvenu à empêcher les ordinations en faisant modifier le sacrement d’Ordre de manière à le rendre invalide (voy. plus haut). Quant aux prêtres, il les a fait mourir spirituellement en les faisant adhérer à la « fausse église » (dixit Mgr Lefebvre) de Vatican II. D’où l’abolition quasi-totale de la Sainte Messe.
Quant au pouvoir des clés, sa disparition est annoncée implicitement au verset 12, lorsque, dans sa vision, Daniel entend un homme qui lance : « quand on aura achevé de briser la force du peuple saint, s’achèveront toutes ces choses » (Dan., XII, 7). D’après le contexte, « toutes ces choses » sont les étapes du « mystère d’iniquité ». Quant à la « force du peuple saint », comment ne pas y voir le pouvoir des clés octroyé au Pape et, par son intermédiaire, à la hiérarchie catholique ?
Ces constatations sont capitales, car tant qu’un pape et qu’une hiérarchie légitimes existaient, il n’y avait aucune raison que Dieu leur retirât ce pouvoir et permit l’abolition de la Sainte Messe. Dès lors, la conclusion s’impose nette : l’argument fondé sur l’indéfectibilité de l’Église ne réduit pas à néant l’affirmation de la vacance du Siège apostolique et la disparition de la hiérarchie catholique dans les derniers temps. Car c’est oublier le « mystère d’iniquité » et ses nécessités que la raison peut aisément comprendre.

La crise que nous vivons avait été annoncée

La meilleure preuve est que bien avant Vatican II, des catholiques nullement suspects d’hérésie ont envisagé l’effondrement de l’ordre hiérarchique de l’Église militante ainsi qu’une Église sans pape. Citons tout d’abord Dom Delatte, Abbé de Solesmes et successeur de Dom Guéranger. Dans son commentaire de la Deuxième Épître aux Thessaloniciens, il écrit (je souligne) : « Oui, il y a une force sociale qui limite le mal et l’empêche d’aboutir au désordre et au néant, il existe une armature stable, des lignes hiérarchiques qui contiennent et réduisent l’effort du méchant […]. Il est évident à tous les yeux que le jour où cette puissance d’ordre et de paix, qui des mains de la Rome païenne a passé à la Rome chrétienne […] aura été définitivement ruinée par l’assaut de tous les éléments du mal déchaînés, les routes seront ouvertes et les issues libres pour le mal. Rien ne les retiendra plus. » [Cité par l’abbé Zins, op. cit., p. 26.]. Plus clair encore, l’Abbé Arminjon, dans son livre Fin du monde présent et mystère de la vie future, déclare (je souligne) : « Au moment où la tempête sera plus violente, où l’Église sera sans pilote, où le Sacrifice non sanglant aura cessé en tout lieu, où tout semblera humainement désespéré, on verra, dit Saint Jean, surgir deux témoins » (Hénoch et Élie) [Voy. Abbé Arminjon, Fin du monde…, pp. 54 et ss.].

Voilà pourquoi :
a) Je ne me cache pas la réalité de l’horrible crise que l’Église vit actuellement. J’admets les faits qui se présentent à moi et j’en tire les conclusions qui, dans mon esprit, s’imposent. La première est : l’église de Vatican II n’est pas l’Église catholique, donc on ne doit avoir aucun rapport avec elle (sauf lorsqu’il s’agit d’éclairer ceux qui s’y fourvoient) ;
b) Je n’en suis pas désespéré et je ne cherche nullement des solutions immédiates à vue humaine.

Petrus.
Ce message a été lisu 410 fois

La discussion

images/icones/neutre.gif Eclipse de l'Eglise et fin du monde par Petrus (2005-05-02 22:17:11)
     images/icones/neutre.gif [réponse] par Rasta (2005-05-02 22:35:57)
     images/icones/vatican.gif [réponse] par Jean-Paul PARFU (2005-05-02 23:12:31)
     images/icones/neutre.gif En réponse à Ion sur les temps actuels par Florent-Jean (2005-05-02 23:17:42)
         images/icones/linux.gif Oui, bon, mais enfin, ... par PGM (2005-05-02 23:40:06)