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Visibilité et "sédévacantisme" par N.M. (2005-05-04 08:42:56) Imprimer

Chers amis,

Permettez-moi encore une fois de ressortir de mes cartons un mien message posté sur un autre forum de discussion.

qu'est-ce que la visibilité de l'Eglise ?

Cela signifie que l'Eglise n'est pas seulement spirituelle, qu'elle a été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'ordre de la nature, d'où les sacrements, signes sensibles pour transmettre la grâce, d'où une hiérarchie ecclésiale, pour enseigner, sanctifier et gouverner le troupeau. L'Invisible est rendu présent par l'intermédiaire du visible.

Ne pas reconnaître Jean-Paul II pour Pape, est-ce oui ou non se refuser à la visibilité de l'Eglise ?

1 - S'il est admis que l'oecuménisme conciliaire, la liberté religieuse de "Dignitatis humanae", la nouvelle théologie de la messe inhérente au novus ordo missae, ainsi que l'étrange théologie de l'Incarnation de Jean-Paul II constituent chacun et tous ensemble une rupture avec le Donné Révélé, il va sans dire que - en acte - le "visible Jean-Paul II" ne rend pas présent l'Invisible : objectivement, le troupeau n'est ni enseigné, ni sanctifié, ni gouverné - et ne peut aucunement l'être - par un pseudo "visible" qui manque à l'Invisible.

2 - Où donc est aujourd'hui la visibilité de l'Eglise rendant compte de l'Invisible, rendant présent l'Invisible ? Encore et toujours dans les sacrements de l'Eglise administrés par des prêtres restés fidèles au Sacrifice authentique, encore et toujours dans les fidèles qui témoignent de la foi catholique intégrale, encore et toujours dans la fidélité au Magistère - développement homogène du Donné Révélé (et donc dans le Magistère "ante-conciliaire", et non pas dans le présent "magistère" hétérogène).

3 - Certes, mais alors : où se trouve l'Eglise hiérarchique ? Mais tout bonnement encore et toujours dans la succession apostolique, qui est d'institution divine, et qui perdurera jusqu'à l'aube de la Parousie inclusivement.

"Remarquons que cette succession formelle ininterrompue doit s'entendre moralement et telle que le comporte la nature des choses : succession de personnes, mode électif, comme l'a voulue le Christ et l'a comprise toute l'antiquité chrétienne. Cette perpétuité n'exige donc pas qu'entre la mort du prédécesseur et l'élection du successeur il n'y ait aucun intervalle, ni même que dans toute la série des pasteurs aucun ne puisse avoir été trouvé douteux ; mais "on entend par là une succession de pasteurs légitimes telle que jamais le siège pastoral, même vacant, même occupé par un titulaire douteux, ne puisse réellement être réputé tombé en déshérence ; c'est-à-dire encore que le gouvernement des prédécesseurs persévère virtuellement dans le droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu, et que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur." (Ch. Antoine, "De Ecclesia")."

R.P. Goupil s.j., "L'Eglise", 5ème édition, 1946, Laval, pp. 48-49.

Nul doute qu'une vacance du Siège apostolique - quelle qu'en soit la cause - est chose normale, fréquente, courante, dans le cheminement multi-séculaire de l'Eglise. Nul doute que la vacance - de soi - ne remet en cause ni l'apostolicité, ni la visibilité de l'Eglise. Nul doute aussi qu'il n'y a pas de délai-vacance à respecter : on a vu de telles situations se résorber en l'espèce de quelques jours, mais aussi se prolonger démesurément (aux yeux des hommes).

Certes la présente vacance est de forme inédite ; elle se caractérise par une désertion de l'Autorité pontificale par Paul VI et ses successeurs au profit de la prédication d'une religion de Mouvement d'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle (MASDU).

Pour autant, ladite vacance - ou son hypothèse, pour ceux qui ne veulent pas la reconnaître - ne peut être assimilée à une déshérence de l'Eglise Romaine.

Tout d'abord, il reste des évêques catholiques. En dernier recours - en 1417 - ce furent les évêques, et non pas les cardinaux (douteux) qui procédèrent à l'élection de Martin V mettant fin au "Grand Schisme d'Occident". Ces évêques catholiques qui demeurent encore au jour d'aujourd'hui, ce sont - toujours dans la perspective "sédévacantiste" largo sensu - les évêques appelés à l'épiscopat par le Vicaire du Christ, c'est-à-dire par un Pape authentique ; en l'espèce : les évêques appelés avant Paul VI. Il en reste une soixantaine éparpillés aux quatre coins du monde. Dans la présente situation, leur mission est de demander raison à l'actuel occupant du Saint-Siège de ses erreurs doctrinales, de son MASDU, de sa désertion objective de l'Autorité pontificale.

Ensuite, il est une autre solution - non exclusive de la première : que l'occupant du Saint-Siège adonné au MASDU, rompe avec quarante années de rupture et se saisisse du gouvernail de la Barque de Pierre ; que l'occupant assume l'Autorité pontificale. La thèse de Cassiciacum - thèse du R.P. Guérard des Lauriers - explique que si Paul VI avait objectivement déserté l'Autorité pontificale, cette désertion signifiait qu'il n'était pas Pape, mais ne consignifiait pas qu'il avait ce faisant perdu tout titre à devenir Pape : il n'était pas Pape en acte, il l'était en puissance. Les élections de Jean-Paul Ier et de Jean-Paul II doivent être considérées comme "validées" par les cardinaux non-douteux ayant acquiescé auxdites élections, et par l'acceptation desdites élections tant par Albino Luciani que par Karol Wojtyla. La désertion objective de l'Autorité pontificale s'est néanmoins perpétuée. Même conclusion : Jean-Paul II n'est pas Pape en acte ; il est en puissance de le devenir. Certes, l’élection de Benoît XVI semble plus problématique. Qui donc a pu "valider" ladite élection ? L'acquiescement implicite des soixante indubitables évêques catholiques (à défaut des cardinaux non-douteux subsistant en 1978).

Dans la perspective d'un "sédévacantisme" dit "complet" - et qui se refuse à reconnaître la pertinence de la thèse de Cassiciacum - restent de toutes façons les soixante évêques catholiques non-douteux.


Certes, vous me direz certainement que cette visibilité n'est pas resplendissante aux yeux du monde. Je vous répondrai - toujours avec le Père Guérard des Lauriers - qu'il ne faut pas confondre la visibilité avec le "visibilisme".

Encore une fois, la visibilité de l'Eglise c'est la visibilité pour l'Invisible - par les sacrements, et par une hiérarchie subsistant au moins en puissance - une visibilité qui passe par le "sensible", mais qui n'est réellement perceptible, dans ce "sensible" que par le regard de la Foi.

Le "visibilisme" consiste à confondre ce qui est essentiel à l'Eglise - les sacrements, une hiérarchie pérenne - avec ce qui est accidentel : le fait que la hiérarchie jouisse d'une situation rayonnante, "constantinienne". Est-ce à dire que l'Eglise visible des catacombes, c'est-à-dire si peu visible selon le monde et selon le "visibilisme" n'était pas l'Eglise ?

De ce point de vue, je vois pour ma part une grande lucidité - involontaire ? - dans les conclusions d'un Père Chenu ou d'un Père Congar (l'un ou l'autre ; l'un et l'autre), assimilant Vatican II à la "fin de l'ère constantinienne". Il ne se doutait pas à quel point leur hérésie triomphante replongeait l'Eglise visible dans l'ère des catacombes !

Cordialement

N.M.
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La discussion

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     images/icones/attention.gif vous n'êtes pas tout à fait cohérent avec vous  [...] par Kamate (2005-05-04 09:15:51)
         images/icones/4a.gif euh manque de notion par Adso (2005-05-04 09:44:45)
             images/icones/neutre.gif [réponse] par Kamate (2005-05-04 10:01:15)
                 images/icones/1a.gif merci à tous par Adso (2005-05-04 10:19:23)
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                         images/icones/neutre.gif ne change rien à sa constitution? par Kamate (2005-05-04 14:08:00)
         images/icones/tao.gif Ce que je dis / ce que vous me faites dire par N.M. (2005-05-04 13:53:37)
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                         images/icones/1a.gif Je retiens l'invitation par N.M. (2005-05-04 18:56:56)