Comme tous les catholiques, les « sédévacantistes » sont (provisoirement) des orphelins. Le fait qu’ils le sachent et qu’ils l’avouent ne les fait pas échapper aux conséquences de cet état de fait. En eux donc se vérifie aussi l’avertissement de l’Évangile : « Je frapperai le Pasteur, et les brebis seront dispersées ».
Dispersés, donc, les « sédévacantistes » le sont (ô combien !) au moins selon cinq lignes de clivage :
– vacance totale / vacance formelle et permanence matérielle (« thèse de Cassiciacum »)
– acceptation des sacres sans mandat apostolique / refus de ces sacres
– rejet hors de l’Église de tous ceux qui ne sont pas sédévacantistes / refus d’un tel rejet
– acceptation du principe d’un conclave hors lignée romaine / refus d’une telle possibilité.
– La vacance dure depuis la mort de Pie XII / depuis « Pacem in terris » / depuis la mort de Jean XXIII / depuis la proclamation de la liberté religieuse (7 décembre 1965).
Mais tous se reconnaissent dans ce qui leur apparaît une nécessité dans la lumière de la foi : les actes de Paul VI, Jean-Paul II (et Benoît XVI en ce qu'il assume la continuité) sont incompatibles avec la détention de l'autorité pontificale. Incompatibilité selon la doctrine professée par l'Eglise elle-même. Incompatibilité qui n'est pas un jugement sur les personnes, mais concerne les actes publics et avérés.
Si les « sédévacantistes » étaient seuls à souffrir d’un tel émiettement, on pourrait voir là un signe d’erreur. Mais ce sont tous ceux qui revendiquent le nom de catholique qui sont dans la même situation : la division est partout, les divergences à propos de points qui relèvent de la foi sont nombreuses et profondes etc.
Et c’est plutôt un signe de l’absence d’exercice d’autorité, dont le rôle premier est de faire l’unité en ordonnant les âmes au bien commun.
Abbé Hervé Belmont
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