Cher Troubadour,
Je vais répondre à votre post selon mon habitude : en vous citant et en commentant.
« 1- Le constat : Je partage leur constat sur les désordres doctrinaux au sommet. »
Commentaire : Bene.
« 2- L'habilitation à juger. Ils passent du constat au jugement en faisant litière de toute juridiction dans l'Eglise. Ils décident, avec quelle autorité ? »
Commentaire : la question qui se pose est celle-ci : l’église d’après Vatican II (dont le chef actuel est Josef Ratzinger) est-elle toujours l’Église catholique ? Pour y répondre, il suffit de considérer la définition de l’Église catholique et de s’interroger pour savoir si l’église dite « conciliaire » correspond à cette définition. Selon le Grand catéchisme de S. Pie X, (partie I, ch. X, § 2) : « L’Église catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi de Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife Romain ».
Or, lorsque je m’aperçois que :
- Dignitatis Humanae, par exemple, est incompatible avec l’enseignement antérieur de l’Église (comparez par exemple avec Quanta Cura) ;
- l’église conciliaire n’a plus les mêmes sacrements que l’Église ;
j’en déduis tout naturellement que l’église conciliaire ne satisfait plus à la définition de l’Église, donc qu’elle n’est pas l’Église (et que son chef ne peut pas être un pape légitime et donc qu’il n’y a pas à lui obéir). Donc il faut sortir de cette fausse Eglise. Voilà ma décision : sortir de l’église conciliaire et dire ouvertement pourquoi. Je n’ai pas besoin d’une quelconque autorité pour ce faire.
« 3- Folie pratique. L'anarchie guette si n'importe quel bédouin peut trancher. »
Oui et non. Oui si n’importe quel bédouin, après avoir tranché au niveau personnel, s’arroge le droit de dresser « un autel contre l’autel », c’est-à-dire de constituer une église parallèle (en la prétendant catholique) avec sa hiérarchie, des tribunaux, ses prieurés, ses chapelles et tout ce qui va avec (fondations, œuvres, écoles…). Vous comprendrez que je veux en premier lieu parler de la FSSPX. Laquelle organisation, de surcroît, ce qui est un comble, reconnaît publiquement la légitimité, hier de Paul VI et de Jean-Paul II, aujourd’hui de Benoît XVI et de toute la hiérarchie du novus ordo.
Mais si le bédouin qui a tranché au niveau personnel se contente de sortir de l’église conciliaire et, soit de se priver volontairement de sacrements, soit de faire appel à quelques prêtres « non una cum » indépendants, je ne vois pas où est l’anarchie.
« 4- Déni de justice. L'absence de jugement ne justifie pas de se faire justice soi-même. »
Pour ma part (et je crois pouvoir parler ici au nom de tous les sédévacantistes complets et sans concession), je ne crois pas que je « me fasse justice moi-même ». J’ai quitté l’église conciliaire et je suis des prêtres « vagus » qui ne prétendent pas constituer une église parallèle et qui reconnaissent eux-mêmes être dépourvus de toute autorité et de toute juridiction. Il s’agit seulement de survivre dans une situation objectivement tragique.
« Il faut attendre douloureusement, en maintenant nos plaintes aux autorités défaillantes, mais nous n'avons pas à décider qu'elles sont déchues !!! »
Il faut être logique avec soi-même : puisque nous constatons que l’église conciliaire n’est pas l’Église, on doit dire que les autorités (parlons au moins de Josef Ratzinger, des cardinaux, des évêques et prêtres en communion avec lui) de cette église conciliaire ne peuvent pas être celles de l’Église. Quant à savoir si TOUS les évêques, TOUS les prêtres et TOUS les fidèles ont apostasié, c’est une question à laquelle je ne puis naturellement pas répondre (voyez ma controverse avec Pax).
Voilà pourquoi le sédévacantisme total et sans concession n’est ni une « folie » ni un germe d’ « anarchie » mais la position catholique qui, selon nous, permet le mieux de rendre compte de la crise actuelle de l’Eglise militante.
Cordialement.
Petrus.
|