Vous déplorez le manque de langage du coeur dans ce débat autour du sédévacantisme, et vous avez probablement raison. Il faut dire à la décharge de tous les participants que ce marathon vient s'ajouter au devoir quotidien, mordre sur le sommeil etc. et qu'on ne peut tout exprimer à la fois.
Mais c'est dans une optique différente que je déplore aussi ce manque de coeur: j'ai plus de compassion pour les victimes que pour les bourreaux.
Nous oublions ces millions d’âmes qui se sont perdues ou qui sont en grand péril de se perdre à cause de la liberté religieuse prêchée urbi et orbi par Vatican II et Jean-Paul II, alors qu’elle est « on ne peut plus fatale au salut des âmes » dit le Pape Pie IX (Quanta Cura).
Nous oublions ces millions d’âmes qui ont perdu la foi, qui n’ont en eux qu’une caricature ou un succédané de foi qui leur donne l’illusion d’être catholiques alors que leur esprit est protestant et qu’il n’adhère plus à tout l’enseignement de l’Église ? Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (Heb. xi, 1).
Nous oublions tous ces infidèles, ces juifs ou ces hérétiques auxquels on ne prêche plus depuis quarante ans que hors de l’Église catholique il n’y a pas de salut. On les rejette dans les ténèbres extérieures en flattant leur secte, en leur faisant croire qu'ils peuvent prier pour la paix en méprisant le Rex pacificus, et ainsi de suite.
Oui, nous avons le coeur dur parce que nous oublions le désastre universel (et, pour les damnés, irréversible) engendré par la nouvelle religion qui colonise les structures de notre bien-aimée Église romaine, une, sainte, catholique et apostolique.
Abbé Hervé Belmont
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