Lors de n'importe quel interrègne, les évêques peuvent-ils oui ou non exercer "la juridiction spirituelle suprême" en absence de Pape ? La réponse est non.
A partir de là, si l'on poussait votre raisonnement jusqu'au bout, il me semble qu'il faudrait nécessairement en conclure que l'Eglise catholique disparaît chaque fois qu'elle est privée de Pape.
"Il ne faut pas imaginer que l'Eglise, quand le pape est mort, possède le pouvoir de papauté en acte, à l'état diffus, en sorte qu'elle le déléguerait elle-même au prochain pape, en qui il recommencerait à se condenser et à se préciser. Le pape mort, l'Eglise est vraiment dans la viduité, et, quant à la juridiction universelle visible, elle est vraiment acéphale. Mais elle n'est point acéphale comme les Eglises schismatiques, ni comme un corps voué de soi à la décomposition. Le Christ la dirige du ciel. Il n'y a personne alors sur la terre pour exercer visiblement en son nom la juridiction spirituelle suprême, et, en conséquence, les manifestations nouvelles de la vie universelle de l'Eglise sont empêchées [...]"
Mgr Charles Journet, "L'Eglise du Verbe Incarné", I - "La hiérarchie apostolique", chapitre VIII, section III (p. 833 dans la réédition de 1998).
Cordialement
N.M. |