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Réponse aux graves questions de La Sapinière par Abbé Hervé Belmont (2005-05-04 15:46:45) Imprimer

Mon bon Sapin, par deux fois vous êtes intervenu pour poser vos questions, et personne ne s’en est soucié. Votre approbation (dont le sens m’échappe) donnée à un message d’Ion me rappelle cela, et je viens en quelques mots vous donner mon sentiment.

Pour les sacres sans mandat pontifical, j’ai plusieurs fois répété ici, d’autres comme Petrus l’ont fait mieux que moi, cela est contraire à la constitution et à l’unité de l’Église. Ce problème n’est d’ailleurs pas nécessairement lié avec le « sédévacantisme » puisque on y a recouru dans la fraternité Saint-Pie-X : mais là l’incohérence est multipliée par dix, et les tentatives de justification ont vraiment mis à mal toute la doctrine que l’Église professe sur elle-même.

Le problème de la vocation sacerdotale est angoissant. S’y applique la parole de Notre-Seigneur : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jo XV, 16). Cette vocation est donc un véritable appel, mais là encore il ne faut pas se tromper. L’appel intérieur, je veux dire le désir du sacerdoce, l’attrait vers lui n’est que préparatoire au seul appel qui constitue la vocation sacerdotale : l’appel de l’Église en la personne de l’évêque légitime. C’est ce qu’enseigne très clairement le Catéchisme du Concile de Trente : « Vocari autem a Deo dicuntur qui a legitimis Ecclesiæ ministris vocantur – ceux-là sont dits être appelés par Dieu, qui sont appelés par les ministres légitimes de l’Église » (de Ordine §1). Bien sûr, l’évêque n’appelle que ceux qui se présentent librement, qui ont les qualités et la science requise, qui ont une intention droite ; mais la vocation proprement dite est donnée par l’Évêque, elle est l’appel qu’il donne au nom de l’Église.
Pour être appelé, il faut un évêque : un évêque qui ait lui-même été appelé par le souverain Pontife. Sinon, il ne le peut pas, pas plus qu’il ne peut appeler à la confirmation : nemo dat quod non habet.
Dans la situation présente, ceux qui ont le désir surnaturel du sacerdoce et les capacités requises ne peuvent que se préparer par l’étude, la prière et la régularité, en attendant l’heure de Dieu. C’est difficile, humainement intenable peut-être, mais c’est le prix de la fidélité : fidélité à l’appel de la grâce d’un côté, fidélité au sacerdoce catholique de l’autre. Car on ne peut se tourner ni...
– du côté des « Saint-Pierre ». Hélas, l’allégeance à Benoît XVI (fausse règle de foi) entraîne l’adhésion à Vatican II destructeur de l’intelligence de la foi et porteur d’erreurs graves condamnées par l’Église, comme la liberté religieuse, et une fausse conception de l’Incarnation et de l’Église elle-même. De plus, l’acceptation des nouveaux sacrements dans leur principe fait légitimement douter de la validité de certaines ordinations sacerdotales ;
– du côté des « Saint-Pie-X ». Hélas, l’allégeance à Benoît XVI et le refus simultané des erreurs de Vatican II conduisent à inventer des doctrines hétérodoxes qui détruisent l’autorité du Magistère de l’Église et du Souverain Pontife. De plus, c’est s’engager dans la voie épiscopale dont il va être question ;
– du côté des évêques sacrés sans mandat apostolique. Hélas, des sacres sans le mandat du souverain Pontife sont contraires à la constitution même de l’Église : « Le Pape seul institue les évêques. Ce droit lui appartient souverainement, exclusivement et nécessairement, par la constitution même de l’Église et la nature de la hiérarchie » (Dom Gréa). Des évêques sans vocation ne peuvent donner ce qu’ils n’ont pas, et ordonnent des prêtres sans vocation ; on peut beaucoup craindre pour l’avenir...
Le problème est grave, donc, mais non point désespéré. Il est toujours possible de se consacrer à Dieu, même si cela est rendu plus difficile ; il n’y a jamais eu autant de motifs de se consacrer à lui, pour consoler son cœur, pour la splendeur de son Église si défigurée, pour l’immolation de soi-même au milieu d’un monde de jouissance, pour le rayonnement de la doctrine catholique au moment où elle est niée, diminuée, bafouée de toutes parts. Quant au sacerdoce, il est possible d’y songer voire de s’y préparer de façon lointaine, en ayant le ferme propos de ne rien désirer ni faire qui soit contre la doctrine catholique ou la constitution de la sainte Église. Dieu qui n’abandonne pas son Église n’abandonnera jamais ceux qui veulent travailler pour elle et s’y consacrer.
Si ce problème vous hante en vérité, venez me rendre visite : nous pourrons en parler autour d’un p’tit verre !

Quand, dans une famille, le père est absent, ou ivre-mort, ou dans le coma, les enfants dignes de ce nom n’ont pas plus mais moins de liberté que s’il était présent.
Il en est de même dans l’Église. La situation nous prive de beaucoup de possibilités ou de recours dont nous pourrions bénéficier en temps normal.
C’est le cas notamment du sacrement de mariage, ou plus exactement (car celui-ci est toujours accessible, même s’il l’est moins parce qu’on ne peut plus avoir de dispense) de l’examen canonique de la validité du mariage et de la reconnaissance de nullité.
Il faut d’abord se dire que dans la vie ordinaire de l’Église, c’est un aspect qui reste très marginal. C’est depuis Vatican II qu’on s’est mis à « reconnaître » des nullités à tour de bras (par dizaines et centaines de milliers), en inventant le chef d’immaturité. Il y là un véritable scandale, un spectacle abominable qui donne de haut-le-cœur tant il est une dégradation du saint Mariage.
J’étais un jour chez un imprimeur, et par curiosité machinale j’ai jeté un coup d’œil sur une circulaire qui sortait des rotatives. Il s’agissait d’une lettre-type que l’official du diocèse avait préparée et qui disait en substance : le concile Vatican II a défini le mariage comme étant « une communauté de vie et d’amour ». Cette définition a valeur juridique, et chaque fois qu’elle n’est pas réalisée, on est fondé à demander l’examen de la validité de son mariage.
Étonnez-vous, après cela, que rien ne tienne.
Devant cette situation, la plus mauvaise solution est celle mise en œuvre par la fraternité Saint-Pie-X : créer son propre tribunal et prétendre qu’il a juridiction. Double abomination : usurpation d’une prérogative pontificale, et gigantesque tromperie qui jette les âmes dans l’état de péché (materialiter peut-être du côté des laïcs, mais quid du côté des responsables ?).
Autre mauvaise solution : se fonder sur sa propre certitude d’invalidité, ou sur des jugements privés (même s’ils émanent de personnes compétentes et consciencieuses). Cela n’a aucune valeur, ni ne délie d’aucun devoir. Et si après cela on tentait un nouveau mariage, celui-ci serait strictement invalide (même si de fait le premier mariage est invalide). C’est le canon 1069, qui d’ailleurs ne fait qu’exprimer la nature des choses.
On se trouverait exactement dans le même cas si l’on recourrait à une troisième mauvaise solution : recourir aux tribunaux diocésains (puis éventuellement romains). Leur décision est privée d’autorité, et en plus leurs principes vont à l’encontre de ce qu’est réellement le Mariage (inversion des fins, tarte à la crème de la prétendue immaturité).
Il reste à porter sa croix. C’est la voie du ciel.

On peut dire la même chose, mutatis mutandis, de la réduction à l’état laïque. Mais là encore il faut ajouter que cette réduction était, avant la révolution conciliaire, réservée à des cas exceptionnels à l’article de la mort, pour régulariser des situations douloureuses. Depuis, on a ouvert la cage, et si quelques pervers sont partis, des dizaines de milliers d’autres qui n’auraient jamais eu l’idée de s’envoler sont allés se perdre et perdre leur prochain avec eux, et ont déserté le champs du Père de famille. Voilà qui crie vengeance devant Dieu.
Vatican II concile pastoral ? Concile de perdition, oui !

Voilà, cher La Sapinière, quelques éléments pour répondre à vos questions. Quant à la juridiction, fouillez dans le forum : j’ai entretenu je ne sais plus qui sur ce sujet.
Réservez-moi le plaisir d’une visite, puisque vous savez qui je suis alors que je n’ai aucune idée de votre identité.
Abbé Hervé Belmont
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             images/icones/1a.gif Cher Petrus par Lutefisk! (2005-05-04 17:11:24)
                 images/icones/1a.gif A Lutefisk par Petrus (2005-05-04 18:09:14)
     images/icones/neutre.gif Il n'y a plus donc plus de sacrifice eucharistique [...] par Kamate (2005-05-04 16:14:58)
         images/icones/neutre.gif oups! par Kamate (2005-05-04 16:43:35)
     images/icones/1b.gif Cher Monsieur l'Abbé, par La Sapinière (2005-05-04 20:00:29)
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             images/icones/1e.gif Non, non! par La Sapinière (2005-05-04 20:48:19)