Un grand merci à l'abbé Belmont pour ces distinctions dont il a peur qu'elles déroutent le lecteur impatient, elles sont pourtant claires et nettes. On y voit toute la pertinence de la "thèse" une fois établie.
L'A Belmont dénonce - si je comprends bien - une église à plusieurs vitesse à l'intérieure de laquelle chacun choisi et trouve ce qu'il aime chez le Pape. Autrement dit, il dénonce entre autres, une ecclésiologie de type anglicane, que je connais bien puisque je suis en Angleterre. Comme le dit l'A, la foi n'y trouve plus sa place : "Donc adhérer au pape, le reconnaître comme pape, suppose essentiellement la communion dans la foi avec lui : elle n’est pas une adhésion verbale, sociologique. Elle est une réalité surnaturelle intérieure, et visiblement professée comme telle."
Comme on dit ici en Angleterre on se met d'accord sur le fait qu'on est pas d'accord et on reste ensemble. (We agree that we disagree on certain points)
C'est dramatique et c'est bien vrai que l'unité à laquelle tend l'Eglise catholique "assermentée" (comme dit l'A Laguérie) est souvent primordialement sociologique. L'écuménisme vécue avec "les autres" déporte donc la fausse unité à l'intérieur de l'Eglise. C'était prévisible.
Cela étant dit "les saint Pierre" dont je fais partie n'ont jamais étaient forcés d'adhérer à Vat II etc. JAMAIS. On ne nous a jamais dit que la règle de foi était Vat II, que la théologie de la messe dans l'Eglise était celle du NOM. Si l'autorité n'arrive pas à réconcilier son intelligence de la foi avec la Révélation, c'est son problème. Ce qui intéresse les "saint Pierre" dans mon genre est de savoir si on peut établir une communion théologale avec cette autorité. Or je crois la chose possible encore que peu aisée.
Reste la question de l'allégeance pratique qui elle est un fait tant pour JP II que pour Benoit XVI.
L'A dit : "du côté des « Saint-Pierre ». Hélas, l’allégeance à Benoît XVI (fausse règle de foi) entraîne l’adhésion à Vatican II destructeur de l’intelligence de la foi et porteur d’erreurs graves condamnées par l’Église, comme la liberté religieuse, et une fausse conception de l’Incarnation et de l’Église elle-même..."
Mais si Benoit XVI ne nous demande pas d'adhérer à Vat II etc, c'est donc bien que pour lui il ne s'agit PAS d'une règle de foi.
Nonobstant le fait que tous les documents actuels ramènent de façon univoquement convergentes vers Vat II et une ecclésiologie troublée (destructrices si vous voulez), je pense qu'il est donc possible de vivre théologalement dans la même Eglise que JP II et Ben. VXI comme dit l'A : "Donc adhérer au pape, le reconnaître comme pape, suppose essentiellement la communion dans la foi avec lui : elle n’est pas une adhésion verbale, sociologique. Elle est une réalité surnaturelle intérieure, et visiblement professée comme telle."
Voilà qui serait impossible si on nous demandait de "croire" à toutes ces choses qui s'écartent de la Révélation. Ce n'est pas le cas. On ne nous demande PAS cela. JAMAIS, pour l'instant on ne nous demande de dire le NOM. (nonobstant la pression)
Je ne crois pas que les "saint Pierre" choisissent ce qui leur plait chez les Papes mais plutôt, sans exclure la possibilité de la vacance (dans l'abstrait) ne voient pas (concrètement) que toutes les conditions soient requises pour avoir la certitude morale qu'il y a vacance.
Entre dire que sur biens des points nous ne pouvons suivre, que l'Eglise en meurt, et dire qu'il y a vacance, il y a un petit monde, ce petit est celui dans lequel nous essayons de batir. La chose n'est pas aisée. Le Père de Blignières, l'A Lucien, s'y essayent, non sans douleurs, non sans dénoncer et protester contre ce qui n'est pas acceptable. J'essaie aussi.
La communion dans la foi sera impossible si au delà de l'obéissance "canonique" on nous demandait de "croire l'incroyable", ce n'est pas encore le cas.
"qui n'est pas contre vous est pour vous." (Luc 9); "Qui n'est pas avec moi est contre moi" (Luc 11)
Au risque de choquer : je dois plaider coupable du crime dénoncé ci-après : "Car, en vérité, qui donc reconnaissait en Jean-Paul II la règle vivante de la foi, la source de toute juridiction, le principe de l’unité catholique ?" : MOI ! C'est fou, mais mais l'Ecclesiadéisme est à ce prix.
Abbé Nicolas du Chaxel fssp
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