Cher Kamate,
« la défaillance de l'épiscopat catholique dans son ensemble (tous les évêques ayant souscrits à Vatican II -- même Mgr Lefebvre) voilà qui est certainement impossible car il manquerait alors à l'Eglise un élément essentiel, institué divinement: sa tête visible. »
Vous m’attribuez arbitrairement ce que je ne tiens pas. Je n’ai jamais dit qu’il ne restait aucun évêque dans l’Église ni que la souscription des documents de Vatican II constituait par ce fait même une apostasie pour chaque évêque.
Mais la foi ne nous garantit pas qu’il restera toujours un grand nombre d’évêques ou que ceux-ci seront faciles à trouver pour tout catholique. Au début il y en avait douze si mes souvenirs sont corrects et rien ne nous assure que ce chiffre ne peut pas baisser par temps d’une grande crise.
Les actes de Vatican II étant incompatibles avec la foi catholique, il ne s’ensuit pas que tout signataire ait compris ce fait et ait voulu apostasier. Mais il s’ensuit nécessairement que ce concile ne bénéficiait pas des garanties divines qu’il aurait eu si un vrai pape l’avait confirmé. Il est ainsi plus facile, plus direct et plus certain de montrer que les « papes » de Vatican II ont défailli que les évêques, puisque les conciles, les lois, les liturgies et les encycliques d’un vrai pape ne peuvent manquer à la conformité à la foi alors que depuis Vatican II le contraire est une évidence quotidienne.
La défaillance relative de la hiérarchie s’ensuit du fait qu’il ne reste qu’une centaine d’évêques nommés par de légitimes papes et que la hiérarchie globalement parlant accepte la nouvelle religion. Mais cela n’implique pas l’épiscopovacantisme absolu.
Et ce n’est pas impossible. « Verumtamen filius hominis veniens, putas inveniet fidem in terra ? » Si Notre-Seigneur indique que la foi sera en toute probabilité presque éteinte à son retour, Il ne donne guère l’impression qu’une vaste hiérarchie en bon état, enseignant activement ces doctrines, sera en place pour l’accueillir.
« Dans ces conditions, plus d'enseignement garanti par la tradition apostolique confiée aux évêques, plus de décision autorisée, plus de sacrement légitime... bref plus d'Eglise visible... »
L’enseignement de 260 papes et une vingtaine de conciles reste et il n’a pas besoin d’être confirmée par qui que ce soit.
Les sacrements légitimes subsistent car peu n’est pas la même chose que rien.
Pour les décisions autorisées qui nous manquent décidément…oui, mais leur continuité ininterrompue n’est pas promise. On vit une crise, non ? C’est un châtiment, non ?
Mais l’Église reste visible comme elle était visible comme au matin de la Pentecôte lorsque sa hiérarchie entière descendait silencieusement l’escalier du cénacle pour son premier acte d’apostolat.
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