L’objection courante faite à ceux qui refusent d’assister à des messes célébrées en communion avec Jean-Paul II hier, Benoit XVI aujourd’hui, est “Vous refusez de prier pour le pape”.
Reprenons ce que dit le Concile de Trente :
“Le Christ institua la Pâques Nouvelle, se constituant Lui-même comme devant être immolé sous les signes visibles, par les prêtres, dans L’INTIMATION DE L’EGLISE” Cession 22, Chap. I.
Le caractère propitiatoire de la Messe a bien été enseigné par les milieux de la “tradition”, cependant, une omission est toujours faite quand au fait que le Sacrifice de la Messe est réalisé EN DROIT par L’INTIMATION DE L’EGLISE. Il n’existe pas de messe légitime en dehors de l’Eglise.
Si on oublie cela, on ne peut pas comprendre le problème dit de l’UNA CUM.
“Le sacrifice et l’Eglise sont inséparables. Le Saint Sacrifice est le sacrifice de toute l’Eglise”
1° Le Saint Sacrifice doit être impéré par l’Eglise car c’est l’Eglise, qui en vertu du Christ dont Elle est le Corps mystique, qui est Elle-même le principe de sa propre unité : car Notre-Seigneur a dit en Saint Jean, chap. VIII, “Bien que je rende de témoignage de Moi-même, mon témoignage est vrai” En effet, seul Dieu peut rendre seul témoignage de Lui-même.
Comme ELLE EST de son propre témoignage (l’Eglise), l’effet propre du sacrement de l’Eucharistie est de produire l’unité dans l’Eglise. Il convient donc que cette unité qui découle du Sacrifice de la Messe ai également pour principe et pour ORIGINE l’Eglise.
Comme dans l’Eglise tout est hiérarchique, y compris l’unité, le commandement de l’Eglise d’offrir le Saint Sacrifice de la Messe est à L’ORIGINE de l’unité que diffuse le sacrement de l’Eucharistie, fruit du Sacrifice. Ce commandement de l’Eglise doit donc être réalisé et affirmé dans l’acte du Sacrifice qui est PROPRE AU CHEF DE L’EGLISE. C’est donc le PAPE qui est EN DROIT et en FAIT le CRITERE VIVANT DE L’UNITE DE L’EGLISE.
Ceux qui reçoivent l’ordre de l’Eglise doivent donc célébrer le MEME sacrifice que celui qui donne le commandement de le célébrer.
La célébration du Saint Sacrifice est un acte DU CHRIST ET DE L’EGLISE et un acte DU PRETRE qui célèbre, et des fidèles qui s’unissent à la célébration du prêtre.
2° Le principe sur lequel repose ce commandement de l’Eglise est le mérite.
Le mérite est le droit à recevoir une récompense pour une action bonne.
On peut mériter pour soi-même une augmentation de la grâce, de la charité, EN JUSTICE, pour un acte de vertu, etc. Ce mérite est incommunicable.
Notre-Seigneur peut mériter en justice pour les membres de son Corps Mystique, puisque les membres de son Corps ne font qu’un avec la Tête (Notre-Seigneur).
Tout membre peut mériter EN CONVENANCE (s’il plaît à Dieu), pour un autre, l’application d’un mérite. Ceci est laissé à la Sagesse et l’appréciation de Dieu.
Or, pour la célébration du Saint Sacrifice, qui reçoit, si ce n’est celui qui offre ? Car il est un principe que reçoit en justice celui qui a offert.
Chacun des membres du Christ reçoit en justice, pour lui-même, le fruit du Saint Sacrifice, dans la mesure de ses dispositions.
Donc le fruit du Sacrifice revient d’abord, et en justice, à l’Eglise, qui offre le Sacrifice, et en particulier à ceux qui REPRESENTENT l’Eglise militante, donc en premier lieu le Pape.
L’application des mérites de convenances existent aussi pour le Saint Sacrifice, par l’honoraire versé par le fidèle, pour telle ou telle intention. Mais Dieu peut en disposé selon les décrets de sa divine sagesse.
Les mérites de convenances s’appliquent aussi pour le Memento des vivants, et le Memento des morts. On demande à Dieu d’intercéder pour telle âme, pour sa conversion, pour la sa délivrance du Purgatoire, par exemple. Mais Dieu peut en disposer tout autrement.
Pour ce qui est du Canon, qui commence au “Te Igitur”, ne peut être nommé que des personnes qui SONT MEMBRE du Corps du Christ, car c’est le CANON qui contient le MANDAT de l’Eglise, c’est-à-dire le commandement de célébrer le Saint Sacrifice (comme expliqué en 1°).
Dans le Canon, on ne peut donc exiger de Dieu qu’il offre le Fruit du Sacrifice à des personnes qui ne sont pas membre du Corps Mystique (tels les hérétiques, schismatiques, apostats).
On peut donc prier pour Ratzinger dans le Memento des vivants, et pour Wojtyla au Memento des morts. Mais il est très grave de le citer aujourd’hui Benoit XVI au canon de la Messe car 1° il n’offre pas le Saint Sacrifice, et n’est pas membre de l’Eglise et 2° ce n’est en rien représentatif de la réalité, puisque les prêtres de la FSSPX ne sont en rien en communion avec ceux qu’ils reconnaissent pour être la Tête de l’Eglise.
Tombe automatiquement la fallacieuse polémique sur la traduction de “una cum” par “en communion avec” ou par “prier pour”, car c’est le fait de citer le nom de personnes qui ne sont pas membres de l’Eglise au CANON de la Messe qui représente un affreux sacrilège.
Nous ne refusons donc de prier pour personne. Nous refusons seulement de salir le Saint Sacrifice par le nom de personnes qui sont étrangères à l'Eglise, Corps mystique du Christ. Nous prions pour Wojtyla et Ratzinger, mais EN DEHORS du CANON de la messe. |