Le 8 mai, Réginald a posté sur leforumcatholique un message portant comme titre « deux contradictions du Magistère avant Vatican II ». (voir ici) (Mes raisons pour y répondre ici et pas sur le forum principal vont devenir apparentes par la lecture de ce qui suit. En tous les cas son but était explicitement de répondre à ceux qui croient nécessaire de refuser le concile Vatican II à cause de sa contradiction avec l’enseignement du magistère antérieur – position des sédévacantistes ou de ceux qui s’en approchent et ce n’est donc pas un vol de s’y adresser ici.)
Ce post de Réginald, ainsi que les échanges qu’il provoquait me donne envie de faire plusieurs observations lesquelles je divise comme suit :
1. Quelques remarques générales sur le post de Réginald.
2. Réfutation des observations franchement modernistes de Kamate, extasié par le post de Réginald.
3. Réfutation des deux prétendues contradictions du Magistère avancées par Réginald.
4. Morale à tirer concernant le fonctionnement du forum.
5. Véritable étendue de l’infaillibilité de l’Église.
6. Preuve que la contradiction entre l’enseignement catholique et la doctrine vaticandeuxesque n’est pas limitée à la liberté religieuse – il s’agit d’une rupture radicale entraînant la négation de nombreuses doctrines.
Si les participants du forum sédévacantiste ont mérité la dernière fois des éloges pour leur politesse, j’espère que les quelques paroles plutôt sévères que je vais me permettre ne seront pas prises par leurs destinataires comme blessant à la charité. Telle n’est pas mon intention. Mais c’est le comble de l’irresponsabilité que d’écrire en public sur la religion sans connaissance suffisante et aucune injure n’est aussi grave que le tort d’entraîner le prochain en de graves erreurs concernant la nature de l’Église de Jésus-Christ. C’est pourquoi je considère mes critiques de personnes comme entrant dans le cadre de la correction fraternelle, et c’est bien fraternellement que je voudrais qu’on les lise.
1. Quelques remarques générales sur le post de Réginald.
« Deux contradictions du Magistère avant Vatican II ». Ce titre est scandaleux et outrageant pour la conscience catholique parce que, notoirement, le magistère de l’Église catholique est la règle de foi établie par le Verbe fait chair, Notre Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il a dit à ses apôtres « qui vous écoute m’écoute ». Il est scandaleux aussi parce que cela a été en tout temps le propre des ennemis de l’Église ou tout au plus des catholiques les plus malsains de rechercher et de publier de prétendues contradictions dans les enseignements du magistère. (Les circonstances et le ton de ce message ne permettent pas de l’interpréter comme l’acte d’un catholique docile mais troublé, voulant éclaircir sa conscience. C’est bien Réginald qui veut renseigner les autres.)
Le scandale est aggravé par la lecture du message ainsi intitulé. Car le première de ses prétendues contradictions (portant sur la matière du sacrement d’ordre) est si loin de toute apparence de contradiction que même un protestant acharné aurait eu honte de ne trouver de meilleure munitions pour agresser notre mère, la sainte Église catholique et romaine. D’ailleurs le texte même du décret de Pie XII qu’on prétend en contradiction avec le Concile de Florence explique pourquoi il n’en est rien. Le plaignant n’avait qu’à LIRE l’acte du magistère en question à la place de le déformer et l’affaiblir aux yeux de ses frères. Nous verrons bientôt si j’exagère.
Et le deuxième cas, concernant la torture, révèle encore une disposition plutôt à désorienter les âmes dans leur devoir de soumission absolue et sans réserve au magistère que d’étudier sérieusement le sujet de la prétendue contradiction, dans un esprit de docilité et de confiance envers nos pères, qui sont les papes. Pour cela aussi j’en viendrai bientôt aux détails.
Mais il convient de mentionner aussi que ce post scandaleusement conçu, scandaleusement intitulé et scandaleusement rédigé, a eu – comme il était à prévoir, des suites scandaleuses ! Car il a provoqué un échange où presque tous les participants, à l’exception honorable de N.M., semblaient se rivaliser avec Réginald pour étaler leur ignorance de la doctrine de l’Église concernant la nature de son propre magistère.
2. Réfutation des observations franchement modernistes de Kamate, extasié par le post de Réginald.
Kamate, en particulier, a tiré la leçon de ne pas « absolutiser [sit venia verbo] les textes magistériels du 19e siècle de manière fondamentaliste en faisant abstraction du degré d’autorité parfois très relatifs de ces documents et de leurs contingences historiques. »
Les textes du magistère, jusque-là les plus absolus des documents, sont-ils donc devenus « relatifs » durant le pauvre 19e siècle, pour que nous ne devions pas les « absolutiser » ?
Les encycliques de Grégoire XVI, de Pie IX et de Léon XIII, sont-elles des paraboles ou des allégories, pour que nous ne devions pas les interpréter « de manière fondamentaliste » ?
Est-il possible que Kamate, en parlant de leur « degré d’autorité parfois très relatifs [sic]» se rend compte que Réginald a voulu expressément faire une analogie entre ses prétendues contradictions et celle qui se trouve entre Quanta Cura (Pie IX) et Dignitatis Humanae (V2), étant donné que (i) Quanta Cura est un document du Magistère Extraordinaire, protégé par l’infaillibilité directe, (ii) les catholiques sont de toute façon tenus de croire tout le contenu des encycliques, comme Pie XII l’a enseigné (Humani Generis), et (iii) une doctrine régulièrement enseignée pendant de longues années par de nombreuses encycliques et autres documents de magistère, tenu par tous les théologiens approuvés, transmis par les évêques du monde, appartient au Magistère ordinaire et universel qui n’est pas moins infaillible que l’extraordinaire (c’est un dogme de notre foi – voir Denzinger 1792) ?
Je n’en sais rien. Avec Kamate, tout est possible, puisque, voulant adhérer à l’enseignement d’avant Vatican II et d’après Vatican II, il s’est inventé une nouvelle conception de la nature du magistère, de l’obligation qu’impose son enseignement et de la nature de la vérité elle-même. C’est ainsi qu’à la fin de la dernière séance de 48 heures il a affiché un post affirmant que « Selon moi la difficulté vient justement de cette incapacité de la plupart des tradis de distinguer entre la Tradition et les traditions, entre l'essence du message chrétien et certaines formes conditionnées par des circonstances historiques désormais obsolètes. » Oui, le signataire de cette missive n’était ni Loisy ni Tyrrell, mais…Kamate, qui apparemment ne se rend pas comte que sa théorie a été analysée, pulvérisée et anathématisée par S Pie X dans son encyclique Pascendi Dominici Gregis.
Rien ne remplacera la lecture ou relecture de Pascendi, de Lamentabili et (surtout) du serment antimoderniste, mais essayons de résumer : L’Église a une doctrine révélée par Dieu incarné. Elle en est la gardienne et l’enseignante infaillible. Son infaillibilité s’étend à tout ce qui est nécessaire pour protéger la révélation ainsi qu’à l’application de cette révélation à des circonstances contingentes. Son enseignement n’évolue pas – l’évolution des dogmes est stigmatisée comme « fiction hérétique » (« haereticum commentum ») dans le serment anti-moderniste qui est un symbole de foi. (Sachez, cher Kamate, que le livre de Newman qui vous inspire était écrit avant sa conversion et contient des hérésies…dommage que ce qui fut pour lui une pierre de gué vers la vraie foi serve à d’autres qui marchent dans le sens contraire !) Et cet enseignement divin et immuable s’exprime en général (bien que pas exclusivement) par des paroles – des mots, lesquelles sont nécessairement en quelque sorte « conditionnés par des circonstances historiques » mais qui véhiculent efficacement pour autant la vérité qui doit nous sauver. Il n’y a donc pas moyen de se dérober au devoir de soumission à l’enseignement des papes du 19e et de la première moitié du 20e siècle en invoquant un changement de circonstances historiques. L’enseignement donné pour tous les temps et protégé par le Saint-Esprit est d’un sens parfaitement clair pour qui l’étudie. Tempora mutantur et nos mutamur cum illis ; veritas autem Domini manet in aeternum. Une partie de cette vérité est le fait que toute société humaine, comme tout homme, doit une parfaite soumission et un culte explicite à Jésus-Christ dans l’unité de l’Église qu’Il a fondée et en dehors de laquelle il n’y a pas de salut, et doit à cette Église une protection et un certain concours dans sa mission divine, dont le plus modeste exemple serait de protéger ses enfants là où cela s’avère possible contre la libre diffusion des fausses doctrines. Un homme ou un état peut en certains cas innocemment ignorer ce devoir, mais l’exception qui l’excuse du péché formel ne sera jamais fondée sur un droit naturel ou sur la révélation divine.
Kamate, Kamate, convertere ad Dominum Deum tuum.
3. Réfutation des deux prétendues contradictions du Magistère avancées par Réginald.
Venons-en aux prétendues contradictions du magistère. Réginald nous annonce que dans le décret pro Armenis (« Exultate Deo » du Concile de Florence, Denz 695 et seqq de l’an 1439) le pape Eugène IV enseigne que la matière du sacrement de l’ordre consiste dans la porrection des instruments, alors que dans « Sacramentum Ordinis » (1947) Pie XII enseigne que la matière de ce sacrement consiste uniquement dans l’imposition des mains (Denz 2301). Et il demande ingénument « Qui a raison ? »
Eût-il lu Sacramentum Ordinis, il aurait vu tout de suite la raison pourquoi tous les deux papes « avaient raison ». Le sacrement d’ordre fut institué par Notre Seigneur in genere et non in specie. C'est-à-dire qu’à la différence du baptême et de la sainte Eucharistie, le divin Sauveur a laissé à son Église de déterminer la matière et la forme de ce sacrement, pourvu que ceux-ci en signifiassent convenablement sa nature. D’où Pie XII, n’ayant pas rencontré Réginald, précise que « tous savent que ce que l’Église a établi elle est capable de changer et d’abroger. » Et le pape montre que le Concile de Florence n’avait aucune intention de déterminer dogmatiquement la matière essentiellement et immuablement nécessaire de l’ordre, par le fait que ce même concile en effectuant l’union des schismatiques grecs avec la vraie Église leur laissait leur rite d’ordre qui ne contenait notoirement pas la porrection des instruments.
Décidément Réginald n’avait qu’à feuilleter quelques pages de Luther, de Hans Küng ou d’un tract des Témoins de Jéhovah pour trouver des exemples plus spécieux d’auto-contradiction du magistère. On se demande comment il a pu nous épargner l’usure, l’existence des antipodes, et si la femme possède une âme…
3a. La Torture
Puis…la torture. Ici nous avons trois textes à réconcilier. Le pape Innocent IV en 1252 et d’autres papes du moyen âge ont accordé aux inquisiteurs le droit d’user de la torture. Pourtant en 1953 dans un discours à un congrès de droit pénal, Pie XII a déclaré que « L'instruction judiciaire doit exclure la torture physique et psychique et la narcoanalyse, d'abord parce qu'elles lèsent un droit naturel même si l'accusé est réellement coupable, et puis parce que trop souvent elles donnent des résultats erronés. »
Ce document n’est peut-être pas de grande valeur magistérielle, mais, bonheur ! le pape invoque la célèbre réponse du pape Nicolas le grand aux Bulgares, qui a un statut bien solide et qui reprend vertement le Bulgares, face à un accusé de vol, de lui « rouer la tête de coups et lui percer les côtés avec des pointes de fer jusqu’à ce qu’ils disent la vérité. » Ce traitement, dit le pape, « ni la loi divine ni la loi humaine ne l’admettent. »
Qui a raison cette fois ?
Il convient d’ouvrir un sérieux livre de théologie morale et d’étudier un peu la pensée de l’Église sur la torture. Celui qui choisit saint Alphonse (Theologia Moralis, lib 5, nn. 202-5 – c’est le livre de théologie morale le plus approuvé) apprendra que la torture serait intrinsèquement illicite sauf à certaines conditions extrêmement limitées :
1. La culpabilité devait être déjà établie avec une certitude morale ;
2. La souffrance appliquée ne devait pas être insupportable au point de faire que même un innocent s’accuserait ;
3. De nombreuses catégories de personnes étaient exemptes de toute torture ;
4. Toute confession ainsi obtenue était inutilisable à moins d’être librement confirmée, sans torture, le lendemain ;
5. Si la torture n’obtenait pas de résultat, on ne pouvait pas y recourir à nouveau.
Voilà les conditions de travail de l’Inquisition. Vous les trouverez similairement exposées dans le célèbre Malleus Maleficarum. Or, visiblement ce que condamne Nicolas I n’y ressemble pas du tout. Et la lecture du contexte des paroles de Pie XII confirme que lui non plus ne parlait d’un tel usage de la torture. « Il n’est pas rare qu’elles aboutissent exactement aux aveux souhaités par le tribunal et à la perte de l’accusé, non parce que celui-ci est coupable en fait, mais parce que son énergie physique et psychique est épuisée… » La règle que Pie XII souhaite voir imposée est celle de Nicolas I. Il ne parle pas du tout d’un emploi de la torture si limitée et conditionnée qu’elle n’est pas contraire à la loi morale et à laquelle personne ne pense plus.
Sans doute, si Pie XII avait voulu prononcer ex professo de façon doctrinale, par exemple dans une encyclique, sur la moralité in se de la torture dans toutes ses espèces, il aurait fallu une définition explicite de la torture tombant sous la condamnation et une précision sur la nature exacte du « droit naturel » qu’il lèse.
Ce droit naturel, à mon avis ne peut être autre que celui de ne pas être privé par la force de cette maîtrise morale de ses actes qu’on appelle la liberté de la coercition (« libertas a coactione »). Et à présumer cela exacte on constate que la torture permise à la Sainte Inquisition était précisément circonscrite en sorte de ne pas léser ce droit ni même d’avoir l’apparence de le léser.
Mais le but de Pie XII n’était pas d’ajouter un traité de tortura aux catéchismes de la foi, mais tout simplement de fournir quelques conseils ou directives vers la mise en place d’un système uniforme de droit international (sanctionné par traité). Il juge souhaitable qu’un tel système de droit condamne la torture. Il ne définit pas celle-ci, car tous les assistants comprendront bien à quelles pratiques récentes ou actuelles, et de quel pays, il fait allusion. Parler d’une exception purement historique, sans actualité, sans danger de rétablissement, n’appartenant qu’à un contexte purement ecclésiastique, eût mis gratuitement en péril l’efficacité pratique de cette intervention qui se veut souverainement pratique.
Car aucun pays du vingtième siècle ne voudrait se revendiquer le droit de torturer des accusés sous les conditions qu’observait l’Inquisition. Et personne n’aurait jamais pu concevoir de avoir confiance en qui que ce soit de respecter un tel système en dehors du cas spécial de l’Église qui a confié son Inquisition aux fils de saint Dominique.
Notons en passant que Réginald avait bien raison contre Rasta que la conduite de l’Église pendant plusieurs siècles ainsi que les interventions des souverains pontifes sur le sujet pendant l’époque en question témoigne clairement de l’attitude de l’Église qui ne peut se tromper dans sa conduite ni dans ses tolérances pas plus que dans son enseignement direct. C’est la contradiction qui est imaginaire.
Voilà donc la deuxième prétendue auto-contradiction de l’autorité doctrinale établie par Jésus-Christ réfutée aussi. Magna est veritas et praevalebit.
Mais j’entends la réponse : voilà que vous avez tenu compte pour comprendre le sens exact du discours de Pie XII de son contexte historique – et on demande seulement d’appliquer la même règle aux encycliques du 19e siècle pour en limiter la portée à un sens qui ne heurte plus notre cher Vatican II. Chers amis, il convient très certainement de tenir compte du contexte historique d’un texte du magistère afin d’en saisir pleinement la portée, mais non pas pour en contourner le sens évident. Le contexte historique de nombre des actes du magistère portant sur la liberté religieuse n’était pas autre que l’apostasie nationale de la France. Chaque pas de cette dégringolade a été condamné par le Saint-Siège. Et ils ont été condamnés d’après des principes éternels qui ont été énoncés on ne peut plus clairement. Et ces principes constituent l’héritage doctrinal des catholiques depuis de nombreux siècles.
Au 19e siècle, comme toujours avant, l’Église catholique voulait l’état catholique et se lamentait de chaque apostasie nationale comme d’une infraction des droits de Dieu et de son Église et d’une calamité pour les hommes. A partir de 1963 une institution se réclamant d’être cette même Église catholique voulait l’état « neutre », c'est-à-dire athée et bourreau de la foi, et poussait systématiquement tout état qui continuait de privilégier la foi de Jésus-Christ à y renoncer. La contradiction ne pourrait être plus nette. Et elle n’était pas du tout l’unique divergence de doctrine et de pratique entre les deux institutions.
4. Morale à tirer concernant le fonctionnement du forum.
Fin de la réfutation des prétendues contradictions trouvées par Réginald dans le magistère. Mais ne nous arrêtons pas là ! L’histoire a une morale. Il est mille fois plus aisé d’énoncer l’erreur que de la réfuter. La réfutation est généralement disponible quelque part, mais tous n’y ont pas accès. Un homme de jugement léger, croyant rendre service à l’Église en l’accusant de contradictions (dont on ne pourrait la sauver qu’on adoptant un relativisme doctrinal), utilise leforumcatholique.org comme tribune pour diffuser ses fausses idées sur la nature du magistère, sur l’étendue de l’infaillibilité et sur l’étendue de l’obligation de la soumission envers l’enseignement doctrinal ordinaire du Saint-Siège. En ce faisant, il bafoue tant la saine doctrine que l’exemple des saints. Mais il n’est pas sans quelques arguments spécieux. Et peu nombreux sont les liseurs qui sauront y voir clair. Un bon nombre partiront avec une idée floue qu’il existe du moins de bons arguments suggérant que le saint-siège, prononçant sur des questions doctrinales, a l’habitude de se raviser, montrant que des propos qui semblent clairs et formels, ne sont pas nécessairement irréformables et donc pas nécessairement vrais.
Et la nature du forum et la façon habituelle dont nombre de ses participants s’en servent se prêtent à cet abus, à ce scandale. Or, « Il est impossible qu’il n’arrivent des scandales, mais malheur à celui par qui ils arrivent. »
En un mot, loin d’affaiblir la doctrine de l’Église condamnant la liberté religieuse, Réginald nous met devant un exemple de la nécessité de cette doctrine. Le fait, que je comprends parfaitement, que Réginald croit défendre et non pas attaquer les papes ne fait que d’aggraver le cas.
Dans son encyclique Mirari Vos le pape Grégoire XVI flétrit le principe de la liberté de répandre l’erreur, surtout sous le prétexte franchement immoral que la religion pourra peut-être en tirer quelque avantage. « Qu’y a-t-il de plus mortel à l’âme que la liberté de l’erreur, » cite-t-il de saint Augustin. A lire toute l’encyclique je ne puis m’empêcher de me demander ce qu’aurait dit le pape de ce forum où de nombreuses erreurs contre la doctrine catholique, contre l’honneur de l’Église et contre le bien des âmes sont répandues tous les jours par les pauvres victimes de Vatican II – soit ceux qui en avalent les hérésies, soit ceux qui déforment la doctrine catholique pour la rendre compatible avec Vatican II, soit ceux qui minent l’autorité du magistère pour que les nombreuses contradictions entre la doctrine de l’Église catholique et celle de Vatican II soient moins gênantes.
A vous, chers liseurs, de juger. Pour ma part, je ne juge pas bon de contribuer au forum ordinaire comme si je pouvais approuver ce chaotique panthéon doctrinal à condition que la doctrine catholique n’en soit pas strictement exclue – car c’est bien cela. Pour le forum spécialisé sur le sédévacantisme, la dernière fois il a été possible pour les défenseurs de la doctrine de l’Église de garder suffisamment le dessus, il me semblait. D’où je continue l’essai pour le présent.
Il me reste à exposer la véritable nature et étendue de l’infaillibilité de l’Église, pour montrer que l’enseignement de l’Église condamnant la liberté religieuse est réellement un enseignement garanti par l’infaillibilité et que les essais de déformer ou de relativiser cet enseignement sont voués à l’échec. Mais cela mérite un post distinct, lequel va suivre.
Après quoi, je prévois encore un post pour montrer que l’essai de réduire l’apostasie de Vatican II et ses « papes » à leur adoption de l’abomination de la liberté religieuse n’est qu’une échappatoire. Aussi bien pourrait-on prétendre que l’enfer diffère du ciel par une simple différence de climat…
Que le Sacré-Cœur de Jésus daigne unir tous les esprits dans la vérité et tous les cœurs dans la charité.
John DALY
P.S. (Important) Dans un échange avec Abel – qui parle du bon sens – Réginald se défend chaleureusement d’avoir suggéré qu’il pouvait y avoir des contradictions dans le magistère. « Avez-vous lu mon poste ? » crie-t-il au pauvre Abel… « Je parle de prétendues contradictions du Magistère. Tout le monde sait ici que je suis un chaud défenseur des papes : ceux du passé comme du présent. »
On se demande si Réginald a lu son propre post, lequel est bel et bien intitulé « deux contradictions du Magistère… » et nous invite à dire chaque fois lequel des papes en question avait raison. D’ailleurs dans la suite de la discussion Réginald a déclaré que si son but « n’était pas de montrer qu’il existe des contradictions dans le Magistère infaillible », ç’était bien « de montrer que le Magistère a pu ignorer pendant un certain temps des droits naturels de l’homme, pour finir par les reconnaître. » Autrement dit, le Magistère ne peut pas errer, mais seulement se tromper ; ne peut pas se contredire mais seulement faire des découvertes l’entraînant à se prononcer dans le sens diamétralement opposé à ses interventions antérieures.
Les implications sont indéniables et Abel a bien raison de dire « voilà un propos qui va semer le trouble dans les âmes, mettre à mal la foi dans le magistère et faire plus de mal que de bien » Si Réginald croit réellement être « chaud défenseur des papes », qu’il ouvre un peu plus le « De Ecclesia » de Billot qu’il a récemment cité pour étudier l’attitude catholique envers le magistère. Qu’il aille lire ou relire « Notre-Dame de la Joie » et « Pour la Sainte Église Romaine » de feu l’abbé Berto pour se comparer avec un vrai défenseur des papes dont la théologie, la philosophie, la science et la docilité n’ont jamais vacillé.
Voir ici