Tout d'abord, chers liseurs, serait-il possible d'avoir les références exactes du document en question ? Quel en est l'auteur ? Où et quand a-t-il été publié ? Etc.
- Trop compliqué ou bien simpliste ? Il faudrait savoir...
Dans un premier temps, l'auteur nous assène que la question dite du "sédévacantisme" est "un point de controverse qui dépasse les compétences de simples prêtres et de fidèles".
Dans un second temps, ce même auteur qualifie le "sédévacantisme" de "raisonnement [...] primaire et trop facile".
Que voilà une belle pirouette ! Si je puis me permettre ce témoignage personnel, je connais ladite pirouette par coeur. Commencez à vous affirmer "sédévacantiste", on vous répondra que vous faites montre de "simplisme" ; continuez en entrant au coeur de la question, et les mêmes personnes vous répondront que tout cela est décidément bien trop compliqué...
Est-ce faire montre de beaucoup de "sérieux" - pour ne pas dire plus - que de répondre encore et toujours de cette façon ?
- L'appelation de "sédévacantiste"
« La vie intérieure d’un fils de l’Eglise qui mettrait de côté les articles de foi relatifs au pape, à l’obéissance à ses ordres légitimes et la prière pour lui, une telle vie aurait cessé d’être catholique. » (R.P. Calmel, in Brève Apologie pour l’Eglise de toujours, p.108).
Voilà une profession de foi que n'importe quel "sédévacantiste" signera de grand coeur. C'est vraiment abuser objectivement son lectorat ou son auditoire que de vouloir faire croire le contraire.
C'est précisément parce que les "sédévacantistes" ne mettent de côté ni ne prennent à la légère tant "les articles de foi relatifs au pape", que "l'obéissance à ses ordres légitimes", et même encore et toujours "la prière pour lui" - ou plutôt pro Ecclesia sancta catholica una cum famulo Papa - que ces mêmes "sédévacantistes" sont ce qu'ils sont.
Le "non una cumisme" ne se comprend qu'à la lumière du problème Vatican II. Si ce dernier est bel et bien le développement homogène du Donné Révélé, alors le "sédévacantisme" est une impasse ; si Vatican II est bien la rupture que tant de "traditionalistes" diagnostiquent, alors le "sédévacantisme" est la seule réponse possible, et ce précisément au nom des "articles de foi relatifs au pape", de "l'obéissance à ses ordres légitimes", et de "la prière pour lui".
Que l'on se garde de déplacer fallacieusement le vrai problème.
Au passage, la pique qui se veut spirituelle au sujet de la distinction materialiter/formaliter est assez indigne. L'auteur avance-t-il quoi que ce soit dans un sens ou dans un autre ? Non, il s'en tient au niveau du pur et simple ricanement. D'un côté, il y a la thèse d'un Docteur en théologie, professeur à l'Université pontificale du Latran et membre de l'Académie pontificale Saint Thomas d'Aquin - j'ai nommé le R.P. Guérard des Lauriers o.p. ; de l'autre il y a des ricanements. Rions.
A ce propos, l'analogie avec le protestantisme est elle aussi amusante. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit rien moins que de "quitter l'Eglise" parce que l'on "proteste" contre le Souverain Pontife. Une question : ladite analogie n'aurait-elle pas tendance à se retourner contre son facétieux auteur ?
"Tertio neque erit schismaticus, qui negat pontifici subjectionem, quia probaliter dubiat de ejus electione legitima vel de ejus potestate"
"Celui qui refuse d'être soumis au Pontife [romain] ne sera pas schismatique, si c'est parce qu'il doute sérieusement de la légitimité de son élection ou de son pouvoir"
Juan Cardinal de Lugo (1583-1660), "Disputationes de virtute fidei divinae", disp. XXV, sect. III, nn. 35-38.
Signalons au passage que saint Alphonse de Liguori - Docteur de l'Eglise - tenait Jean de Lugo pour le "plus grand savant en théologie scolastique et morale qui ait paru depuis saint Thomas d'Aquin".
En revanche, quid de ceux qui "protestent" à l'encontre de celui qu'ils reconnaissent "benoîtement" pour Souverain Pontife ?
"A quoi bon reconnaître hautement le dogme de la suprématie de Pierre et de ses successeurs ? A quoi bon répéter si souvent des déclarations de foi catholique et d'obéissance au Siège Apostolique, lorsque ces belles paroles sont démenties par les actes ?"
Pie IX, Lettre-encyclique "Quae in Patriarchatu", 1er septembre 1876.
A bientôt pour la suite de cette réponse
N.M.
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