cher Ioan, je vous souhaite la bienvenue et je vous remercie de votre réponse.
Vous "accrochez" deux considérants que j'ai placés au début de mon message : is sont tout à fait accidentels à notre sujet, et je ne les ai placés là que pour évoquer la gravité du sujet. Je crains en outre que vous ne les compreniez mal : je parle d'éternité décidée (car le cours de la vie subséquente dépend largement de la qualité du mariage) et non d'éternité jugée. C'est évidemment le degré de charité au moment de la mort qui est le critère du jugement.
Pour ce qui est de la hiérarchie des fins du mariage, je ne cite qu'un décret du Saint-Office, parce qu'il traite clairement et directement de la question. Mais j'ai pris soin de préciser qu'il récapitulait la doctrine constante de l'Église. Laquelle est exprimée par saint Augustin et à continué jusqu'à Vatican II en de nombreux documents, dont voici quelques-uns : Léon XIII : Quod apostolici (28 décembre 1878) ; Code de droit Canon n°1013 §1 (1917) ; Pie XI Casti Connubii (31 décembre 1930) ; Discours de Pie XII aux jeunes époux (18 mars 1942). Mais il suffit d'ouvrir un recueil de textes du magistère à ce chapitre, pour voir l'insistance particulière des Papes sur ce sujet.
Comme le dit Pie XII, cette doctrine a des conséquences graves: « [… Erreur] qui considère la fin secondaire comme également principale, la déliant de son essentielle subordination à la fin primaire, ce qui, par nécessité logique, conduirait à de funestes conséquences » Allocution à la Rote, 3 octobre 1941.
Tout cet ensemble, et en particulier la particulière solennité de "Casti Connubii", me font affirmer sans vergogne qu'il s'agit là d'un enseignement infaillible de l'Eglise.
Ce n'est donc pas un décret du Saint Office que j'oppose à un concile oecuménique (il y aurait une certaine disproportion) ; mais c'est bien bien avec une doctrine "quod ubique, quod semper, quod ab omnibus" que rompt Vatican II.
Note accidentelle. Je ne fais pas du canon de saint Vincent de Lérins une condition (ou un critère) du magistère infaillible (ça n'a guère de sens), mais je le prends comme une conséquence, comme un signe que le magistère infaillible s'est exercé à ce propos.
Bien amicalement.
Abbé Hervé Belmont |