Cher Ion,
Oui, l’aimable et parfois exaspérant Dom Christopher Jenkins est décédé le 27 janvier 2003. Dommage s’il ne vous a jamais fait connaître Mgr Gilbey, son prédécesseur comme aumônier universitaire, qui l’avait converti. Gilbey a su garder la messe et la foi et une dignité majestueuse à travers les années 80 et 90 et ç’était émouvant de voir Dom Christopher tenir lui-même à servir la messe du vénérable vieillard.
Pour l’encyclique Quanta Cura, vous avez raison qu’elle n’affirme pas que tout ce qu’elle condamne soit contraire aux Ecritures, mais seulement une partie.
Mais concrètement, le propos qu’elle dit contraire aux Ecritures est que « la meilleure condition de la société est celle où le gouvernement ne reconnaît pas le devoir de réprimer les violateurs de la religion catholique par l’imposition des peines, si ce n’est dans la mesure où la paix publique l’exige. »
Or, toute condamnation implique la vérité de la proposition contradictoire. En l’occurrence, donc, Pie IX nous enseigne que la meilleure condition de la société est celle où le gouvernement reconnaît le devoir de réprimer les violateurs de la religion catholique par des peines, même dans des cas où la paix publique n’est pas menacée. Cette proposition est vraie et scripturaire, enseigne Pie IX.
Et c’est précisément cela que Vatican II (Dignitatis Humanae) refuse – renforçant, lui aussi, sa doctrine opposée par un appel à la révélation divine – d’où je me considère pleinement justifié à dire que la doctrine de Vatican II s’oppose à une doctrine que le magistère ordinaire nous dit vraie et fondée sur les Ecritures.
En revanche, je ne vois pas à quel titre vous dites que les parties de Quanta Cura qui ne sont pas fondées sur les Ecritures ne sont pas infaillibles. Je vous rappelle que l’infaillibilité protège l’enseignement solennel des papes non seulement lorsqu’ils déclarent une doctrine directement révélée et objet partant de foi divine et catholique mais également toute doctrine de foi et de mœurs à être tenue par l’Eglise entière (Pastor Aeternus). Ce n’est pas là un point de controverse ; c’est une donnée. Et ç’en est une autre que toutes les condamnations de Quanta Cura tombent dans cette catégorie.
Bien à vous in Domino et Domina.
John DALY
(Corpus Christi 1982-4)
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