Il y a effectivement plus de poids dans le fait de citer Casti Conubii que ce texte du saint Office.
Mais venons maintenant au fond du sujet que vous avez lancé et laissez-moi tenter de résumer la position de Jean-Paul II sur cette question, position tirée de son enseignement sur la théologie du mariage et du corps.
Jean-Paul II donne au sens de « primaire », pour la fin primaire du mariage, le sens de « primordial », du point de vue anthropologique, dans la mesure où la seule fin de l’espèce vivante dans l’accouplement est bien la procréation. Et nous, les hommes, avons bien cela en commun avec l’animal. Mais l’homme est bien plus que cela. Et le Pape précise que si cet aspect n’a pas disparu dans le nouvel exposé de la doctrine du mariage, dorénavant, au lieu de se placer sur le terrain de l’ordre naturel, on se place sur le plan théologique. Et ce plan théologique permet d’établir un lien très fort entre Dieu et l’homme créé à Son image. Ainsi, la vocation essentielle de l’homme est de se donner, tout comme Dieu se donne (et donne son corps) à travers Son fils. Et c’est cette dimension de don qu’annonce, encore bien imparfaitement, Lumen Gentium en évoquant le sens du mariage.
Il n’y a donc pas remise en cause de la hiérarchie « naturelle », mais simplement le fait que ce point de vue n’est plus jugé aussi important dans l’enseignement de l’Eglise. Il s’agit, pour moi, d’un indéniable avancement.
Bien à vous,
Ion |