Vous dites : “Donc, selon vous, le problème de l’una cum est un faux problème puisque le vrai problème concerne la validité même de juridiction et d’autorité des papes eux-mêmes. Vous vous placez donc dans la position des sdvacantistes.”
Effectivement, si l’on considère le siège vacant, il n’y a pas de raison de célébrer le Saint Sacrifice de la Messe “una cum” Benoit XVI .
Cependant, comme expliqué dans le précédent message, c’est le Canon de la Sainte Messe qui contient le Mandat de l’Eglise de célébrer les Saints Mystères ; or si les prêtres “traditionalistes” de la FSSPX étaient véritablement fidèles à l’enseignement de l’Eglise à ce sujet, même en considérant Benoit XVI “pape”, ils ne devraient pas le citer au Canon de la Messe, puisque ce dernier ne célèbre pas le Saint Sacrifice, qu’il n’ordonne pas de le célébrer, que ses prédécesseurs ont tout fait pour le détruire, et qu’eux-mêmes ne sont pas soumis aux pasteurs reconnus pour légitimes.
Vous dites : “Pour ma part, voyez-vous, c’est cette affirmation-là qui me gêne car même les plus grands théologiens ne sont pas arrivés à démontrer un tel état de fait ; ça se saurait... Et comment juger le pape puisque nulle autorité ne lui est supérieure ? Qui peut le déposer ? D’ailleurs même si c’était possible, cette question difficile ne devrait ne concerner que les seuls clercs ; les laïcs n’ayant pas les mêmes grâces d’état, j’en ai peur.”
Saint Robert Bellarmin a beaucoup étudié la question de la papauté, et explique qu’on ne dépose ni ne juge un pape. C’est impossible, c’est une hérésie. On ne fait que constater la perte du Souverain Pontificat, on dépose un hérétique, rien de plus :
“Un pape manifestement hérétique a cessé de lui-même d’être le Pape et la Tête, de la même façon qu’il a cessé d’être chrétien et membre du Corps de l’Eglise ; et pour cette raison il peut être jugé et puni par l’Eglise. C’est la sentence de tous les anciens Pères...” (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, 2, 30)
Le canoniste Stefano Sipos a résumé les différentes manières par lesquelles un Pape peut perdre sa charge : Per mortem (mort), per resignationem (renoncement), per amentia certam et perpetuam (folie), per hæresim privatam notoriam et palam divulgatam (par hérésie privée, notoire et divulguée ouvertement).
Il nous faut faire preuve de discernement : regardez le temps que l’Eglise a mis pour condamner Luther et ses écrits : aurions-nous dû, si nous avions vécu à cette époque, attendre la condamnation formelle de l’Eglise pour nous abstenir de lire ses écrits et d’écouter ses dires ? Bien sûr non.
L’Eglise ne peut de toute façon pas condamner nommément toutes les personnes qui devraient l’être. Le sensus fidei, les dons variés de la nature et de la grâce, notre intelligence, tous ces bienfaits dont Dieu nous a paré, sans mérite de notre part, sont là pour cela.
Du reste, la majorité des théologiens affirment que le pape est déchu ipso facto en cas d’hérésie manifeste, et que le seul péché qui détruit le Souverain Pontificat, est le péché d’hérésie.
“Le modernisme est l’égout collecteur de toutes les hérésies”, selon le mot de Saint Pie X. Ses méandres et ses entrelacs sont très serrés, et ne ménage pas ses efforts pour se cacher derrières milles bonnes intentions, le rendant d’autant plus dangereux et sournois. Même dans les milieux de la tradition, on a toujours tendance à l’excuser, car on a trouvé ici où là une ligne, une phrase, un mot tout à fait catholique. Je vous renvoie sur le champ à la bulle Auctorem fidei de Pie VI, dont je ne citerai ici qu’un passage :
“En outre, s’il y a là un péché, on ne saurait l’excuser, comme on le fait faire, sous le fallacieux prétexte que les affirmations d’un passage apparaissant choquantes sont développées à d’autres moments de manière orthodoxe, et même se trouvent à d’autres occasions dûment corrigés ; comme si précisément, cette possibilité d’affirmer et de nier, ou de mettre au goût de chacun - ce qui fut toujours la frauduleuse astuce des novateurs pour consolider l’erreur - avait une efficacité non seulement pour promouvoir l’erreur, mais aussi pour l’excuser.”
Voici quelques hérésies de Jean-Paul II :
“La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif dans le Christ Jésus, l’Epoux qui aime et se donne comme sauveur de l’Humanité, l’unissant à lui comme à son corps” (JP 2, 22/11/1981).
“L’incarnation du Dieu-Fils signifie que la nature humaine est élevée à l’unité de Dieu, mais aussi, en elle, en un sens, tout ce qui est “chair”, toute l’humanité, tout le monde visible et matériel.” (JP 2, DV 50,4)`
“Désormais et toujours, sans regrets et sans retour, Dieu sera avec toute l’humanité, devenue un avec elle.”
Qu’est-ce à dire, sinon du panthéisme ?
Et nous pourrions multiplier les exemples. Qu’est-ce que déclarer “l’Ancienne Alliance n’a jamais été révoquée” (17/11/1980) ? Qu'assister à des cultes anglicans, prêcher dans un temple luthérien... Dire, alors qu’il recevait une délégation du B’naï B’rith, qu’il ne s’agissait que “d’une rencontre entre frères” (17/04/1984) ? Que de s’incliner profondément devant toutes les idoles, tous les manis, tous les imams, et par là reconnaître leur légitimité ?
Qu’est-ce que de recevoir sur le front, des mains d’une prêtresse, le signe d’un dieu indien ? de louer “la profonde religiosité de Luther” ? de faire Assise ? de participer activement à des cultes sataniques ?
Et la liste est non exhaustive ! loin de là ! Nous pourrions parler des nombreuses déclarions de Paul VI, affirmant avoir le “culte de l’homme, plus que quiconque”, des hérésies du conciliabule du Vatican d’eux, etc., etc., etc. Il existe des études sérieuses à ce propos que je vous invite à consulter.
Qu’est-ce encore, que de vouloir “préparer ensemble le monde à la venue du Messie” (24/06/1985) ? C’est de l’apostasie !
Or la matière du pape, c’est l’homme catholique : “Le principe suivant est des plus certains : le non chrétien ne peut, en aucune façon, être pape... La raison en est qu’il ne peut être la Tête s’il n’est pas membre ; or le non chrétien n’est pas membre de l’Eglise, et un hérétique manifeste n’est pas chrétien...” Saint Robert Bellarmin, id.
Vous dites : “Ce n’est pas tout. Votre affirmation qui vise à exclure le pape (ou tout autre hérétique) en union (una cum) au saint sacrifice de la messe est un grave péché contre la charité ! Car comment juger aussi péremptoirement, aussi définitivement ? Sondez-vous les reins et les cœurs ? Qui peut dire si untel plutôt qu’un autre s’est rendu digne de prier, d’offrir ou de recevoir le saint sacrifice en union avec untel plutôt qu’avec un autre ?! Ne forcez-vous pas la sainte Miséricorde de Notre Seigneur ? C’est grave ce que vous dites.”
Il n’est pas ici question de la sainteté personnelle de celui qui est assis sur le Siège de Pierre.
Il faut toujours en revenir aux ACTES, aux FAITS. Je vous rappel que pour qu’un acte soit bon, il faut :
1° que le but que l’on se propose d’atteindre soit bon
2° que les moyens qu’on se propose soient bons
2° que l’intention soit bonne
Quand Jean-Paul 2 baise le coran, l’acte est mauvais en soit. Il peut avoir d’excellentes intentions, et employer des moyens légitimes. Cependant, tout est vicié car le but proposé est mauvais en lui-même. C’est un acte GRAVISSIME, qui le met, PAR LE FAIT MÊME, en dehors de l’Eglise.
Nous ne jugeons donc pas ses intentions, mais ses actes, qui sont des actes réitérés d’apostasies.
Vous dites : “À quel degré d’indignité ou d’hérésie fixez-vous la participation (l’assistance, l’union de cœur ou d’esprit) à la messe sans qu’il y ait risque pour elle d’en être souillée ? Si la messe est dite Una cum, l’Église et tous ses fidèles sont Un et se rangent comme tels afin de perpétuer le saint Sacrifice : si un seul est indigne, tous sont indignes. Si una cum signifie être en union, ne faire plus qu’Un, à bien y regarder, il faudrait aussi regarder du côté de toutes les personnes qui y participent : clergé, fidèles, badaux, curieux, mondains, croyants, non croyants.... Nous ne touchons qu’à la question de la stérilité des scrupules avec de tels raisonnements....”
Votre raisonnement est faux. Par exemple, l’Eglise a toujours dit que les sacrements conférés par un hérétique étaient valides (mais illicites). Dans la mesure où il observe le rituel de l’Eglise catholique, mêmes si son intention personnelle est mauvaise, le sacrement sera conçue car l’intention du rite prime sur l’intention personnelle du prêtre.
Donc quand un prêtre célèbre “una cum” Benoit XVI, il pourra y apporter n’importe quelles intentions, n’importe quel degré de dévotion, de vertu, c’est l’intention de l’Eglise, lié par le RITE, qui compte.
Ensuite, quant à savoir dans quelle mesure on peut assister à ce sacrifice “una cum”, je vous renvoie au premier message : c’est une question de mérite : le fruit attaché à l’offrande du sacrifice est nécessairement vicié, puisqu’on dit, dans le Canon, que c’est Benoit XVI qui nous ordonne de le faire, alors que ce n’est pas représentatif de la réalité, etc.
En toute logique, on ne peut donc assister à ces messes.
Il me semble que les précédents messages (que cela soit ceux de Petrus ou les miens) répondent à vos objections. J’arrive à me demander si vous les lisez vraiment... Cette remarque ne s’adresse du reste pas uniquement à vous, Nec, loin de là.
Vous dites, pour terminer “J’ai d’autres objections, notamment sur une approche protestante du sdvacantisme mais je préfère en rester là pour une réponse à votre post”
Par pitié, cette question a été déjà été très longuement abordée auparavant... maintenant, à vous de répondre... |