Vous disiez que votre avis était venait de "la confusion entre ce qui relève de la foi et de sa discipline. Le fait que l'Eglise soit infaillible dans la promulgation des rites ne signifie pas qu'ils ne soient pas plus ou moins perfectibles :
- Je ne nie pas qu'une certaine perfectibilité existe dans les promulgations par l'Eglise en matière de foi ou de morale ou même de sa discipline. En effet à quoi servirait sinon la possibilité admise par les théologiens d'un
accroissement homogène du dogme ?
Cependant il convient de préciser que l'on parle de développement homogène. En effet, la vérité étant une et ne pouvant changer, le dogme ne peut "évoluer", s'accroitre que dans le sens que l'Eglise pourra développer, préciser le dépôt de la Foi qui lui est confié, de façon à ce que le peuple chrétien ait une connaissance meilleure et plus profonde des vérités révélées...
A ce développement homogène s'oppose à un développement qualifié d'hétérogène qui serait une réelle mutation du dogme et le mettrait en contradiction avec l'une des vérités à croire... Ainsi on ne peut en aucun cas entendre le mot "perfectible" dans un sens d'un recul des dogmes...
Or c'est justement là que se pose le problème de
l'évolution liturgique du NOM... : la protestantisation de la "nouvelle messe" et des "nouveaux sacrements" (la commission chargée du travail de réforme et de "mise à jour" était en effet constituée d'un certain nombre de pasteurs, dans le but qu'ils aident "l'Eglise" à respecter leurs croyances en évitant de les choquer !!),
constitue non pas une progression ou une stagnation du dogme, mais une régression, ce qui ne saurait advenir par le fait de l'Eglise à qui est promise d'infaillibilité... (De Foi)
Vous dites encore : "Autre confusion, ce qui relève du magistère infaillible et des gestes privés et diplomatiques du Pape. Quand un Pape embrasse le coran ou convoque Assise, celà ne veut pas dire qu'il faut que toute l'Eglise se conforme à son geste. D'ailleurs il ne le demande pas. De même (pardon pour la comparaison) lorsqu'un pape de la Renaissance commande un assassinat politique, celà n'est pas une abrogation solenelle du sixième commandement."
Je pense qu'il convient d'éviter un amalgame entre les gestes de la vie privée des Papes par lesquels ils agissent en tant que simples hommes et leurs actes publics par lesquels ils agissent dans leur qualité de Pape, c'est à dire de Chef de la Sainte Eglise de Dieu et de Vicaire de Jésus-Christ...
- Si un Pape de la Renaissance a commandé un assassinat politique (transeat), il ne pouvait s'agir que d'une action humaine dictée par une politique personnelle et non un geste fait en qualité de Chef de l'Eglise, au nom de celle-ci : tous les souverains qui utilisaient ce moyen peu honorable n'allaient pas clamer sur les toits qu'ils faisaient assassiner tel ou tel personnage qui les gênait dans leur plan (même si cela se sait souvent après...) et ce n'était pas leur pays qui assassinait, mais eux...
D'autre part, je ne pense pas qu'ainsi faisant il ait ensuite affirmé qu'il était tout à fait normal d'assassiner les gens... (on l'aurait su).
- Par contre quand Jean-Paul II <U>de façon publique</U> embrasse le Coran ou convoque à Assise les chefs des autres religions, fait ses repentances, ou encore se rend dans la synagoge de Rome...
il agissait en tant que Pape, c'est à dire en sa qualité de Chef de l'Eglise (ou plutôt aurait était censé agir comme tel, s'il l'avait été)...
D'ailleurs tout le monde a interprété ces actes comme des actes du Pape engageant l'Eglise. Sinon pourquoi tout le monde affirmait-il que l'Eglise admet que le Coran est aussi révélé, que le salut existe également dans les autres religions, qu'Elle admet avoir fauté (l'Eglise, Epouse sans tache de N.S. !!!)... ?
Il y a à cela une explication logique : à quoi rimerait en effet le fait qu'un homme soit chargé de gouverner et de représenter l'Eglise, si quand il fait une chose ou une autre au nom de celle-ci, l'Eglise ne le faisait pas par son biais ? Ce ne serait qu'un fantoche !!!
De plus,
les enseignement de Jean-Paul II étaient en corrélation avec ses actes : il affirmait substantiellement - pour nous en tenir dans le domaine de l'oecuménisme - reprenant l'enseignement de Vatican II (qui aurait dû être infaillible car il venait du Magistère ordinaire universel *), il affirmait donc que l'Eglise catholique n'était que la meilleure planche de salut, parce que le Saint-Esprit ne dédaignait pas de se servir des autres religions pour sauver les hommes... alors que ces affirmations sont en opposition manifeste avec la croyance perpétuelle et universelle de l'Eglise ** (qui est règle de Foi), ainsi qu'avec les définitions de Grégoire XVI dans "Mirari vos" [Denzinger 1613] et de Pie IX dans "Quanta Cura" [Denzinger 1690] où est condamnée la liberté religieuse (que favorisent et à laquelle conduisent de telles déclarations) comme une source infecte d'erreurs, un délire...
Or le Concile Vatican Ier nous dit qu'un Pape est infaillible dans ces cas-là :
"Le Pontife Romain, lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une <.B>doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Eglise, jouit, par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Eglise, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Eglise."
[* "Est à croire de foi catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu ou écrite ou transmise, et que l'Eglise, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel, propose à croire comme divinement révélé." Concile Vatican I : Constitution dogmatique "Dei Filius", 24 avril 1870 (Denzinger 1792 et Denzinger-Schönmetzer 3011).
** L'Eglise a toujours tenu que les personnes des autres religions qui parvenaient au salut y parvenaient malgré leur religion]
Je pense donc qu'on ne peux pas parler ici de gestes privés et diplomatiques du "Pape" Jean-Paul II... ni parler ici de faiblesse humaine du "Pape" car l'assistance du Saint-Esprit, qui assure l'infaillibilité du Pape, est au-dessus du risque d'erreur... (De Foi)
Je vous assure de toute mes prières.
Abbé Jean-Eric de Guillebon de Resnes