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Liberté de la presse et vacance du Siège apostolique par Richer (2005-05-14 08:06:33) Imprimer

J'aimerais enrichir le débat avec un nouvel aspect: la relation entre la liberté de la presse et la vacance du Siège apostolique. Cela nous changera des débats sur la liberté religieuse.

Le fait que Vatican II ait autorisé la liberté religieuse a engendré des discussions théologiques alambiquées sans fin. On ergote notamment (Père Basile) si "le droit de ne pas être empêché" de pratiquer son culte serait ou non en contradiction avec "avoir le droit" de pratiquer son culte. Blignières, Lucien et autres ont d'abord été hostiles à la liberté religieuse autorisée par Vatican II, puis l'ont approuvée à force de cogitations tortueuses. A force de couper les cheveux en quatre…
Or il existe un autre sujet de Vatican II qui ne se prête à aucun subterfuge, du genre susmentionné ou encore du genre "interprêter Vatican II à la lumière de la tradition". Plutôt que de disputer à l'infini sur la liberté religieuse, il faudrait attirer l'attention des théologiens sur la liberté de presse, où la contradiction entre avant et après Vatican II est flagrante, nette, indiscutable.
Le pape Pie VI (Quod aliquantum, 1791): "Cette licence de penser, de dire, d'écrire et même de faire imprimer impunément… tout ce que peut suggérer l'imagination la plus déréglée […est] un droit monstrueux".
Le pape Grégoire XVI (Mirari vos, 1832) condamne "la liberté de la presse, liberté la plus funeste, liberté exécrable, pour laquelle on n'aura jamais assez d'horreur et que certains hommes osent avec tant de bruit et tant d'insistance demander et étendre partout… [On répand] une multitude immense de livres, de brochures, et d'autres écrits, petits, il est vrai, en volume, mais énormes en perversité, d'où sort la malédiction qui couvre la face de la terre et fait couler nos larmes".

Et voici maintenant le texte diamétralement opposé de Vatican II (Dignitatis humanae, 1965): "Les groupes religieux ont aussi le droit de ne pas être empêchés d'enseigner et de manifester leur foi publiquement, de vive voix et par écrit".

Vatican II est ainsi non seulement en contradiction avec le magistère pontifical infaillible antérieur, mais encore avec la Sainte Écriture elle-même. L'usage de brûler les mauvais livres remonte en effet aux apôtres eux-mêmes (Actes des apôtres XIX, 19).

J'en tire une conclusion sous forme de syllogisme:
majeure: Vatican II se trompe;
mineure: or un concile œcuménique confirmé par un pape ne peut pas se tromper (Léon X: Exsurge Domine; Pie IX: Lettre à dom Guéranger; St. Pie X: Pascendi; Pie XII: Mystici corporis);
conclusion: Vatican II se trompa, parce qu'il lui manqua le pape, c'est-à-dire que Paul VI fut un imposteur.
Et on ne peut pas dire que Paul VI "perdit" le souverain pontificat au moment de signer Dignitatis humanae, puisque, justement, le charisme de l'infaillibilité pontificale l'aurait empêché de tomber dans l'erreur, s'il avait été vrai pape (Luc XXII, 32; Vatican I: Pastor aeternus, etc). Il ne fut donc pas pape déjà avant Vatican II. Son élection dut donc être viciée, et elle le fut en effet, puisqu'il avait dévié de la foi avant l'élection, ce qui le rendait inéligible en vertu de la bulle de Paul IV (1559).

On peut encore faire un autre syllogisme de portée plus universelle:
majeure: Vatican II, en prônant la liberté de presse, est en contradiction avec les apôtres, qui brulêrent de mauvais livres;
mineure: or l'une des quatre notes de la visibilité de la vraie Eglise du Christ est "l'apostolicité", c'est-à-dire la conformité avec la tradition et l'enseignement apostolique.
Conclusion: la secte conciliaire dans son ensemble n'est pas l'Eglise du Christ.

Richer
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