Cher Troubadour,
Tirer des conséquences nécessaires, ce n'est pas prétendre porter un jugement faisant autorité dans l'Eglise.
(Cela vaut - d'ailleurs - tant pour le "sédévacantisme" que pour l'"anti-sédévacantisme"...)
Une simple citation. Il s'agit d'un extrait d'une lettre du R.P. Barbara à l'adresse de Mgr Tissier de Mallerais (2 décembre 1988) :
"Jamais nous n'avons prétendu dire AVEC AUTORITE que Jean-Paul II n'est pas pape. Comme tout bon chrétien nous savons qu'un tel jugement dépasse la compétence du théologien privé comme de l'évêque particulier.
"Mais comme la vie continue malgré la confusion des esprits engendrée par Vatican II, vous conviendrez qu'il est de la compétence de tous ceux qui veulent agir moralement de justifier leur comportement par des raisons de foi. S'il en était autrement, il faudrait, ou bien cesser d'agir et de penser, ou bien agir d'après les humeurs, sans justification doctrinale, c'est-à-dire dans l'amoralité.
"Voilà pourquoi, en attendant que l'Eglise, par un pape subséquent ou un concile oecuménique se prononce AVEC AUTORITE, nous pensons que tout théologien et tout évêque a le droit et le devoir de justifier son comportement par des raisons de foi.
"Bien plus, notre résistance étant publique, pour éviter le scandale, nous avons aussi l'obligation de faire connaître les raisons qui commandent notre résistance. En pratique, n'est-ce pas ce que nous avons tous fait, vous comme nous, par exemple pour la messe et la liberté religieuse ? Les jugements que nous avons portés sur elles atteignent, eux aussi, le promulgateur de la nouvelle messe et de Dignitatis humanae.
"J'ajouterai même ceci. C'est parce que nous sommes conscients que nos jugements ne sont ni absolus, ni à l'abri de toute erreur que nous cherchons à les confronter avec les raisons de ceux qui ne pensent pas comme nous. De plus, agissant ainsi, le théologien privé manifeste clairement qu'il ne se prend pas pour l'Eglise et qu'il n'a en vue que le triomphe de la vérité."
Pour finir, cher Troubadour... il n'est nul besoin de déformer la position de son "adversaire". Cette position, on la partage ou bien on la rejette, mais on se donne au moins la peine d'essayer de la connaître.
Cordialement
N.M.
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